mercredi 19 février 2020

De l'Amour/ 7


Dans un lycée d'une contrée aujourd'hui
Archivée
Ses murs ajourés les tilleuls de sa cour
Ovale
Que le soleil darde que la pluie mugisse
Que de blanc l'air s'emmitoufle
Les filles portent la jupe courte et aventurière
Les garçons manqués vont chapeautés
Le pantalon retroussé avec bretelles fines
Et large ceinturon
Aux véritables mecs le petit nœud à pois
Sur chemise en damier et falzar droit
Boutonné haut
Les autres filles elles se métamorphosent
Continuellement

À la sortie une rumeur

Les franges coupées net cancanent
Le temps célibataire s'éternise à quand
L'amour le vrai qui émeut des heures entières ?
Les casquettes à hélices mâchonnent
Du bubble gum pêche-abricot devisant
Sur l'inévitable ennui
La jeunesse est bourrée de stases, non ?
Les ongles vernis tambourinent sur
Leurs rêves d'excitantes conversations
Qui partage sa pâte de fruits citron ?
Ou alors on s'embrasse ?

Dans les rues les bousculades

Les maisons sages sonnent
Les féroces canidés dévorent le paillasson
Bienvenue qui tente sa chance ?
Au croisement hilare les cris d'opérette
Les pleurs de pacotille
Des yeux pistache-réglisse insistants s'enlacent
Cependant 
Je Tu on s'appelle ?

Note : ici, on peut lire De l'Amour/ 6 puis les autres.

© ema dée

De l'Amour/ 6


Avis de collision entre une péninsule 
Et un continent
Fracas tremblement et souffle au corps
Dans le soleil s'époumone un djembé
Une morue curieuse lisse sa chevelure 
Prise dans les filets des eaux calmes

Des balcons modérés grincent 
Des couloirs fougueux s'étourdissent
Montaigu et Capulet peuvent bien intervenir
Un soir des jours l'ébène et l'ivoire
Tant de plis tant de sueur !

Étincellement des paroles chuchotées
Le combiné confident sous la tente 
De chanvre
Cent serments adressés à l'éternité 

Mais un volcan tout à coup se réveille 
Tornades embûches impasse 
L'autorité moustachue veille
Tenace

La maison de Vénus en plein tourment
Un miroir éclate de sang et le sommeil 
Se traîne
Mars ulcéré guerroie contre sa naissance
Le désir courroucé l'âme en proie
à une aveugle violence
Fuir ? Fuyons... Fuyez donc !  

Note : ici, on peut suivre De l'Amour/ 5 et bien d'autres.

© ema dée

mardi 18 février 2020

De l'Amour/ 5


Regardez ce randonneur noctambule 
Assis présentement sur le cruel bitume
Saisi de solitude
Son cœur dans un cycle monocorde 
Le ressentiment avec toute sa horde
Comme le temps est dure, vieux
Comme le temps est rude et silencieux

Jadis il fut deux jadis il fut amoureux
Leurs corps-à-corps dans un lit à larges bords
Direction Wallis-et-Paradis
Mais l'objet chéri de ses touchants transports
Dans le houblon amer en volutes 
s'évapore
Et la furie-tambour à sa porte-fenêtre !

La Fortune sourit aussi aux malheureux
Entre à cet instant dans la capricieuse danse
Et sur le grand plateau elle pose
Sa carte de choix qui s'avance : une rêveuse en
Habit de Damas or et bleu 
Cherchant passionnément randonneur 
Fugueur et malchanceux

Note : ici, on lit les précédents.

© ema dée

lundi 17 février 2020

De l'Amour/ 4


Sous le casque blond cendré
Les yeux de rapace
Le dire mauvais en mots médisants 
Durs exagérés mais fleuris pour la saison
Un rire fort se déploie dans le mâle espace
Qui jette contre les murs râpeux les 
Bien timides murmures  
La lune est pleine le buffet de viandes
Est servi
Qui n'en veut ?

Sa gorge velue  ses sépales de molleton
Des airs d'autorité aux dents de rubis 
Suave
À califourchon sur le canapé tout cuir
Sonnent le glas des nymphettes
Liseuses
Lancent mille appâts dans les yeux miroirs
Meuglent soudain un Fado :
"Il n'y a que des vaches dont on désire la peau"
Qui viendra à ma belle fête ?

Note : ici, on peut lire De l'Amour/ 3 et les autres textes ensuite...

© ema dée

dimanche 16 février 2020

De l'Amour/ 3


Il était une fois une demoiselle
Petite joufflue et bien replète qui allait
Et venait la poitrine rebondie les hanches grasses
Et dansantes par les couloirs braillards les escaliers
Tapageurs 
Une salopette Tony Boy en guise
de justaucorps des ficelles de laine tressées
Pour toute couronne un pompon mal fichu
Pour tout diadème et la chemise d'un rouge sang
fripé

La petite rebondie s'abîmait ses rondes prunelles
Dans les eaux mouvantes de la piscine collective
Égrainant l'ennui pesant d'être si mal pubère
À son âge d'autres sont plus charmantes 
Et si scintillantes et si attractives, se disait-elle
À son âge d'autres ont cessé d'être laides

Ce qu'elle ne se voit point telle que je la vois
Son sourire de goulue son regard solaire
Coincé entre ses doigts vierges ? Une divine mort
Souffla le criquet au thorax d'or posé sur son brin 
D'herbe
Balançoire de fortune pendue à l'air moite de l'été 
En vacances dans une contrée lointaine faite
De pierres claires et de citronniers
 
Note : ici, on rejoint De l'Amour/ 2  ou De l'Amour/ 1

© ema dée

samedi 15 février 2020

De l'Amour/ 2

Un était un playboy de série B
Façon mauvais western
Roulant des mécaniques sur son cheval 
De course Citroën
La tignasse aux reflets fougueux 
L'allure fière aux montures argent serties
Dans son dos un aigle de cuir rutilant
Les pieds-santiags parés d'étoiles
Dans son œil l'éclat d'un noir d'or sale
Dans sa tête ceinte un souvenir 
D'enfance 
Sa chair tuméfiée aux lèvres fines

(À la surface de l'eau un frémissement)

Toutes reconnaissaient à Deux
Le charme bizarre la langueur serpentine
D'un modèle peint
Le triangle aigu de son visage de chat
L’œil hérissé le sourcil de cendre dilaté
Derrière l'éternel chemise à jabot blanc 
Froid
Sa dentelle mousseuse délicate 
Pauvre parure de reine sans trône !
Les mains pointues sages dévotes
Et la clope au bec à la dérive fumant ses rêves 
Adolescents

(Dans les profondeurs salines des tremblements)

Il fallut les petits petons de Trois 
Sa rondeur porcine 
Ses cris ébahis ses poings de porcelaine
Pour dresser un pont familial une digue 
De foi un toit d'espoirs

(À même le couffin le grand émerveillement persistant)

 © ema dée

vendredi 14 février 2020

De l'amour/ 1


Il vint à elle
(Ses yeux aux cils laiteux)
Et lui offrit un sachet de bonbons
Dedans des roses rouges des violettes mauves
Aux formes arrondies, douces et translucides
Comme modelées dans une pâte minérale de sucre
Opalescent

Le garçon dit : j'en ai trop pour moi-même"
Le garçon expliqua : " je ne pourrai pas tout manger"
En veut-elle ? Les veut-elle ? 
Tiens, je te les donne, tous.
Émue surprise gênée aussi elle ne s'y attendait pas
L'offrande exclusive alors elle accepta
(Ses joues de soie sauvage)

Et dans le carrosse d'ivoire aux vitres boisées 
Filant à flancs de montagne crépue
Caressant les herbes marines
(On ramenait les enfants au logis)
La bouche de la fille s'illumina

Elle sut bien des années après
(Tout se sait bien des années après)
Qu'il n'aimait pas les bonbons aux formes 
arrondies et rouges
Qu'il ne mangeait jamais de bonbons 
À la douceur de violette sucrée
Elle sut bien des années après qu'il était
Son prince 

Note : ici, on rejoint De l'amour/ 2

© ema dée

jeudi 30 janvier 2020

Un dessin jeunesse ? : retours sur la commande d'une oeuvre "grand format"

Je dis souvent, il n'y a pas de coïncidences sans feu. Si. Si... Si un feu intérieur peut s'allumer dans le fond de ses innocentes entrailles ou si un éclat incandescent peut sublimer le fond de ses prunelles à soi, c'est qu'un contexte favorable l'aura suscité, cet embrasement (dans les entrailles de nos innocentes prunelles). En fin d'année 2019, il viendra pour moi d'une commande : un dessin inédit et plus grand qu'à l'accoutumée... Et là, moi, je dis tant mieux.


Parce que l'autre jour, j'explosai : assez des petits formats ! Assez des créations miniaturistes sur timbres - postes et des dessins en séries sur post-it ! Ouste le travail d'illustration patiemment élaboré le nez collé à mon mini-support papier et le dos vouté sur mon ouvrage, comme une nonne copiste ! Du vent, le A4, la porte, le A3 ! À moi les grands espaces vierges à peupler de choses et de trucs en couleurs, en noir et blanc, tout un univers qui grouillerait, gesticulerait, festoierait, genre Bosch ou Brueghel ! À moi l'ivresse du format raisin, les envolées graphiques sur support grand aigle, les diptyques façon Francis Bacon ! À moi le monumental !

Une fois le calme revenu et la crise des hauteurs (et des largeurs) démesurées apaisée, que reste-t-il de mes rêves mégalomaniaques ? La réalité bien assise tranquille à coté de moi sur son fauteuil imaginaire me regarde avec une douce condescendance qui réussit très concrètement à m'agacer. "Et donc, très chère, comment quoi où pour qui, et la hauteur de la porte ?... Quoi : "et lahauteurdelaporte ?"

La réalité, je veux dire, le principe de ma réalité, celui qui m'assène des coups francs et perturbants en plein dans la volonté perspective, me rappelant qu'un diptyque façon Francis Bacon ne passera certainement jamais l'encadrure de la porte de sortie de mon appartement de poche, encore moins l'encadrure de ma créativité, sifflote à mon oreille droite (la plus attentive) qu'il faut progresser pas à pas. En rajoute et y met des précisions, présentées entre guillemets : "Et pourquoi pas du 55 cm x 45 cm, pour commencer ?"...


Aussi, en novembre dernier, j'accepte à la demande de N. Gautier de réaliser pour un cadeau de naissance une œuvre artistique inédite. Il faudra que ce ne soit pas trop petit, que ce soit grand, tout simplement, plus grand que ce que tu fais ; ton noir et blanc passe très bien mais la couleur dans ma réalité, c'est mieux ; souvent je pense en rose, en jaune, en blanc, en noir, et en bleu !, j'aime toutes les couleurs cependant ; il faudrait de la tendresse ; prévois-tu un peu de complicité ? Parce qu'il était une fois un petit bonhomme fraîchement venu au monde et sa sœur de quasi-quatre ans son aînée qui s'entendent comme larrons en foire et qui iraient gaiement ensemble dans un quelque part, joyeux et festif ; il y aurait des animaux, lapin, éléphant, âne, poule... des lettres aussi, pourquoi pas cachées ? : il y aurait au fond (et sur les bords) de quoi titiller et exciter le regard d'un enfant qui grandit, positivement et durablement.

La consigne est posée. (Pas tout à fait en ces termes-là, je l'avoue, mais, je ne peux l'empêcher, il faut que je narre, que je brode, que je poétise tant la demande m'a transportée) ! 

Ma volonté — solidifiée par une expérience pratique dans la conception d'un projet artistique , mes crayons, mes feutres de couleur et mon papier Canson Vinci  sont au garde-à-vous. Recherches de personnages, premières esquisses en petit-moyen-grand format, tests de mises en couleurs (selon une charte proposée dès le début), égarements, découragements  nocturnes, jubilation intérieure (et extérieure, après validation de l'intention puis du projet crayonné), déploiement angoissé (au feutre et crayon de couleur) sur le format définitif, stress, rognures de cuticules en plus et cheveux en moins (à la veille de la remise), enfin, libération : le dessin est livré dans les temps négociés (avec le contexte de grèves des transports parisiens).

Mon année 2019 créative s'est donc conclue (au niveau ambition artistique) par une production originale tout en douceur ; elle m'aura permis d'abord, de me lancer un nouveau défi, ensuite et surtout, de questionner (encore et toujours) ou d'actualiser (adapter, si on préfère) mon propre langage graphique. De quoi entamer l'année 2020 sur des bases élargies ? :


1 - Petit dessin versus "grand format" 

Comment fait-on pour réaliser une oeuvre graphique dans un format nouveau ? Qui dit nouveau format dit invention de "stratégies d'occupation de l'espace", mieux, de mise en œuvre d'une scène justifiant l'utilisation d'un support d'expression plus ambitieux. 

Mes "petits formats", c'est-à-dire le dessin sur feuilles de papier mesurant de 9 cm x 9 cm à environ 30 cm x 30 cm j'ai souvent travaillé dans des espaces carrés , se sont substitués progressivement à des productions sur format raisin, A2 et grand aigle, il y a bien des années. À ce changement divers facteurs tels que : la fin réussie de ma formation initiale à distance en Arts, les contraintes de la publication de contenus iconographiques sur un blog, deux expositions en province privilégiant les œuvres de petits formats ou encore, le hasard qui me fait trouver par exemple, un bloc de post-it à investir rigoureusement dans le cadre d'un défi personnel en 2016 ... 

Aussi, pour ma commande, j'ai pour ainsi dire multiplié mon geste, habitué au petit dessin en séries, autant de fois que nécessaire, pour en quelque sorte, animer la surface de ma feuille. Le résultat : plusieurs petits groupes d'animaux et un couple d'enfants se côtoient dans une réalisation aux couleurs de la prime enfance.

2 - Un dessin pour enfants ?

Pour cette demande spéciale car ouvertement destinée à l'Enfance, je me fais une piqûre de rappel en parcourant quelques albums dits "pour la Jeunesse" car, au fait, c'est quoi un enfant ? Plus précisément, je m'interroge : n'y a-t-il pas une différence entre dessiner pour un enfant et faire un dessin pour la Jeunesse ? Pas plus qu'hier, je n'ai de réponse aujourd'hui à ces deux cruciales interrogations. Mon enquête de terrain (en bibliothèque municipale) me permettra de découvrir deux livres apportant une réponse chacun à leur manière : Qu'est-ce qu'un enfant ? de Géraldine Richelson (texte) et Nicole Claveloux (dessin) et C'est quoi un enfant ? de Béatrice Alemagna

Malgré ces apports pertinents, le dessin d'enfance (jeunesse ?)1 continue d'être pour moi cette étrange production "métissée". Une "construction" qui mixe, dans des proportions variées et plus ou moins conscientes, imageries populaires communément partagées, culture visuelle acquise, influences involontaires, souvenirs personnels, projections et fantasmes sur l'Enfance perçue comme un paradis perdu2... La question reste ouverte.


3 - Un projet graphique destiné à un particulier qui fait école ?

Une création de commande fonctionne avec ses propres mécanismes. Certes, chez moi, elle partage des points communs avec la création pour mon blog (style graphique, obsessions et outils) ou pour mes éditions print (sujet). Mais elle s'en distingue sur plusieurs points importants auxquels j'ai eu à me confronter pour m'adapter à la demande particulière de N.G.

— Le dessin en couleurs directes destiné à être exposé en privé ne peut pas se corriger ; il faut donc être à l'écoute, ne pas hésiter à demander des éclaircissements, parce qu'une fois terminée, impossible de revenir en arrière sur sa composition : il ne faut pas se louper. Ce n'est pas aussi simple toutefois ; quand on est lancée, c'est assez frustrant de s'arrêter pour demander une validation supplémentaire ; on a envie de conclure, voir comment "ça fait... enfin !" ;

— Le dessin de commande peut être ici chronophage : assez curieusement, il exige une concentration en temps et en énergie limités (il y a une deadline) et une disponibilité élastique. Il faut trouver un équilibre. Par exemple, vouloir proposer plusieurs versions du projet à chacune de ses étapes, par excès de zèle ou d'enthousiasme j'ai montré un enthousiasme zélé —, afin de déterminer celle à proposer au bout du compte, peut s'avérer long, compliqué ET fatigant pour tout le monde ;   

—  le dessin de commande est unique. Il ne va exister de lui qu'une seule version. Rien à voir avec le dessin qu'on expose dans un salon d'Arts, où il est tout à fait permis d'en proposer des variations et des esquisses plus ou moins abouties. Ici, il convient d'être précise, directive (parfois) et, surtout, être capable de se ménager, entre les exigences (légitimes ou négociables) de la commande et son univers graphique personnel, un espace de création confortable où créer quelque chose de riche et d'intéressant, d'emblée.

Enfin, le dessin de commande se rémunère. Le tort est de croire que, parce qu'il marque un début d'activité ou qu'il prend place dans une activité qui hésite encore sur son statut, mesurant les tenants et les aboutissants de ce qu'on lui propose, le tort donc, est de penser qu'il ne mérite pas un traitement à la hauteur, qu'il est un hobby. C'est mettre de côté la dépense matérielle, émotionnelle et physique qu'une création exige, quelle qu'elle soit. C'est se mettre de côté en qualité de créatrice. Je simplifie l'idée précédente : j'ai largement sous-évalué ce travail, à mon corps défendant. Je veux dire que je me suis insuffisamment projetée dans le projet, en amont. À présent, grâce à cette commande à valeur de défi personnel (que j'ai honorée avec sérieux), je sais mieux de quoi il retourne quand il s'agit, en particulier, de produire un dessin de grande taille au feutre fin et au crayon de couleur.

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4 - Un langage graphique actualisé

Je reviens sur cette expérience ponctuelle bien qu'elle puisse représenter pour un œil extérieur une situation isolée et sans conséquence dans mon parcours. En fait, c'est tout le contraire ! Elle synthétise bien le chemin de création que j'ai emprunté depuis ces quelques dix dernières années. Mon langage graphique a cherché à s'adapter, s'est enrichi grâce à de multiples recherches ; il s'est perdu ici, retrouvé là, à la faveur de terrains variés (contributions, concours, expositions, éditions, formations théoriques et ateliers artistiques). 

Dans un incessant va-et-vient, ponctué de remises en question, de crises, d'épiphanies, ils l'auront bousculé, mis à l'épreuve  —  au défi  —, bousculé aussi. Je n'ai pas pour autant renié les principales caractéristiques de mon travail de dessinatrice - illustratrice, le personnage, l'anthropomorphisme, l'accumulation, les matières, le décalage, la "scène de genre"... que l'on peut en partie redécouvrir  ici.

En honorant cette commande, ma création graphique et artistique a réalisé une sorte de boucle. C'est le désir de faire de l'illustration pour la Jeunesse et du dessin d'Art que l'on retrouve combinés, notamment dans le Livre pour enfants qui a impulsé en grande partie, il y a des années, mon goût pour l'analyse et la création d'images sur papier.

Une suite ? À méditer. Je médite donc...

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Indications bibliographiques complémentaires :
(Elles pourront paraître tout à fait hors-sujet, mais elles seront assurément enrichissantes et passionnantes) :

1 — Sur le "décryptage" de l'image dans le Livre pour la Jeunesse :
Van der Linden, Sophie (dir) : Images des livres pour la jeunesse : Lire et analyser, éd. Thierry Magnier, 2006

2 — Sur la problématique du Récit d'enfance :

© ema dée

mercredi 22 janvier 2020

Une monstrueuse surprise pour toi, Thomas !

Cher toi, 

Entends-tu s'ébattre l'ararcé, galoper le brélignel, ramper la cacatoere, trotter le dromichou, se précipiter l'écuklon, et tous leurs acolytes, en ce jour particulier qu'est ce jour particulier : le farignal glapit, la giroumaille hulule, le hiperçant caquette, la jarimine susurre et la kiwololo ! et le lieuvrette !  la martase, le nipafé, le ourlieul, le pipivert rouge, la quantatut, la ramondi, la soulili, le tormidouillle, le ukulalou, le walicoeur, le xulate à crête, la youlette, le zébaba, le bretaille, la ygoule, la xoumoumou, le wouïquidort, l'uppertand, le tsouintsouin, le serpilouille, la renapime, le quilottin nain, le poulimonce, l'olinoire, le nénuzibar, le marsouinet, le lousson,  le kwarte, la jumrelle, l'iwougle, la giragremlin, l'haratière, le flippouton et l'étourdielle  !  Ils sont tous là ! Tous sont là, heureux, excités, impatients de te souhaiter un

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Joyeux anniversaire ! Joyeux anniversaire !*

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* Quelques révélations : les anniversaires sont, à chaque fois que l'occasion se présente de les célébrer à ma manière, le très bon prétexte pour imaginer une nouvelle composition graphique, écrire un ou des textes inédits. C'est avec un plaisir renouvelé et ludique que je puise dans ma matrice artistique, ce style graphique et littéraire propre qui aime le personnage, le motif, les listes comme s'amuser des clichés, des idiotismes ou des proverbes et autres formes brèves et jeux littéraires... Je m'essaie à l'appropriation, à à la manière de, à l'hommage à ... en même temps qu'au dessin d'humour comme c'est le cas ci-dessus. (On aura sans doute repéré ici l'incontournable abécédaire, l'invention de mots, l'énumération, le motif !, que j'affectionne.) 

Textes et compositions sont la plupart du temps commandés par le cadeau offert, par un thème présent dans le parcours de l'intéressé, ou par ses centres d'intérêts du moment, comme une private joke. J'ai cependant à coeur que d'autres — un public à la fois curieux et joueur — saisissent l'allusion, sourient du clin d’œil et du coup, apprécient la proposition en texte-image. Cherchant parfois à mêler le collectif et l'individuel, je veux dire l'adresse à tout le monde et à une personne précise en même temps, il m'arrive d'associer référence(s) à une culture populaire et détail(s) individuel(s). Ainsi, de bons yeux et un background cinématographique minimal permettront à chacun(e) de deviner  aisément à qui ou à quoi la monstrueuse surprise fait allusion.  

Un évènement festif qui a donné naissance à d'autres compositions. À découvrir, par exemple,  un portrait façon western spaghettti ou un portrait résolument tendance pop,  triple hommage au peintre Richard Lindner, au prêt-à-porter masculin et à des caractéristiques (secrètes !) du personnage Thomas.

© ema dée

dimanche 12 janvier 2020

Une belle année 2020 – et une merveilleuse décennie, en plus !

Chères exploratrices, chers voyageurs du Net, 

Comme il convient de le faire en chaque début de nouvelle année, je vous envoie mes vœux personnels et illustrés :

© ema dée

Voici donc en une réalisation colorée et carrée comme je les affectionne tout ce que je vous souhaite et bien plus en ce début de nouvelle décennie. Et quelle décennie, un terrain neuf à explorer, exploiter, où planter 1, 2, 3, 20 projets ! et faire germer 1, 2, 3, 20, 400 réalisations plus belles et marquantes les unes que les autres, pour vous-même, vos proches, votre quartier, votre pays, ou, tenez... voyons grand, visez la taille XXL... le Monde !

Pour se réaliser, mieux ou tout bonnement, c'est finalement comme on voudra. Comme on pourra ou comme vous le sentirez. Au rythme d'un succès par an, de 20 succès dans l'année aussi modestes soient-ils.

En ce début d'année 2020 pour toute l'année 2020,
Je désire, recommande, convoque, commande
Pour vous, pour elle, pour lui, pour eux pour moi ! 
Des amitiés anciennes, nouvelles toujours fortes –  d'où qu'elles viennent,
Des contacts, chaleureux, bienveillants je dirai même, enveloppants,
De la fantaisie, de l'originalité  –  mieux, de la singularité ,
De l'amour – du furieux , du furieusement... retentissant dans le cœur, autour de soi en soi dans l'être cher autour d'elle de lui,
Ou de la tendresse rose - pelucheux –  avec ses bords arrondis de douceur ,
De l'espoir –  celui débarrassé d'utopies, celui sans vaines illusions, s'il vous plaît !
De la chance et de la bonne – et belle fortune à chaque tronçon de votre route, chaque carrefour, sur tous les trottoirs : des panneaux de signalisation vert félicité,
Des projets –  tout un classeur, en 8 cm x 28 cm x 32 cm, pas moins pas plus !
Des loisirs,
De l'air transparent au parfum de prairies provençales ,
Des voyages nocturnes, étrangers ou immobiles
Une sérénité du corps et de bon aloi,
La santé !
Un esprit de fer – une pensée positive inoxydable ,
Et puis
De bonnes affaires sous lesquelles crouler d'un délire satisfait,
Et puis,
Un honnête labeur – exempt de toute dureté,
Et pourquoi pas,
De généreuses pelletées d'opportunités sonnantes et trébuchantes
dans votre poche ?

Je vous souhaite à toutes et à tous une bien terrific année 2020  et une vie prometteuse !

© ema dée