mercredi 6 mai 2020

Déconfinement # 1 : Mon imagier du confinement - Une paire de Tennis au feutre

Le confinement m'a amenée à faire de nouvelles choses, à agir différemment ou à refaire des choses écartées, dans ma vie ordinaire, faute de temps. Le confinement m'a fourni l'opportunité de ressentir le besoin, d'avoir envie, notamment, de dessiner d'après modèle, quotidiennement ou presque, dans un carnet de moleskine. (À côté du besoin de m'adonner, avec plus de profondeur, à des choses simples ou réjouissantes comme lire mes livres d'Art en commençant par leur début, redécouvrir les trésors enfouis de ma bibliothèque... cuisiner  !)

Mes "modèles" furent les objets de mon environnement proche, ceux posés sur mon bureau, ceux rangés dans les tiroirs de ma cuisine et ceux trouvés sur les étagères de ma chambre. Mes outils ? Des feutres, des crayons gras, des crayons de couleur, un stylo. La contrainte : le dessin libre et rapide, sur un format 13 cm x 21 cm, volontiers "maladroit", proche du gribouillis, pour retrouver à travers la ligne, la sensation de la recherche vivante confrontée au défi ludique de la restitution de la forme.

Ces modèles gribouillés jour après jour ont obéi à une chronologie double, exprimée instinctivement sur la base de deux notations distinctes ; deux lignes temporelles se sont ainsi superposées : la notation "Jour 1, 2, 3..." correspond à la succession des évènements créatifs, dans l'ordre logiquement croissant du feuilletage de mon carnet le défilement page après page et de gauche à droite. La notation "(17/ 03/2020, 18/03...)" renvoie, pour sa part, au moment où, au cours des mois de mars et d'avril derniers, j'ai réellement dessiné. Si Jour 1 = 17/03/2020, cependant Jour 13 = 30/03/2020.

Chaque dessin est accompagné d'une courte réflexion. Elle peut être sans rapport direct avec le dessin. Je remarque que c'est souvent le cas. Comme si le dessin et le texte fonctionnaient eux aussi sur deux lignes parallèles bien distinctes, accordant à ma main métonymie de mon corps au travail , et à mon esprit, un temps de parole particulier.

Le "dessin d'étude" — mes gribouillis du matin — associé à une réflexion et parfois à une annotation supplémentaire, souvent inscrite à la droite du dessin m'ont comme ancrée dans une réalité alternative, celle de l'ici et maintenant individuel, c'est-à-dire dans une actualité personnelle autour de l'intimité objective du geste et de la pensée. À présent, ils composent Mon imagier du confinement dont je livrerai des extraits, au fil des jours, et du coup, rétrospectivement. 

Ainsi, d'une suite totalement subjective d'images triviales cependant reconnaissables et de pensées creuses, absurdes, circulaires, intestines, drôles ou... inspirées ! Ainsi d'un dessin  et d'une pensée bruts.

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1 - Poétique du temps présent (Une paire de Tennis au feutre)


"Jour 26 (1/05/ 2020) : dernièrement, j'ai eu l'impression de perdre mon temps à des futilités, à me débattre toute la journée pour tuer le temps. Mais le confinement m'a au contraire permis de profiter et de remplir autrement mon temps ; c'est un temps + riche."

© ema dée

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