https://nsm09.casimages.com/img/2019/02/24//19022407010214387616133952.pnghttps://nsm09.casimages.com/img/2019/02/24//19022407010314387616133956.pnghttps://nsm09.casimages.com/img/2019/02/24//19022407010314387616133953.pnghttps://nsm09.casimages.com/img/2019/05/18//19051811441314387616242579.pnghttps://nsm09.casimages.com/img/2019/02/24//19022407010314387616133954.pnghttps://nsm09.casimages.com/img/2019/02/24//19022407010214387616133951.png


lundi 19 décembre 2022

Ema Dée était à SoBD 2022 avec ses livres tout carrés et ses belles images !

Pour ne pas déroger à ma règle de conduite créative et réflexive personnelle, c'est-à-dire consigner ici les menues aventures qui embellissent ma vie d'artiste, je reviens en quelques lignes sur ma seconde participation au Salon SoBD, le Salon de la Bande dessinée à Paris, Halle des blancs Manteaux dans le 4ème arrondissement. 

Dans un autre post, je disais que ce sont les évènements tels que celui-là qui me permettent de me mettre réellement au travail, cela est toujours vrai aujourd'hui. Moi, ça me booste, les dates butoirs,  l'imminence d'avoir à rendre des œuvres livresques à la fois inédites et abouties, les relectures de dernières minutes, les vérifications sans fin des préparatifs, les nuits raccourcies, la surveillance à l'extrême des livraisons des colis Chronopost... — un état  de confusion et de fébrilité dans lequel se mêlent sans annonce poussées d'adrénaline et petites déprimes passagères.  

Néanmoins, la préparation de ce salon-ci aura mis plus de temps, elle fut plus intense et chronophage. La 11ème édition du salon a été riche d'enseignements pour moi ; ce sont eux qui m'ont aidée à me fixer une ligne de conduite à la fois dense et ambitieuse — je dirais même, plus professionnelle :

Plus de livres, en qualités comme en quantités, variées et suffisantes, surtout : la collection Horlart s'enrichit d'un nouveau titre, Un bestiaire Sage, et deux albums en noir et blanc viennent grossir le nombre de mes autoéditions hors collection : In The Black Trees (en avant-première) et Médaillons Pop.

Des reproductions et des dessins originaux de petit format, oui, mais présentés de manière à pouvoir être acquis sur le Salon : je privilégie l'exposition, dans des pochettes plastiques adaptées, d'une sélection d'œuvres graphiques liées à mes autoéditions. Ainsi, durant trois jours, du 2 au 4 décembre derniers, les visiteuses et les visiteurs du Salon auront pu regarder à loisir un choix d'illustrations et certains dessins sur papier reproduits dans mes livres.

Des modes de règlement différents, facilitant les transactions : l'adoption récente d'un statut d'artiste-autrice et donc l'obtention d'un n° SIRET mais "à l'essai" cependant me permet de faire l'acquisition quelques semaines avant le salon d'un petit terminal CB. Un objet qui s'avère très utile, j'ai pu l'observer en achetant moi-même des produits sur des salons d'art et d'artisanat. Acquisition pratique en étant toutefois contraignante : il est impossible d'utiliser ce genre d'appareils sans  la création au préalable d'un compte "entreprise".  

— Des constantes : l'offre en petits produits dérivés dits fétiches, badges et autocollants, aux couleurs et aux formes de ma production sortes de goodies  faits main à collectionner et la présentation, un peu à la sauvage, d'au moins, un article "hors cadre". Le salon et plus particulièrement l'Espace Underground où j'expose est le lieu bienvenu pour tester, recevoir en direct avis, conseils et remarques du public, tout ce qui me sera utile pour décider ensuite de développer ou pas certains  projets d'objets livres en textes-images, et de les mettre en avant ou pas au cours d'un prochain salon. Pour ce 12ème salon : mes boites à lire.

Cette année, il me semble qu'il y a eu plus de visiteuses et de visiteurs non francophones qui se sont arrêtés à mon stand et qui se sont baladés dans le salon. Les images originales de mes autoéditions que je décline sur différents supports et à différents prix proposent à chacune et à chacun, la possibilité d'un échange, selon son goût, son budget, son amour pour le trait, son rapport à la langue française ou tout simplement, aux mots et aux images imprimés. Les textes de mes livres jouent volontiers sur divers décalages, les sous-entendus, surfant sur des figures de style, métaphores, métonymies, euphémismes... que je peine à traduire ! D'où cette interrogation qui clôturera mon salon : "Dois-je développer une collection de livres bilingues ?"

Autre élément d'importance : les stocks de livres. Les délais de livraison soudain étirés aux mois d'octobre et en novembre ont compliqué le rassemblement des quantités espérées ; ils ont en outre précipité le bouclage d'un de mes projets qui s'est avéré défectueux à la veille de l'installation sur mon stand... car, pour gagner du temps, j'ai voulu rogner sur l'étape indispensable de vérification via le BAT ...  Ah empressement, quand tu me tiens ! Des solutions ? Acheter plus de quantités très en amont ? Arrêter la création de nouveaux livres plus tôt dans l'année ? Varier les fournisseurs et les modes d'impression ?... Mieux anticiper, quoi !

©ema dée

samedi 17 décembre 2022

Des textes et des images qui aiment les arbres dans un nouveau projet d'autoédition : In The Black Trees

La production d'objets livresques en textes-images se poursuit aussi grâce à la rédaction d'articles sur ce blog ; ils permettent de prendre du recul sur la création comme de présenter son évolution. Voici donc un nouveau post concernant une seconde création en autoédition en noir et blanc terminée à ce jour : In The Black Trees.

Souvenez-vous, il y a plusieurs années, je parlais, en créant ma page Objets livres, de projets non aboutis, interrompus. In The Black Trees fait partie de ces "projets" qui ont connu bien des vicissitudes, avant de trouver une forme concrète satisfaisante, je veux dire, bien après que l'envie de faire quelque chose ne se soit manifestée. Cela aura pris plus de 5 ans pour parvenir à mettre en avant au moins trois objets livres qui présentent assez fidèlement la relation que j'entretiens depuis mon enfance avec la Nature, et en particulier avec les Arbres. 

Ce n'est pas un intérêt de botaniste ou de poète, de nouvelliste ou d'illustratrice, de photographe — exclusivement. C'est sans doute ici que résidait la principale difficulté à surmonter : parvenir à trouver une manière littéraire, graphique et artistique d'embrasser naturellement toutes les facettes de cet intérêt personnel. Car pour moi, évoquer les arbres, c'est évoquer, par exemple, les lieux que j'ai traversés, les personnes que j'ai rencontrées, dont les visages se sont parfois effacés avec le temps, d'elles — il me reste néanmoins le souvenir d'une présence. C'est aussi évoquer des actions, des aventures à échelle humaine — une pensée enfantine, adolescente puis adulte. C'est évoquer enfin, l'arbre en lui-même, son anatomie, sa "physionomie" changeante. 

Comment rendre compte de tout cela ? De ce mouvement dans les arbres et dans la mémoire ? De ce regard qui mêle, lie et relie plusieurs époques ?

Le temps — la réflexion, l'étude, la recherche — m'aura permis de m'autoriser à me perdre et à me retrouver, à travers diverses expérimentations, explorations et combinaisons. Afin d'aboutir non pas à une forme mais à DES formes compatibles entre elles. In The Black Trees représente un des essais réussis qui émergent de ce parcours d'expériences créatives et réflexives.

Formes, vous avez dit formes ? Et oui, le projet prit la "forme" d'un abécédaire, réalisé en 2015, pour valider mon parcours universitaire en Création littéraire contemporaine. Il faut s'imaginer un recueil regroupant des textes autobiographiques, autofictionnels ou complètement fictionnels. Et parce que selon l'expérience à partager ou le souvenir à exprimer, je choisis de recourir à l'écriture ou au dessin, des textes brefs et des images de diverses natures ont ainsi été produits : côté textes, des poèmes ou des récits en prose, des réflexions et des récits brefs, côté images, des photographies documentaires d'arbres prises dans des jardins, dans la rue, des dessins en noir et blanc et en couleurs — ce sont des vues personnelles d'arbres, une sorte d'inventaire imaginaire, ou des scènes bucoliques inspirées d'artistes ou d’œuvres picturales. 

(Je sors épuisée. Par mes efforts pour articuler une recherche en Création littéraire de niveau universitaire ayant pour objet notamment la réalisation d'un projet de livre inédit qui devra être abouti en deux ans, et le besoin quasi physique de mettre à plat un travail mémoriel agité, agitant dont l'étude de l'arbre se présente comme un catalyseur.)

Puis, d'autres tentatives ont suivi, comme des mini-livres faits à partir de photocopies de dessins sur papier machine et l'impression de textes réécrits pour l'occasion, produits dans un contexte d'atelier en Arts appliqués. De nouvelles maquettes de l'abécédaire ont été inventées, qui s'attaquaient plus spécifiquement à l'organisation initiale entre les récits de souvenirs, les textes en prose et les illustrations. Au cours de cette phase d'explorations, il s'est agi également de trouver des solutions concrètes en matière de fabrication de livres à la main — de reliure artisanale à faible coût.

Le projet créatif sur les arbres entra en sommeil pendant 5 ans avant de ressurgir sous la forme d'abord de paysages imaginaires dessinés sur grand format carré avec du papier carbone. Dans ce nouveau contexte, un parcours universitaire en Arts plastiques (articulé autour d'un mémoire de recherche-création en Art et Anthropologie sur l'Oeuvre de l'artiste italien Giuseppe Penone), je crois que tout m'était permis. Tout devait pouvoir se faire, être exploré ou ré-exploré à nouveau, pour sortir de l'impasse. 

Mon intérêt pour les arbres gagna de la force grâce à un contexte artistique et culturel général encourageant : les arbres sont montrés dans des expositions comme étant un véritable sujet de création et le lieu de questionnements tant plastiques, qu'éthiques ou scientifiques — écologiques, en somme. Je cite par exemple, deux manifestations : en 2019, à la Fondation Cartier pour l'Art contemporain, Nous les Arbres, et en 2022, au Palais des beaux-Arts de Lille, La forêt magique, Je prends à ce moment-là la mesure de l'importance que revêt non pas mon engouement personnel à cet endroit, mais plutôt l'importance d'aller au bout de mon intention, de mon envie, dussé-je avoir l'air de suivre la vague, la mode. J'ai envie de dire : "Oui... et alors ?"

Entre 2021 et aujourd'hui, le projet sur les arbres se présente par conséquent sous trois formes

— Une œuvre polyptyque composé de livres uniques et de cahiers d'artiste, faits main, valorisant autant les images que les textes variés — l'ensemble d'une recherche thématique et transversale archivée dans une grande boîte noire et qui a accompagné la soutenance de mon mémoire présentée sous les prénom et nom Ema Dufour en juin 2020 dernier ;

Une boîte à images de petit format faite à la main intitulée "Arboraissances": elle regroupe pour sa part, dans un objet fait dans du papier aquarelle 300g/ m2 des images uniques ; un texte créatif plongeant ses racines dans mon intérêt pour la Géographie des écosystèmes forestiers accompagne cette petite série de souvenirs en images carrées. Elle compose un ensemble de fragments de représentations d'arbres qui auront profité de mes expérimentations menées au sein de l'Atelier Édition de l'École nationale des Beaux-Arts de Paris en 2020. Je m'amuse ainsi à proposer aux lectrices.eurs de petites expériences tactiles et visuelles et j'espère, émotionnelles.

— et un livre carré d'une soixantaine de pages intitulé In The Black Trees, tout récemment mis en forme et s'appuyant sur l'expérience acquise dans la conception de livres en texte-images et en auto-édition, grâce à la collection Horlart. Le livre est un recueil qui puise volontiers dans plusieurs époques d'écritures et de créations graphiques. Il ne s'embarrasse plus d'ordre de présentation ; il donne à lire et à voir, assez simplement et successivement, des visages changeants d'arbres à l'image de mon rapport complexe avec mon environnement proche et à ma mémoire. J'assume la part d'invention qu'elle s'autorise, les textes de création se nourrissent librement à la source de mon réel. J'assume aussi plus fortement le fait de présenter des images réalisées avec plusieurs techniques ou outils : linogravure, papier carbone, stylo, feutre et feutre pinceau, lavis d'encre de Chine, plume... car elles s'articulent autour de la prégnance de la couleur noire. Et dans ce livre, grâce à des changements de points de vue et d'angles de vue, je m'attache à produire ce mouvement physique et émotionnel tant recherché. 

-------

Titre des images, dans l'ordre d'apparition :

Un arbre mort in In the Black Trees, Hors collection, 2022 

Fontainebleau, in In the Black Trees, Hors collection, 2022 

L'arbre figuré, Projet de Recherche-Création en Art et Anthropologie, 2020

Arboraissances, Livre d'artiste, 2021 

© ema dufour © ema dée