lundi 16 novembre 2020

De l'arbre du souvenir/ expérience enfantine : dessin, texte et lecture à voix haute

Ici, exprimer l'envie régulière qui me titille les sens — le corps, l'esprit — de revenir aux sources de la peur, de l'invention, de la joie, de l'excitation ludique comme au goût pour la stratégie et la multiplication des stratagèmes assurant la victoire : le jeu.

Pour ce faire, tenter de tracer, tenter d'écrire-raconter, tenter de mettre en voix :

Une série de trois textes qui plongent ses racines dans plusieurs souvenirs liée à l'Enfance, celui-ci le plus récent , j'accompagne un groupe d'enfants d'âge primaire dans un bois en banlieue parisienne, on est emmitouflés, on a pensé à prendre quelques ballons, c'est le début du printemps ; celui-là plus ancien, une autre époque ! — je découvre un petit domaine forestier dans le sud de la France, c'est le mois d'août bobs, shorts trop larges, débardeurs, socquettes et tennis Adidas blanchies au Tipp-Ex —, on va jouer à Où sont les cerfs ? (Dans la forêt, pardi !) ; un autre encore, une conteuse dans un jardin parisien invite les enfants d'un centre de loisirs à toucher de leurs petites mains potelées l'écorce d'un arbre biscornu.

Voici le premier texte, je l'intitule : " Pour cette première expérience, enlacer un arbre."

Pour cette première expérience — enlacer un arbre* —  il convient de choisir soigneusement l’individu qui fera l’objet de toute l’attention collective ; l’individu sera de préférence costaud et large, de préférence droit, de préférence dépourvu d’insectes apparents ou de perles de sève gluante et dorée ; ce faisant, avancer vers lui, s’approcher plus près, toucher, palper, jauger, faire le tour, avant de se décider à, enfin, s’approcher, se déployer autour, les uns après les autres et les unes après les autres, et les unes après des autres et les uns après les autres, se disposer autour de l’arbre ; se grandir à l’horizontal ; pour ce faire, allonger les épaules étendre les bras étirer les mains tirer sur ses doigts au-devant de soi le plus loin possible jusqu’au bout des doigts de l’autre (surtout si l’on est peu nombreux pour l’expérience) ; attraper la main gentiment tendue, s’accrocher aux mains offertes, se tenir fermement (il se peut que ça glisse un peu, il se peut que ce soit un peu mou et chaud) ; écarter les jambes pour faire appui (la stabilité est une garantie de réussite) ; la concentration aussi (et l’envie !) ; coller toute sa joue droite (ou gauche), toute sa poitrine, tout le bassin, les cuisses, pour garder l’équilibre ; être tout contre ; et ensemble, ainsi installés tout contre, faire le tour de l’arbre, c’est-à-dire enserrer son tronc qu’il soit sec ou noueux, c’est-à-dire s’enchaîner de tout son petit corps agrandi, étiré, lié à son voisin, sa voisine par les mains, et devenir une partie de l’arbre ; puis tenir ; tenir ; tenir et sentir ; sentir ; se sentir être ; se sentir être un élément de l’arbre ; sentir en soi la présence de l’arbre ; jusqu’à l’insoutenable démangeaison, les fourmillements dans les bras tendus et les jambes trop écartées, la douleur générale qui déclenche par pur réflexe un premier rire cristallin, un second rire cristallin, puis un troisième rire cristallin, jusqu’à l’hilarité cristalline ... générale ; qui osera lâcher le premier, la première ? (Qui osera briser la chaîne ?)"

À travers ce triptyque, je célèbre la(ma) relation (ré)créative à la Nature, avec l'Arbre comme médiateur et partenaire. Une tentative d'anamnèse ? Presque.

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*Pour cette première expérience enfantine, enlacer un arbre a été dit le dimanche 15 novembre,  à l'occasion du  cabaret littéraire Mange Tes Mots/ Édition podcastée. 

Pour écouter cette invitation à prendre un arbre par son tronc, parmi d'autres troublantes créations sonores – lues, chantées, murmurées , parlant de corps, de résistance, d'attraction, de... tentez l'expérience du cabaret littéraire depuis chez vous, en cliquant sur le lien ci-dessous :

https://soundcloud.com/mange-tes-mots/mange-tes-mots-edition-podcastee-n8-2e-set-15-novembre-2020

Des mots mélodiques inspirés et inspirants de : 

Junie Lavy & Obscur Jaffar – N’être  ; Morgane Eydmann – Brasser  ; Mathieu Amans – Tu n’as pas à avoir peur ; Ego Ella May – Girls don't always sing about boys (A COLORS ENCORE) ; Hélène Milan – Sur le fil mon ange ; CatMat – Mon conte des 1001 nuits ; Eve B – Alphabet ; Anne Michèle Weinstich (lecture) & Alain Toulmond (texte) – Lucide Lucifer sur un sample des Beatles, "Revolution 9" ; Pierre Comandu (texte) & Mado (lecture) – Contre la nuit  ; Ema Dée – Pour cette première expérience enfantine, enlacer un arbre ; Eva Casabene  – Saisis la lame miroitante des reflets de vie morcelée, multipliant les points de vue, sur une musique de Daniel Higgs, "Love abides" ; Catherine Ursin – Je crache / Sékantïa  ; Joséphine – Étreinte  ; Camille – Jolie bruine ; Alain Toulmond – ça s’rait Baudelaire on l’s’rait  ; Fabien Corbelin – À l’aube des nuits…  ; La danse des mots – 3 poèmes de Paul Eluard  ; Ophélie Jomat – Pléthorique ; Axolotl – Être lu  ; Nadjad – Poussette  ; Leeanne – Il lui avait volé son innocence ; Émilie Rethore (voix et texte) & Florian (guitare) – Feu sacré  

Mange Tes mots/ Édition podcastée, c'est aussi un premier set, à (re)découvrir en cliquant sur le lien ci-dessous :

https://soundcloud.com/mange-tes-mots/mange-tes-mots-edition-podcastee-n8-1e-set-15-novembre-2020

Cette proposition est la 8ème édition en ligne du cabaret du même nom, qui s'est tenu à partir de 2018 au café culturel Le Lou Pascalou à Ménilmontant dans le 20ème arrondissement à Paris, avec Margot "Galatée" Ferrerra et Héloïse "Ginkgo" Brezillon en organisatrices et savantes tisserandes d'ouvrages sensibles et poétiques. (À écouter de suite).

©Mange Tes Mots ©ema dée

mercredi 11 novembre 2020

Que font les gens dans mon 5ème projet de livre de la collection "Horlart" ?

Que font les gens ? Une question toute simple qui, un matin, s'est imposée à moi et qui est devenue le titre de mon cinquième livre en autoédition de la collection Horlart. Au fil des mois, cette collection compose un ensemble de livres illustrés de format 15 cm x 15 cm, présentant des séries d'images en couleurs mises en regard de textes brefs (prose, récits, portraits ou réflexions).

Que font les gens ? Une interrogation qui, comme à un leitmotiv d'autres diront sans doute "petite obsession" s'est régulièrement posée tout au long de la création de ce nouveau projet de livre — tout carré.

Que font les gens ? Pour y répondre, j'ai fouillé dans mon projet de dessins à contraintes mené d'avril 2016 à juin 2018, sur des feuilles au format post-it, puis publié quotidiennement durant cette période sur un compte Tumblr, les dessins étant accompagnés ou pas de quelques mots, pensées, poèmes.  J'ai cherché parmi les 27 thèmes que j'ai traités dans un style très libre et changeant — animaux, amour, couples, objets, femme-fragment, bonshommes, portraits d'écoliers, portraits de stars, autoportraits, eau, bestiaire, lutins de noël, sorcières, portrait chinois, résolutions, arbres... — les images qui m'ont semblé proposer une réponse intéressante à cette interrogation.

Que font les gens ? Une fois les images-réponses choisies, il fallut homogénéiser l'ensemble grâce à un autre traitement graphique. Car, pour rappel, l'idée directrice de ce projet de dessin sur post-it était de varier les plaisirs  et la difficulté en changeant d'outils : crayon 5B, stylo à bille, plume et  lavis d'encre de Chine, feutres, crayon de couleur, et pourquoi pas ? du collage. Dessiner avec tel ou tel outil, c'est dans ma production, opter pour tel ou tel langage, tel ou tel style. Au feutre fin, le dessin en hachures, excès de motifs ou entrelacs de traits façon gravure sur métal, au feutre épais, l'effet "ligne claire" aux formes épurées et fermées — préalables à un  éventuel coloriage ; au feutre pinceau correspond l'exploration de ma capacité à créer des pleins et des déliés, à oser l'inachèvement, les lignes ouvertes ou au contraire, les aplats de noir. 

Que font les gens ? J'ai finalement opté pour un outil que j'utilise habituellement pour tracer des titres  : le marqueur à l'encre acrylique. Idéal pour obtenir des traits épais et accompagner mon envie soudaine de simplifier le dessin de départ, tout en lui donnant plus de force et un caractère affirmé — définitif. Au marqueur, en effet, difficile de produire un dessin très détaillé. Et c'est tant mieux !

Que font les gens ? Couleur ou noir et blanc ? Je dis "couleur", mais trois seulement, noir, blanc et rouge, et pas n'importe quel rouge, un rouge lumineux tirant vers le vermillon ou la teinte écarlate, une couleur tonique et profonde à la fois, comme je la rencontre dans les affiches "old school" (Paul Colin, Roger Broders...)

Que font les gens ? Les personnages dessinés ne me suffisent pas, j'imagine des mots écrits. Et entre ces images-ci et ces mots-là, un écart plus ou moins grand, afin que s'y glisse de l'imprévu, de l'interprétation, de l'humour ou de la poésie —  en tout cas, un sens nouveau et différent pour chaque lectrice, chaque lecteur.

Que font les gens ? Comme à l'accoutumée, le lien entre chaque publication de la collection Horlart : l'ajout d'une bande-son à ma façon, c'est-à-dire une lecture à voix haute performative ou non, bruitée ou non,  à  écouter sur Lis-Moi Tes Mots à l'adresse : https://soundcloud.com/user-492317834/que-font-les-gens
 

Que font les gens ?  À l'issue d'une lutte avec les mots, les images, la maquette — la mise en page ! —, je propose un objet à lire constitué  d'une suite de vignettes à s'approprier comme on en a envie. (Le résultat illustré et écrit d'une investigation témoignant aussi d'un regard personnel posé sur le quotidien, la société). Et qui vient enrichir une collection de recueils en autoédition dont je parle, par exemple, ici :

— Présentation de la collection Horlart : http://www.lehorlart.com/2020/03/collection-horlart-autoedition-ema-dee-2020.html

Et que l'on peut se procurer là :

— Ma page Auteur de TheBookEdition.com : https://www.thebookedition.com/fr/29681_ema-dee

©ema dée

mercredi 4 novembre 2020

Après l'expérience filmique "Lux Aeterna" de Gaspar, Béatrice, Charlotte et cie...

Ma découverte de Lux Aeterna, dernière création filmique de Gaspar Noé, réalisateur, producteur et scénariste argentin d'origine, m'a donné envie d'écrire à son propos, d'évoquer à ma manière ce que j'y ai vu, comment je l'ai ressentie, l'ai reçue et crois l'avoir comprise. 
 
Mais, ce que je viens de voir n'est pas exactement une œuvre cinématographique, au sens où l'on l'entend le plus couramment, c'est-à-dire une fiction qui (nous) raconte une histoire, faite d'une suite d'actions, de rebondissements, de rencontres autour d'un noeud puis, enfin, une résolution (heureuse ou malheureuse), selon un enchaînement défini, linéaire ou non. Les effets spéciaux, le montage, la musique, le jeu des acteurs, la photographie... soutenant le propos, comme une grammaire particulière, définissant à la fois le genre et un style de réalisateur comme le genre et le style d'un film.

Lux Aeterna ©gaspar noé
 
Mise en bouche un peu bizarre, j'en conviens. Je cherche ici, rapidement, à montrer une forme d'incompréhension qui demeure en moi, plusieurs jours après avoir vu Lux Aeterna. Bien plus, une sorte d'incapacité prolongée de ma faculté de jugement face à un objet étrange et étranger.

"Quand je vais au cinéma, explique quelqu'une, c'est pour être divertie, transportée, apprendre quelque chose, je veux que le réalisateur m'amène dans un quelque part qui me dépasse. Résultat, je me retrouve face à un quelque chose que je ne comprends plus, qui ne s'adresse plus à mon intellect ; c'est ça qui m'intéresse". 

Moi, je suis de cet autre genre de spectatrices qui aiment faire des comparaisons. Entre les films d'un même réalisateur/ trice ou d'un/e acteur/ trice (quand je m'en souviens clairement, s'entend). Il m'arrive de faire des comparaisons aussi avec d'autres arts parce qu'ils abordent le même thème ou parce qu'ils ont recours à des "artifices" de narration, de création d'ambiances ou de sensations... voisins. Cela autorise une sorte de regard croisé.

Avec Gaspar, je suis comme bien empêchée. Car je ne connais pas sa filmographie ; j'ai bien vu passer sur le Net des images du singulier Climax ou de  l'hypnotique Unter the Void, j'ai bien entendu parler du très dérangeant Irréversible... C'est insuffisant pour se rendre vraiment compte. Après avoir vu Lux Aeterna, je crois pouvoir dire sans sourciller, qu'il faut assister au Film de G. Noé, dans une salle prévue pour, il faut pouvoir entrer dedans et accepter de se laisser submerger en retour. Fondant cette observation à postériori, je peux dire néanmoins avec certitude que quelques images, des extraits à la volée de Lux Aeterna, regardées du bout des yeux sur son écran d'ordinateur, me semblent être du coup passablement insuffisantes, en effet.

 
Lux Aeterna ©gaspar noé

Je ne crois avoir vu un "film"; ça a à voir davantage avec la participation, oui, j'ai plutôt participé à une expérience d'Arts visuels, qui soudain sans alerte devient immersive. Un objet plastique, éminemment sonore, qui tripatouille le concept de mise en abyme, s'est déroulé devant mes yeux durant 50 minutes environ. La mise en abyme du cinéma par le cinéma lui-même, on connait ; on en reconnaît les signes, les formes et l'intention. Et pourtant dans ce cas-ci, face et dans Lux Aeterna...

Quels sont les faits ? Gaspar Noé filme l'actrice Béatrice Dalle filmant l'actrice (et chanteuse) Charlotte Gainsbourg. Dans une ambiance feutrée propice à la confidence qui évolue (dégénère) en un chaos lumineux saturé de voix, la lux aeterna. 

Dans le détail. Après une scène d'aimable conversation posée sur canapé (plutôt un monologue un tantinet barré, une logorrhée de Béatrice face aux contradictions de Béatrice, une sorte de narration... autofictionnelle), qui, parce qu'elle est comme une introduction, une préface qui donne des clés précieuses pour la suite, me rappelle les plans bavards des films de Quentin Tarantino. (Ici, certes, je prends des raccourcis, je schématise.) Après cela donc, une mise en mouvement : Béatrice se lève enfin, Charlotte à sa suite, elles changent de pièce, quittent le douillet canapé, quittent l'espace filmique dans lequel Gaspar les a confinées toutes les deux, le tournage doit commencer, l'action s'accélère,  Béatrice attend, on attend avec Béatrice, on ne comprend rien, pas plus que Béatrice, puis, ça tourne, oui, mais quoi ? Qu'est-ce qui se tourne ? On ne sait pas vraiment ; est-ce un plan d'essai ou est-ce la vraie scène qui prend corps sur la scène ? Et, dans une sorte de chaos de voix hors champ et diégétique, et qui va crescendo, à l'appui, une multiplication des points de vue, l'espace uniforme du tournage éclatant en multiples espaces d'expériences/ visions individuelles, Béatrice perd contenance, dans la lumière, Béatrice pète un plomb, dans la lumière, l'image nous explose dans la rétine et dans la lumière, le film fige toute ma capacité de réflexion. 

Je ne suis plus qu'un œil dans un champ de lumières. Médusée. Non, piégée. Non, englobée, mieux... aspirée !

Lux aeterna ©gaspar noé 
 
Curieuse expérience que celle de la lecture de mes dix-neuf dernières lignes de texte, n'est-il pas?

Lux Aeterna ©gaspar noé
 
Flashback : à un moment, je souris. C'est quand Charlotte demande à Béatrice : "Quand cela va-t-il commencer ?" C'est un fait : un film a déjà commencé. Mais pas son film à elle, celui dans lequel Charlotte va jouer un rôle central. Un délicieux décalage qui autorise un parler et des attitudes décontractées. On n'est pas vraiment dans Le film, on est dans les coulisses et dans les coulisses d'un film, on se lâche. On est "nature". Démonstration : le langage châtié, l'allure désinvolte, le ton brusque de Béatrice face à la retenue pleine d'une grâce pensive, voire distante, peut-être un peu amusée, de Charlotte... les entrées et les sorties d'autres personnages dans le champ qui (nous) donnent le tournis telle une valse de mots de gestes de regards... manifestent cet avant-tournage. 

Le film de Gaspar a bien commencé, mais celui de Béatrice est en chantier. Il s'agit finalement de tourner une seule scène. La scène. Comme les seconds rôles féminins, on ne saura rien de ce qui doit se raconter, de comment cela va être raconté, si ça vaut le coup de rester à se demander quoi qu'est-ce. Il faut être là tout simplement, et assister pour savoir ce qui va être filmé. On ne saura rien à l'avance. Le spectateur est là, dans son siège/ piège de cinéma, pour témoigner que le film a commencé, mais le vrai propos arrive plus tard, le climax où le réalisateur filme Béatrice lâchant prise, Charlotte quasiment possédée, la lumière envahissant l'écran...

 
Lux Aeterna ©gaspar noé

En amuse-rétine, juste avant la conversation tranquille devant la cheminée, une entrée en matière pédagogique, en noir et blanc et pour le moins curieuse : une scène de bûcher précédée d'une présentation très documentée d'instruments de tortures utilisés au Moyen-Age pour révéler les sorcières. 

Et Béatrice s'intéresse particulièrement au bûcher.

n.b. : je m'autorise à fournir ici une définition de ce que j'appelle un "chaos de voix hors champ et diégétique". Il y a autant de lignes narratives qu'il y a de personnages dans le film, chacun semble poursuivre ses propres motivations jusqu'au climax. Ce qui tient tous ces éléments disparates qui, comme des ions chargés positivement et négativement, s'affrontent dans un espace (scénique) trop petit ?  Ils ont rendez-vous avec une scène à tourner. Chose particulière, c'est une scène qui est soutenue par trois points de vue différents qui convergent pour ...

Fin de l'expérience de critique, car mes mots se suivent s'enchaînent s'enfilent autour du fil de l'écriture cherchant à (s')expliquer, alors que sur le sujet, finalement, il vaut mieux se faire son idée à soi.

©ema dée

dimanche 11 octobre 2020

En route pour le salon SoBD 2020 à la Halle des Blancs Manteaux (si le Covid le veut) !

Passionnées internautes, chevronnés navigateurs du web,

Pour débuter ce premier article de l'automne du Horlart, je me permets de citer Renaud Chavanne, organisateur du salon consacré à la Bande dessinée SoBD, qui se déroule rituellement au tout début du mois de décembre et ce, depuis maintenant 10 ans, à la Halle des Blancs Manteaux, à Paris dans le 4ème arrondissement, en disant : "si le Covid le veut".

Si le Covid le veut, donc, la 10ème édition du Salon SoBD se tiendra bien du vendredi 4 au dimanche 6 décembre 2020 inclus.

Et j'en serai : je tiendrai stand, chaise, présentoirs, feutres et multiples créations sur papier, je veux dire, j'exposerai travaux d'éditions et illustrations personnels dans l'espace Underground du salon. Dans cette joyeuse et folle perspective, je l'avoue, je m'active. 

Au programme, si tout se passe au mieux, c'est-à-dire : 1°) - que l'imagination et l'inspiration créatrices soient toutes deux toujours au travail, de jour comme de nuit, durant deux mois encore ; 2°) - que le recours à des prestataires permettant notamment la fabrication de petits objets dérivés ainsi que l'impression à la demande d'exemplaires de mes derniers projets de livres soit complètement satisfaisant,  bien organisé en amont comme en aval ; 3°) - que la forme, la débrouillardise et la concentration nécessaires à la conduite réussie d'un tel travail, ambitieux, excitant, tentaculaire et chronophage parce que nouveau dans mon parcours, bref, que mon état général, moteur, mental et émotionnel, soit en acier trempé, moulé dans du béton armé et recouvert de kevlar scintillant pour l'esthétique... 

Que tout cela soit comme une belle idée fixe : autant dire que j'ai encore de la baguette sur l'établi !

J'écris et je m'égare. Je reprends là où je me suis égarée. Comme je m'apprêtais à l'annoncer ci-dessus : "Au programme, je présenterai, par exemple, les premiers livres de la collection Horlart, autoéditions toutes carrées déjà évoquées sur le blog à la rubrique OBJETS/ Autoédition ou sur la page OBJETS LIVRES ; je n'hésiterai pas à montrer des dessins (en noir et blanc et en couleurs) dont certains sont à l'origine de mes publications imprimées et je proposerai aussi à l'acquisition des mignardises colorées et savoureuses pour les yeux comme pour les doigts ou le cœur."

Cet évènement très attendu (je parle du salon et non de tout mon être recouvert de matière synthétique) sera, je l'espère, l'occasion pour moi de rejoindre une communauté de créatifs, dans une ambiance artistique et livresque — je l'espère (bis) propice à l'échange, à la réflexion, à la rencontre et aux discussions "enfiévrées".

Pour me suivre à la trace, ce sera bientôt sur Facebook : ouvrez l’œil (le plus beau et le plus habile) !

© ema dée

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Pour avoir des infos sur l'évènement SoBD des 4, 5 et 6 décembre 2020, Halle des Blancs Manteaux - Le Marais, c'est-à-dire dans des conditions respectueuses des règles sanitaires ses expos, ses tables rondes, ses conférences, ses ateliers, ses rencontres signatures, ses artistes et éditeurs-trices exposants-tes, les auteurs-trices et le pays invités-tées d'honneur, etc... rendez-vous sur la page Facebook ou  sur le site du salon : https://sobd2020.com/ 

        Affiche (extrait) ©Willem ©SoBD

mercredi 29 juillet 2020

L'autoédition de livres en textes-images continue... et que d'histoires en perspective !

Après une activité artistique ralentie, voire modifiée, durant quelques mois par la force des choses, ma création de livres en auto-édition reprend et continue son petit bonhomme de chemin éditorial. Cette activité particulière, parce que placée dans mon parcours à cheval entre le mot et l'image, l'art, l'artisanat et la communication, est inaugurée en 2013 et 2014 ; je la reprends en 2019, après plusieurs années d'interruption consacrées à des formations qui ont été l'occasion pour moi d'affiner, en particulier, mes méthodes quant à la conduite de bout en bout d'un projet créatif graphique et littéraire. 


Je le rappelle, mes toutes premières publications (Extraits de filles et Peurs : Images & Textes) qui feront dès que possible l'objet d'une actualisation (de contenu et/ou de maquette intérieure et extérieure) ont jeté les bases d'une envie créative qui se déploie d'abord, à travers la collection Horlart : le dessin de petit format, la série thématique, la technique graphique renouvelée, les variations de ton, de style ou de genre narratif selon le sujet de société (traité en filigrane)... 

La collection est née de l'envie de travailler concrètement de jolis objets, inédits dans ma création et fondés à la fois sur des liens textes-images privilégiant un certain "décalage", l'écriture créative et le dessin à contraintes en couleurs et en noir et blanc.  Parce que je ne suis pas une spécialiste en matière de maquette, je privilégie des compositions épurées, allant à l'essentiel, et qui cherchent un équilibre harmonieux entre les éléments iconographiques, graphiques et textuels de chaque publication. 

(Pour se rendre visible et accessible par les internautes, ma création livresque s'appuie sur les possibilités et les potentialités offertes par les sociétés spécialisées dans l'auto-édition, chaque recueil disposant de son propre espace de présentation en ligne. Enfin, grâce au système d'impression à la demande, je peux gérer facilement mes micro-stocks de livres.)


La collection Horlart, c'est par conséquent, dans des objets à lire carrés et de petit format (15 cm x 15 cm), présenter un ensemble d'images unies par un lien thématique et graphique (et que j'appelle séries) associées à de textes (récits poétiques en prose, poème unique,  micro-nouvelle, portraits et autres formes littéraires brèves) écrits ou réécrits pour les besoins de l'édition. La collection a aussi à cœur de valoriser un autre accès au texte littéraire, la lecture à voix haute : je  propose, pour chaque publication, une petite surprise audio accessible avec un flashcode placé à la fin de l'ouvrage ; le texte lu est hébergé sur ma plateforme d'écoute Lis-Moi Tes Mots.

La collection Horlart s'est enrichie d'un quatrième livre intitulé On veut de l'amour : 16 récits brefs et quelque peu mélodramatiques, dont voici une présentation en 13 images. Retrouvez le commentaire les concernant sous l'animation en .gif :


1 - Série d'origine dessinée au feutre (et au feutre pinceau) au fil des jours du mois de février 2018,  sur des feuilles de papier carrées de 9 cm x 9 cm ; 2 - Extrait du texte du récit bref et poétique rédigé en février 2020 et intitulé Un + Deux = Trois ; 3 - Je reprends le dessin de mes 28 personnages qui  accompagneront les textes, je change de support et pour colorer mes cœurs verts et roses, je remplace le feutre pinceau par des crayons de couleur  ; 4 - Une figure féminine terminée qui se retrouvera à la page 7 du recueil ; 5 - Je fais mes premières recherches pour le titre initial choisi : Doux - amer  (ou Doux Amer) ; 6 - Tous les nouveaux dessins sont terminés et cette étape me remplit de joie à chaque fois ; 7 - Impression du chemin de fer du projet comportant 64 pages, 16 textes et 32 images ; 8 - Mise en page d'un récit avec ses deux images en vis-à-vis ; 9 - Une maquette d'essai est réalisée, toutes les pages sont reliées entre elles, je peux mieux apprécier l'harmonie de la composition d'ensemble ; 10 - Une seconde recherche pour un second titre : On veut de l'Amour ; 11 et 11 bis - J'hésite, je réalise deux  couvertures d'essai ; 12 - Le livre est quasi terminé ; le choix du visuel de la couverture et du titre du livre est arrêté, les textes ont été relus et corrigés, les images mises au net. À ce stade, je commande à la société The BookEdition un exemplaire de mon livre qui, en quelque sorte, me sert de BAT (bon à tirer). J'ai hâte de découvrir le résultat final !


Confidences, confidences... Je profite de ces instants propices à la confidence pour écrire quelques mots sur le choix du thème : l'amour. Ce n'est pas du tout un hasard si les dessins comme les textes d'origine ont été faits durant le mois de février. J'ai tendance à suivre les événements, anniversaires, fêtes et célébrations du calendrier. Ils sont comme des rendez-vous au cours desquels ma création qui se soucie peu, en général d'aborder des thèmes porteurs (d'autres diront peut-être bateau ou tarte à la crème), s'astreint, pour le plaisir et le défi,  à réfléchir à ce que ces dates qui concernent tout le monde  — à priori — lui inspirent comme formes, histoires ou projets singuliers. Ces célébrations sont des appels à me connecter à une pensée que je suppose collective, mais pas unique et c'est justement l'idée, proposer DES regards sur un même sujet. 

Du 14 février au 13 septembre, le Musée de la Vie romantique propose un parcours d'exposition réunissant quarante œuvres contemporaines autour du thème du cœur et du sentiment amoureux... comme quoi, le sujet inspire toujours et a encore de beaux jours devant lui ! 

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Pour découvrir toute la collection Horlart, rendez-vous ICI

Pour découvrir ma démarche de projets autour de l'objet livre, rendez-vous  

Pour découvrir la première version des textes et les propositions de lectures à voix haute qui les accompagnent, rendez-vous PAR LÀ. Vous découvrirez en particulier le poème supplémentaire suivant : https://soundcloud.com/user-492317834/on-veut-de-lamour-loeil-et-la-toile

© ema dée

mercredi 22 juillet 2020

Déconfinement # 10 : Mon imagier du confinement - Une Clé USB au Feutre

Je me disais ce matin que je pourrais continuer d'écrire et publier mes textes particuliers, chaque mercredi sur une durée indéterminée, car ne sommes-nous pas entrés/ ées dans une période "particulière" à durée indéterminée ? Une période en équilibre entre le confinement et le déconfinement suite à la pandémie de Covid-19 ? Continuer d'écrire pour continuer d'archiver, consigner les pensées, les évènements, les petits riens, à la manière d'une vigie ou d'une "tour de garde" ? Avec le décalage entre ce qui a été et ce qui est...
 

Hier, je me promenais dans une sorte de parc moyen, installé depuis quelques années à peine à l'est de la ville où je vis. Installé ? Érigé plutôt, quasi sorti de terre à partir de rien, en bordure de son plus vieux quartier vieux et pas "ancien", notez la nuance —, c'est-à-dire qu'il est pris entre un ensemble de barres HLM et un tout nouveau quartier avec commerces de proximité et habitations toutes colorées, pourvues de balcons, hauts, verts et privés.

Différents espaces prévus pour anticiper et contenter toutes les demandes composent cet espace : un parcours pour les joggers, plusieurs aires de jeux pour les 1-10 ans, des pelouses fraîchement tondues où méditer, des herbes folles, des arbres, un petit cours d'eau, ses poules, ses canards, pour la biodiversité, enfin, pour les adeptes de la bronzette citadine, des chaises longues, rivées au sol et orientées plein Sud. Donc, hier, je pars en balade et traverse ce parc ; à un endroit, il y a des jardins, petits et clos, mais qu'il est possible de visiter à condition de faire preuve de respect ; ce sont plusieurs parcelles entretenues, paraît-il, par des employées/és d'une des grosses sociétés sises dans ma ville. 

Ici, poussent, parfois à la diable, des légumes, des arbustes et des fleurs des roses, de couleur blanche ou jaune le plus souvent. Un petit jardinier bossu est là, je ne l'avais pas vu, qui me parle, m'invitant — me forçant presque — à sentir les fleurs jaunes de son rosier. Un peu chétives, me dis-je, en acceptant de bonne grâce de m'en approcher. Ah ? On peut toucher ! Bien sûr, sinon quel intérêt ! (De se casser la paillasse ?) Il m'assure que les jaunes sentent particulièrement bon, je lui soutiens que l'odeur est intéressante, cependant, les roses de l'arbuste voisin, des blanches tout en pétales au toucher soyeux, ont un parfum, elles. 

Perplexité de l'homme dont je comprends de moins en moins le discours. Sa peau tannée et cuivrée ressemble à du cuir vernis,  ses gestes sont lents, économisés. Le bonhomme est aimable — un peu pressant quand même. Je consens à sentir ses roses avec plus de conviction ; mais bon, avec le masque et la distance de sécurité...  Je me contorsionne, j'étire le cou, me hisse presque sur la pointe des pieds : j'imagine une fragrance plus que je n'en fais la véritable expérience. L'homme est tout de même bien content ; je le remercie et le félicite comme il se doit pour son ouvrage, il marmonne un truc et se détourne, s'éloigne comme si je n'étais déjà plus là dans son horizon de rencontre ; c'est comme si j'avais approuvé les centaines d'heures qu'il a certainement passées dans sa parcelle de 2 m sur 2 m 30, penché, préparant la terre, l'ensemençant, l'arrosant, coupant ici, faisant des boutures là, bichonnant son lopin, dans l'attente... jusqu'à voir se manifester la beauté capiteuse de la nature en petits bosquets de fleurs jaunes et parfumées. Mon attention même sceptique lui aura suffi.

Cette rencontre a été brève. Relater ce moment à travers l'écriture l'étire dans le temps d'une façon bienvenue, en fait un petit événement personnel, plein d'une cocasserie qui m'émeut, je dois l'avouer. Illustrant cette impression que je vis actuellement des instants de grâce importants. C'est comme ré-explorer le vivre les uns à côté des autres (ou avec les autres). Je m'égare, sans doute. 

En parallèle de mes balades, de mes incursions brèves du dehors, je reprends mes excursions prolongées dans le dedans ; je retrouve les projets créatifs, mis sur pause probablement au diapason de la vie quotidienne confinée et de l'activité urbaine suspendue... Poursuivre les choses comme si de rien n'était, cela n'aurait-il pas signifié faire l'autruche, refuser de vivre la "crise" dans son propre corps — et dans sa propre maison ?... Je retrouve mes projets de livres, de petits objets qui articulent autant que possible, chacun à leur manière, l'image et le texte, comme les deux faces complices et loquaces d'une subjectivité qui se réveille. À travers la possibilité d'exposer mon travail plus ouvertement — une perspective plus que réjouissante ! — je me mets à penser plus sereinement... à un lendemain...

Je souhaite à toutes et à tous d'expérimenter à nouveau, autant que faire se peut, des états de grâce, dans la rencontre (sécurisée) de toutes les manifestations de l'Autre !

Et c'est ici, avec ces quelques mots, que je clos mon journal du déconfinement et mon imagier du confinement. (Soyons confiante mais avisée et à l'écoute de sa propre sensibilité, disons : pour le moment.)

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Un espace entre les doigts (Une Clé USB au Feutre)


Jour 15  (31/ 03/ 2020) : il n'y a pas d'erreur dans la date ; j'ai voulu marquer à ma manière une répétition ou alors une faille temporelle et temporaire de ma capacité à mesurer le temps qui passe. Je célèbre l'audace - mon audace ! : je dessine à l'encre sans tracé préalable !
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 Rappel : Mon "journal" étalé sur trois mois environ a commencé ICI.

© ema dée

mercredi 15 juillet 2020

Déconfinement # 9 : Mon imagier du confinement - Un Pot-Pourri au Feutre

Nouvelle et avant-dernière publication de mon journal de confinement-déconfinement.


Je rappelle le projet, la démarche — l'intention. Faire se croiser des émotions et pensées du moment avec des réflexions et des images notées sur un carnet d'esquisses durant les mois de mars, avril et mai 2020. Et ce dans le but d'appréhender et de laisser des traces personnelles d'une époque particulière, déjà révolue pour certains-es, en latence ou comme ancrée à l'intérieur pour d'autres : la pandémie de Coronavirus ou Covid-19 et l'obligation imposée à toutes les échelles — internationale comme individuelle — de limiter, interdire ou reporter tout déplacement ou regroupement en masse de personnes. 

Rituellement, en général le mercredi, quand le besoin de partage se fait sentir, je donne à lire un écrit réflexif aux contours poétiques auquel j'associe une page extraite de mon carnet. Le dessin, volontairement lâché, au feutre, au crayon de papier ou de couleur, s'est amusé, au cours de la période, à "inventorier" les objets d'un quotidien confiné ; mon regard s'est fait plus attentif à l'ordinaire — et qu'à l'ordinaire.

Je suis de ces personnes qui avancent prudemment, du confinement des gestes, du corps, de l'esprit et de l'activité au déconfinement de l'émotion, de l'espace de créativité et des projets. 

Ainsi, après avoir gribouillé dans un lieu confiné — mon carnet de Moleskine —, après avoir réfléchi dans un lieu confiné — ma chambre transformée en atelier temporaire —, après avoir effectué des trajets confinés, de ma maison à l'hypermarché et de l'hypermarché à ma maison, je vais. D'un point précis à l'autre. Toujours un peu plus loin. De plus en plus longtemps. Par exemple, ces jours derniers, j'ai fait un court mais riche séjour en Bretagne du Nord avec mon mari ; j'ai visité une partie des Côtes d'Armor ; de Perros-Guirec au Cap Fréhel, quels paysages changeants le long du littoral ! D'étranges pierres et blocs de granite rose sculptés par le ressac ; des falaises verdoyantes, et au-dessus, une "steppe" fleurie d'espèces hérissées de pointes à perte de vue. Jusqu'au bleu scintillant de l'eau frémissante, jusqu'au bleu limpide du ciel azur... (Un sentiment violent de liberté m'a saisi la gorge alors que nous filions sur l'autoroute du retour).   

Pouvons-nous respirer librement à présent, mère Nature ? Pas vraiment et pas partout. Ou avec ses deux yeux grands ouverts, tous ses membres bien réactifs — à distance — et un masque (ou deux) à portée de mains. À un endroit, nous essuyâmes une véritable attaque d'abeilles, de guêpes et autres insectes vrombissants et piquants. Seuls, à l'orée d'un bois inconnu, j'ai craint pour nos vies. À un autre, nous observâmes le vol surexcité de plusieurs dizaines d'hirondelles. Je m'interrogeai sur une telle frénésie collective au-dessus de nos têtes ; nous traversions alors un hameau chargé d'hortensias mauves, roses ou bleus. À un autre encore, nous observâmes des nids d'oiseaux au fil d'une randonnée sous le soleil et le vent armoricains ; nous écoutâmes des chants, des cris, le concert de tout un peuple ailé, tranquille, heureux : sauvage ! Mais, nous observâmes inquiets , les plages soyeuses ourlées de vert acide... Plus loin, enfin, je me glissai dans une eau claire et fraîche, sans danger apparent, titillant du bout de l'index les anémones aux reflets blancs et au corps mou et bordeaux.

Dinan... Saint-Malo, Dinard l'Ille-et-Vilaine attendront ;  une dernière étape cependant : la traversée à grande vitesse de la forêt de Paimpont (parfois identifiée à la forêt mythique de Brocéliande) ; elle révèle sa beauté sauvage et inspirante, en dehors de ses sentiers battus et rebattus ! surtout en cette période de l'année. Évidemment. Nous vîmes de loin ses hautes fougères ; nous reviendrons rencontrer ses habitants centenaires. Bientôt.

D'un point précis à l'autre, donc. Auparavant, je visite un peu la Touraine, file le long de champs de tournesols qui m'émerveillent, m'arrête pour suivre un chemin bordant le Cher qui me conduit au très singulier Château de Chenonceau : il "vit les pieds dans l'eau". Une bien jolie balade entre amis et entre amoureux (à la veille d'un grand évènement personnel) ; le soleil est au rendez-vous, les feuilles des multiples arbres s'illuminent, la terre boisée transpire, nous croisons des marcheurs, nombreux — trop à notre goût —, ça sent les vacances, non ?

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8 - La végétale collectionnite (Un Pot-pourri au Feutre)

Jour 6 (22/03/2020) : J'ai eu une interruption involontaire du sommeil (ou IIS): à ce moment-là, des idées fusent ; des questions trouvent leur résolution ; je suis en harmonie avec moi-même, comme connectée à ma vraie nature.

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© ema dée