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mercredi 7 février 2024

Premier numéro de PINACOTEXT, un fanzine qui s'intéresse à l'adaptation.

PINACOTEXT, c'est la rencontre de trois préoccupations dans ma démarche, la création à contrainte formelle, l'adaptation de textes brefs et les clins d’œil plus ou moins appuyés à des artistes contemporains ou plus anciens

La colonne vertébrale de ce nouveau projet : le geste d'ouvrir et de fermer, la liberté de déplier ou pas, l'aspect "2 en 1" ou l'idée de l'objet spécial à collectionner... Bref, une invitation carrément ludique ! Finalement, on lit en manipulant un objet  un peu différemment !

Pour découvrir plus en détails cette nouvelle production auto-éditée grand format, cliquer sur ICI ou LÀ.

©ema dée

mardi 30 janvier 2024

Coup double illustré pour une année 2024 artistique et amoureuse plus qu'olympique ?

En 2024, je fais coup double : cette année, je suis prise d'un strabisme créatif, je louche et fais deux cartes de vœux !

La démarche s'inscrit dans l'air de mon temps, celui préoccupé par la trace, la mémoire et le lien, puisque durant tout le mois de décembre, j'aurai fouillé dans mes archives graphiques à la recherche de raretés. Quand je dis "raretés", j'entends des dessins et des illustrations thématiques - d'une présence discrète, car ces travaux n'ont été publiés qu'une seule fois sur ce blog, voire pas du tout. Je les exposerai sur Instagram, ponctuellement. Comme un point de repère entre l'avant et l'après, comme un lien entre l'immatériel et le matériel, c'est-à-dire entre trois espaces distincts et connectés : les réseaux sociaux, mon blog et mon atelier de création physique. Ces images font la part belle à la composition centrée, aux scènes de groupe, au vide, au noir et blanc comme à la couleur, enfin, à l'autofiction visuelle (ou image de soi). 

*

La première carte faite à quatre mains ne déroge pas à cette règle de monstration personnelle inventée à la fin de l'année 2023. Je travaillerai à partir d'une trace graphique. L'idée du dessin m'est venue en 2022, lorsqu'il a fallu créer la carte de l'année suivante. Je me plaçais alors au dessin, avec feutre, feutre pinceau et plume, imaginant les lignes de construction d'un espace domestique semi-imaginaire, tandis que Thomas faisait le coloriste à la tablette graphique. Faute de temps, d'énergie, de conviction, le projet n'aboutit pas. 

Il renaît cependant en décembre, un an après. Et pour ce faire au mieux, tout d'abord, j'actualise mes clins d’œil à David Hockney et à ses portraits doubles d'amis-amants dans des intérieurs cosy intello-bourgeois. Puis, je précise l'ambiance   j'étire l'espace de la représentation et j'invente des matières Lorenzo Mattotti et ses représentations multiples d'une nature vibrante tout en mouvement n'est pas loin.  


 Esquisses n°1 (2024) et n°2 (2022)

La collaboration a du bon : inspiré par Thomasj'ajouterai des private jokes  ce sont ces menus détails personnels qui parlent d'une vie intime, rythmée par le rêve, nos projets et nos réalisations concrètes. Thomas se chargera de donner le ton à cette scène à la fois d'accueil et de présentation, d'attente et de sérénité, en puisant dans une palette ajustée mêlant couleurs en aplats,  motifs et matières. 

*

La seconde carte de vœux n'a été crée mais décidée. Décidée en relation avec l'ambiance générale de début d'année. Que nous réserve 2024 ? À quoi devons-nous nous attendre, encore ? Quelle malle va nous tomber sur le coin de l’œil et nous laisser à terre... sonnés.ées ? 

Plutôt que de dessiner une autre image un peu décevante car faite à l'arrache, et surtout, qui ira dormir dans le fond de mes archives pour être ressortie dans 10 ans seulement, j'ai préféré puiser dans ma réserve personnelle. C'est pile à cet endroit que je réalise que j'ai vieilli mais pas tant que ça, en fait. Les/ Mes préoccupations d'hier figurées sur le papier blanc immaculé résistent au temps, à la lassitude, au désespoir. Une image ancienne réapparaît et en pensée, je reviens au point de départ, enrichie de  l'expérience des années successives. 

L'illustration au  feutre fin et au feutre pinceau avait été réalisée pour accompagner un texte de célébration de la nouvelle année justement : un récit bref rédigé à partir de fragments d'un conte connu. La nouvelle année annoncée l'était en demi-teinte, partagée que j'étais, à l'époque, entre la joie de la perspective inconnue et grisante et l'inquiétude devant l'inconnu... quelle armoire va me tomber... 

C'est itou aujourd'hui, la demi-teinte, le petit sentiment de maîtrise personnelle, l'envie de partage et de conquêtes de nouveaux territoires ET l'écartèlement entre des pensées contradictoires : faut-il se réjouir ou s'inquiéter de... ? 

 On verra bien !

©ema dée ©thomas

lundi 22 janvier 2024

Le très bel anniversaire de Thomas, super héros du quotidien !

Cher Thomas,

Pour ton anniversaire, l'envie m'est venue de rendre hommage aux qualités qui font de toi mon super-héros au quotidien. Voici quatre de tes pouvoirs exceptionnels, que tu utilises brillamment contre la Laideur protéiforme du monde contemporain  :


Pouvoir n°1 : Équilibre. Un pouvoir de tout premier ordre, en effet ! Car plus que jamais aujourd'hui, il faut en avoir un solide. C'est ce sens inné qui t'aide à trouver le juste milieu entre les coups de gueule bien légitimes et le sincère ravissement que suscite les petits moments intimes et riches. Ce sens inné bonifié par la tendresse des tiens qui te permet de sentir la pesanteur des choses les plus essentielles. 



Pouvoir n°2 : Patience. Une qualité bien mal distribuée ; mais tant mieux, ça a fait plus pour toi qui sait en user avec discernement et l’œil circonspect. Elle reste intacte, quand bien même les éléments extérieurs rageurs et douteux sans cesse la malmènent. Increvable chez toi, ce pouvoir fait des envieux !
 

Pouvoir n°3 : Concentration. Grâce à cette grande capacité acquise dès l'adolescence, tu rends ton corps imperméable aux attaques de vilaines  et méchants en tous genres : discussions vaines ou circulaires, gestes mous ou tendancieux, promiscuité malodorante ou bruyante, rencontre inopportune ou contexte professionnel avilissant et goûts discutables. 


Pouvoir n°4 : Force. Très utile, tu la manies avec souplesse partout dans la Ville. Rien ne fait dévier ta marche agile et résolue vers son seul but, le Bonheur authentique ; tes mollets d'acier et des bras à toutes épreuves s'associent pour relever tous les lourds et pentus défis de l'existence !

Un bel anniversaire, à toi, mon super-héros !

 ©ema dée

vendredi 12 janvier 2024

Laboratoire d'hiver... des idées concrètes plein la besace : des livres, des affiches-zines, des images !

L'année 2024 à peine dessinée est déjà balisée au fil des mois à venir par la réalisation (le souhait de réaliser) de plusieurs projets créatifs : livres uniques, livres imprimés, fanzines et projets d'exposition (à confirmer, cependant). Rien que cela, me direz-vous ?! Et oui, j'ai comme peur de m'ennuyer ! 

Les idées affluent. Sont-elles bonnes ? Sont-elles excellentes ? Il faut s'y mettre pour mieux les jauger.

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Premier projet de l'année déjà en cours l'année précédente : L'Abécédaire et le Livre fait main

Comme il revient régulièrement et sous des formes variées, je dirai que c'est plutôt une pathologie  grave  car L'Abécédaire atteint diversement l’œil en même temps que la main de l'individu. Donc, je reformule. 

Premier thème de recherche en laboratoire : Le trouble de l'énonciation visuelle ou pathologie grave de L'Abécédaire.  

Traitement envisagé et déjà à l'essai : En faire au moins de trois sortes  achevées dans l'année  afin de convenir d'un remède efficace, un genre de matrice, pour anticiper et prendre soin de toutes les souches créatives pernicieuses en gestation.  

Résultat : des images libres, mieux, un jeu de lettres dessinées et reliées, auxquelles sont associés et placés en vis-à-vis des verbes d'action, ayant tous trait à la pratique graphique et plastique. En guise d'essai de cure n°1. 

Le sujet est instamment invité à mettre en scène un premier livre unique, Grain Noir/ abécédaire, à partir de la manifestation d'une rechute sévère en octobre dernier. L'usage sur papier blanc de divers outils, feutre, feutre pinceau, plume, Rotring et stylo à bille, a permis d'équilibrer temporairement le besoin exprimé chez le sujet artiste autrice d'une matérialité noire sensible

Cependant, le sujet artiste autrice se frotte les mains fébrilement devant son atelier et son premier médicament, partagée entre le contentement douillet et l'insatisfaction grimaçante : la cure suit son cours, mais la pathologie a muté, développant des souches imprévisibles et inédites, malheureusement.

Le sujet artiste autrice reste par conséquent en observation. 

© ema dée

mercredi 3 janvier 2024

31 jours plus tard... je me souviens de mon Salon SoBD.

Du 1er au 3 décembre derniers, j'ai participé à l'édition #13 du Salon SoBD (Halle des Blancs Manteaux, Paris 4ème) en tenant à nouveau un stand dans l'espace dit Underground. Les défis personnels que je me suis lancés depuis ma première participation à cet événement culturel et artistique parisien sont progressivement relevés. Les voici :

1°) Mieux PRÉSENTER mes autoéditions.

Sur mon stand et oralement. Comme j'écris beaucoup et que je suis lue (un peu), je me figure que tout le monde sait aussi bien que moi ce que j'ai dans la tête, ce qui m'anime et pourquoi je fais ce que je fais de cette manière. GROSSE erreur ! Simplement parce que tout le monde est pris, souvent au moment des fêtes ou des festivals et encore plus fortement que d'ordinaire, par/ dans un maelstrom d'images, de messages, de sollicitations visuelles, audio... Moi-même, je me perds dans le suivi d'autres artistes, les parutions éditoriales, les créations plastiques et artisanales qui se montrent tous les jours même en dehors d'événements ponctuels et de rendez-vous incontournables.  

Donc, j'ai fait un effort oral ET visuel cette année à partir d'un constat. J'ai réalisé que, involontairement, je poursuivais plusieurs lignes directrices à l'intérieur de mon projet d'édition de livres en textes-images. À savoir, une veine "Prose", une veine "Portrait", une autre que j'ai baptisée "Réflexion et humour" et enfin, une quatrième "Très graphique". C'est une mini-épiphanie permise par la répétition d'un laïus de présentation réfléchi et la possibilité de le faire devant un public au fil des années. 

(Cliquer sur le lien, pour accéder au catalogue de mes autoéditions, disponibles — en les commandant directement ou via les librairies—, consultables en ligne uniquement et/ ou épuisés — temporairement.)

Autre erreur : penser que tout le monde découvre mes créations livresques ou qu'il faut proposer un discours un peu innovant ou détaillé, à chaque nouvelle rencontre. En fait, chaque rencontre crée sa propre bulle d'échanges  c'est ce qui rend possible et attrayant la tenue d'un stand pendant trois jours consécutifs. Aucun moment n'est tout à fait le même, en effet : il faut parfois beaucoup s'investir, accompagner un public. Et à d'autres, il convient de le laisser aller seul vers les livres ; ainsi, il les manipule à sa guise   il se les approprie à sa manière.

Cette année, j'ai eu la surprise de parvenir à me détacher progressivement d'un affect vis-à-vis de mes premières autoéditions. Je les envisage davantage comme des jalons concrets, dans une démarche clarifiée, au lieu de continuer à les voir comme mes "bébés". Ce détachement inédit autorise in fine une prise de hauteur appréciable, car je peux désormais, plus facilement, évoquer des principes de création  voire, théoriser ma propre pratique de l'autoédition.

2°) ÉCHANGER avec des exposants.tes, éditeurs. trices et/ ou artistes.

Défi posé il y a deux ans et en partie relevé cette année ! Écartelée d'ordinaire, entre la tenue de mon stand et la découverte curieuse de ceux des autres, je suis empêtrée dans une organisation rigide qui me frustre. Lors de cette 13ème édition du Salon SoBD, je me suis autorisée à vivre cet écartèlement comme un sentiment naturel, simplement parce d'autres comme moi tiennent aussi leur stand seul.e.s. Comment font les autres ? Ils.Elles se débrouillent. Alors, j'ai fait de même ! 

Résultats de ce bel écartèlement : de nouvelles acquisitions ou projets d'achats de livres illustrés ; des conseils reçus sur des lieux ou des artistes à découvrir et inscrits scrupuleusement dans un carnet que je suis certaine de consulter ; des échanges d'idées suite à des réactions extérieures face à ma production ; la possibilité de parler d'une conception personnelle de l'autoédition et sur sa place au sein de la carrière artistique que j'espère pouvoir construire et établir, durablement ; enfin, quelques ouvertures inattendues.  (Seul l'avenir dira si elles sont bienvenues.)

3°) Proposer au moins une PRODUCTION inédite.

Un salon/ la perspective d'une exposition sont comme un moteur ; je l'ai plusieurs fois écrit. Je persiste et je signe !

Le blog, un compte ou un profil sur les réseaux sociaux, sont déjà une motivation à penser/soigner/ peaufiner la forme de son discours, de la monstration de soi à travers ses œuvres, ses coups de cœurs, etc... Ils les conditionnent, auraient tendance parfois à les formater, certes. Néanmoins, ils obligent à organiser ses interventions publiques virtuelles. 

J'ai réussi à présenter, à l'oral ET visuellement, une nouvelle création aboutie : PINACOTEXT #1 - La Chevelure. Pour plus de détails, consulter les articles suivants : Work in progress - 2  ou Préparation en tous sens de mon salon.

Je suis aussi parvenue à réfléchir en actes à un accès plus immédiat aux dessins et aux illustrations issus de mes livres, grâce à la création de catégories de reproductions. Un cercle vertueux se met en place, en effet : des images ont permis de créer des livres ; des livres permettent de créer de nouvelles images, qu'il est convenable d'appeler des "œuvres numériques" qui se déploient elles aussi sur support papier.

4°)  Porter haut les autoéditions TRÈS GRAPHIQUES

Pour rappel, il s'agit des albums en noir et blanc présents dans mes publications. Un exemple de ces autoéditions TRÈS GRAPHIQUES : In The Black Trees.

Au sein de ces créations livresques imprimées, s'affirme une veine plus intimiste, volontiers plus personnelle, autant dans les formes plastiques et graphiques convoquées que dans les sujets d'écriture. Le noir et blanc est donc développé comme un univers foisonnant, et coloré à sa façon. Dans celui-ci, sont tout particulièrement recherchés différents niveaux : matières, effets, contrastes, vibrations, rencontres... 

Ces niveaux sont inspirés par de multiples influences : parmi elles, les débuts de la photographie comme la photographie contemporaine (numérique et argentique), les estampes (et leurs reproductions mises à mal/ réarrangées par le temps), les œuvres artistiques du 19ème siècle, des avant-gardes et modernes... (Un article sera peut-être consacré à ces influences.)

La pertinence de cette orientation s'est confirmée au fil des échanges justement. Autant l'assumer encore plus pleinement à l'avenir !

Affaire à suivre....

© ema dée  © thomas cloué (photo 1)

jeudi 30 novembre 2023

Le salon : comme étape et perspectives

Cher.ères tous.tes,

Je participe pour la troisième année consécutive au Salon SoBD, "toute la BD au cœur de Paris". Une aventure personnelle et collective, entre création artistique et logistique événementielle ou éditoriale et qui, étonnamment, dure, s'étoffe, s'organise au sein de ma démarche artistique.

Régulièrement, à la veille de ma participation à un événement artistique et/ ou culturel dans lequel et grâce auquel je vais pouvoir (m') exposer, surtout là où je "détonne" un peu, je me mets en perspective : ma démarche, mes objets, mes envies sont passés au crible de leur pertinence et de leur légitimité au sein d'un groupe

 
Préparer le salon ou s'organiser visuellement.

C'est une sorte d'exercice intellectuel, un bilan tout comme une projection qui se développe rituellement sur trois niveaux : 

ce qui a été fait et dans quelles conditions ;

ce qui pourra être fait à partir de l'existant - en mieux, en différent, en plus ambitieux ou plus modeste ;

et ce qu'il advient du projet de départ. 

D'une manière générale et au commencement, l'autoédition a toujours été considérée dans une globalité, c'est-à-dire, qu'elle n'est pas un fin en soi, elle vient plutôt répondre à des besoins créatifs et de formation personnelle spécifiques ; elle n'est donc pas amenée à s'installer comme pratique définitive. C'est une modalité de ma création grâce à laquelle je peux concevoir des objets consultables et donner forme, grâce à un support physique, à des relations entre le texte bref et des images variées. 

Ces relations ne sont pas anodines ; elles travaillent des deux côtés, textuel et iconographique, le sous-entendu. Plus précisément, il ne s'agit pas uniquement de recueils en textes-images, mais d'un ensemble cohérent de liens qui s'établissent d'abord intellectuellement : les images et les textes deviennent des modalités d'une recherche-création qui ne parvient pas à choisir des mots, construire des phrases, sans penser à leur incarnation visuelle ou les images sans convoquer presque naturellement leur résonance verbale. 

 
Préparer le salon ou anticiper le réassort. 

    Remarque : Jusqu'à la création de la nouvelle "collection" de publication papier PINACOTEXT, tournée résolument vers l'adaptation (littéraire ou non), l'image est conçue comme une sorte de tableau et le texte comme un fragment : les deux peuvent (sur)vivre sans la proximité de l'autre. Cependant, s'ils sont mis en vis-à-vis grâce au livre et à la mise en page, de cette proximité, peut advenir, du moins je l'espère, un troisième élément  nouveau, incontrôlable, sensible  qui appartient et ressemble à chaque futur lecteur et à chaque lectrice à venir.  (Entre les mots et les images, un espace à habiter/ ressentir...)

Le Salon, dans cette réflexion et ce choix de porter quasi seule la responsabilité d'animer et de promouvoir des livres, aujourd'hui au nombre de dix  plus un concept nouveau dont la terminologie et la catégorie précises restent à déterminer  est un lieu où se poser et s'exposer. Une étape, oui : il faut se montrer, être vue, jouer le jeu de la publicité entendue comme ce moment où l'on rend public un objet culturel (le livre), jouer le jeu de l'échange avec des visiteurs avertis ou non, enfin, jouer le jeu de la réception et de la concurrence en direct, comme cela se passerait pour une oeuvre d'art graphique dans un salon d'art visuel. De cette étape, je tire un ensemble de réflexions objectives et subjectives : au-delà de la fatigue inhérente à l'exercice de la monstration qu'impose la tenue d'un stand dans un salon, se tracent des lignes perspectives. 

 
Préparer le salon ou renouveler les collections.

Ainsi, le salon ouvre et ferme, et celui-ci en particulier. Dans mon cheminement prospectif et expérimental, le Salon SoBD interroge annuellement, en effet, la teneur narrative des livres que je propose et je crée : comment travailler l'image-tableau et le texte-fragment dans leurs relations aux formes narratives "classiques" de la bande dessinée en bandes et en phylactères, en tout premier lieu ? Faut-il interroger, dois-je interroger, l'adaptabilité de mes choix narratifs à un modèle plus attendu ? Ou au contraire, à partir de cet espace particulier qu'est le texte illustré, non attendu, bâtard ou dans l'entre-deux, serait-il plus intéressant de proposer une arborescence de propositions ? Et advienne que pourra ! Toutefois, quel serait le but ontologique d'une création marginale ou qui se marginalise volontairement ?

Une de perspectives qui s'ouvre dès les premiers instants de la préparation du salon SoBD est celle de la reproduction de mes œuvres graphiques contenues dans mes autoéditions et organisées sous l'effet du dispositif  "projet". Par exemple : en "manipulant" les toutes premières images à l'origine de la création du livre en prose illustrée On veut de l'amour, je remarque qu'il est possible de raconter d'autres histoires, des récits nouveaux — parallèles, alternatifs — non "assujettis" à la présence d'un texte écrit. Et se mêle à la possibilité d'étendre les explorations textes-images/ images-images/ textes-textes par la reproduction, la recherche de supports papier et de formats différents qui valorisent le trait, les couleurs, la technique, le sujet. 

 
Préparer le salon ou prévoir des produits dérivés.

Récits graphiques sans textes ? Graphzines ? Œuvres artistiques louchant vers la Figuration narrative, le Pop-art ? Livre d'artiste conceptuel ? Revue expérimentale ? Multiples ?.. Bien des formes possibles dans une belle affaire à suivre...

©ema dée

jeudi 16 novembre 2023

Préparations en tous sens de mon prochain salon SoBD...

Chers. ères internautes,

Je participe avec enthousiasme à la 13ème édition du Salon SoBD qui se tiendra les 1, 2 et 3 décembre prochains à la Halle des blancs Manteaux, Paris 4ème.  Invitée d'honneur : la Bande dessinée venue d'Espagne ! 


Qui dit participation collective dit préparation personnelle, en amont autant que possible, même si je pense que l'on ne peut pas tout maîtriser, tout prévoir ; rien ne préserve de quelques ratés au passage. Contre les sempiternels pics d'anxiété aiguë signes d'une agitation autant physique, émotionnelle qu'intellectuelle et leur lot de questions circulaires qui m'assaillent invariablement dès qu'il faut préparer un stand, un tant soit peu attrayant, varié et personnel Vais-je avoir assez de stocks de livres ? Recevrai-je mes derniers produits print suffisamment à temps ? Seront-ils de la qualité attendue ? Vais-je dédicacer ou non et comment ? Livres à plats ou sur des présentoirs ?... : souplesse, respiration posée et méga-réactivité.

(Créativité et flexibilité, m'entendez-vous ?)

Car si je ne parviens pas encore à honorer complètement mes propres deadlines je crois déceler chez moi au fil du temps une tendance à échouer dans la lutte contre la coercition représentée par un agenda bien calibré , je m'emploie à penser la création comme un organisme vivant qui, dans le même temps, se nourrit de lenteur et précipitation. Réflexion, recherches dans la matière, objets finis et projets d'objets en cours forment un corps avec ses racines, son tronc, ses branches, irrigué par des nutriments de natures variées. Ces nutriments, ce sont notamment les leçons que je tire de mes expériences d'expositions individuelles et de salons précédents. Ces racines sont ajoutées à mes expérimentations singulières, toutes les explorations, expérimentations et situations créatives offertes, rencontrées, et observées, au cours de mes études et le suivi d'ateliers encadrés par des professionnels.elles de l'image artistes, illustrateurs.trices, auteurs.trices de livres illustrés, graphistes... avec lesquelles je compose, construis, reconfigure, projette...

(Je suis un château dans une forteresse...)


Donc, au jour d'aujourd'hui (j'aime cette formule en usage quoique incorrecte car elle joue sur une redondance qui me caractérise bien), seront à à découvrir et/ ou redécouvrir  sur le stand Ema Dée/ Espace Underground :

– mes autoéditions de livres en textes-images (collection Horlart et hors collection) : un ensemble qui s'est enrichi de trois nouvelles publications, éditées à l'automne dernier pour Un bestiaire sage et Médaillons pop, au printemps 2023 pour In the Blacks Trees ;

– de belles images en petit et moyen formats : qui dit livres en textes-images dit oeuvres ou (planches) originales à collectionner. Je poursuis et développe une seconde ligne de création, celles des objets dérivés faits main, en particulier, la reproduction de dessins ou d'illustrations en couleurs ou en noir et blanc. C'est là une activité qui est propice à la recherche en tous sens dans les supports, les formats, les modes d'impression, le choix de mettre du texte ou non... comme dans la forme des objets proposés : badges, portfolios, cartes postales, tirés à part, ex-libris, affiches...

 

En parlant d'affiches, à l'occasion de ce salon, sera présentée le #1 d'une nouvelle série de créations en texte-image sur papier, PINACOTEXT, dont j'ai déjà parlé dans d'autres posts publiés cette année. C'est la concrétisation lente mais réelle d'une envie de m'attaquer et de présenter sur un support plus grand, la mise en image de textes classiques ou contemporains remaniés, réécrits ou pas, dans et pour ce cadre-ci adaptés donc. 

(Que cette concrétisation soit durable et fructueuse !)

La chevelure, à l'origine texte bref de Guy de Maupassant questionnant l'attachement morbide, c'est pour moi une affiche-poster + un récit illustré + 4 tirés à part questionnant l'attachement morbide mais source d'un plaisir personnel profond ;  l'idée de proposer ces belles images en couleurs imprimées par mes soins permet de continuer à jouer avec la référence artistique, la composition, les couleurs, le dessin au trait déjà présents et problématisés dans l'objet print et les modes de fabrication de séries graphiques.

©ema dée