samedi 13 février 2021

Trois déclarations d'amour : c'est ta Saint-Valentin !

C'est la Saint-Valentin ! Et la minute, l'heure, le jour !, de se montrer tout particulièrement attentif et attentive à l'autre ; on n'attend pas forcément les journées de célébration pour fêter l'Amour, mais en ce jour de fête, quand même, on a mis les petits pieds dans ses grandes chaussettes, pardon, on a mis ses vastes petons dans les minuscules chausses, non, ce n'est pas ça non plus, préférons plutôt : on s'est mis sur son 14 pour se dire des mots forts, fous et fantastiques !

Sur Le Horlart, on aime à danser sur un rythme ternaire ; voici donc trois mémorables déclarations, un aphorisme suivi d'une image et deux lectures à voix haute, d'abord d'un poème-liste ensuite d'un monologue (à ne pas mettre entre toutes les oreilles) :

1 - La rose déclaration de la Couturière :"Être bien assortis-es, c'est aussi être semblables dans sa remarquable différence". 

Pour regarder l'image de l'amour de la Couturière, ouvrez les yeux, c'est juste en dessous :

Elle contient un petit test de vision binoculaire. Retrouverez-vous
les mots de l'amour dessinés au feutre qui s'y sont cachés ?

2 - La verte déclaration de l'Ogresse. Pour l'écouter, cliquez sur le cartouche ci-dessous :

Et pour lire les premiers mots d'amour de l'Ogresse, ce sera par là.  

 

3 - La rouge déclaration de l'Assassin. Pour l'écouter, cliquez sur le cartouche ci-dessous. Attention ! la violence cynique du texte peut choquer les publics non avertis.   

Et pour lire les premiers mots d'amour de l'Assassin, ce sera par ici.

Note : ce texte-ci emprunte certains de ses mots à des récits brefs écrits par l'écrivain québecois Yves Thériault ; le personnage du narrateur est, quant à lui, librement inspiré du personnage d'Irène dans "Sale affaire" (Quand la mère monte, un film de Y. Moreau et de G. Porte, 2004.)

©ema dée

jeudi 4 février 2021

À propos de "Modèles * hommes" : une typologie poético-humeuristique de caractères masculins

Je présente aujourd'hui et un peu plus longuement l'album en texte-image  Modèles * hommes.  Pour (re)découvrir les projets déjà édités (collection Horlart et hors collection), les livres non encore publiés ainsi que l'ensemble de ma démarche de création livresque,  c'est ici. (On pourra également voir certaines de ces autoéditions en live au prochain salon SoBD 2021.)

Modèles * hommes est pour sa part publié en 2019. Ce petit album carré — 40 pages —, est né de mon envie d'écrire sur "l'autre moitié du genre humain", de m'amuser à construire une typologie de caractères imaginaires à partir d'une série de bonshommes dessinés à la plume en 2016 et de lever d'un cran mes exigence en matière de typographie et de mise en page du texte, dont je parle peu en définitive. Surtout, ce projet s'est présenté comme une évidence après l'autoédition de l'album La femme polymorphique, qui, comme son titre le suggère, traite poétiquement de la femme, et de Profeels.com qui, contrairement à son titre, présente de face et sur papier un ensemble de personnages des deux sexes. Par conséquent, écrire sur les hommes m'a semblé aller de soi.

 

Héritier de ces deux précédents livres donc, Modèles * hommes est une suite de figures, masculines introduites par un texte. Je n'ai pas voulu pour ce projet-ci élaborer une mise en scène sophistiquée pour les images ; j'ai davantage réfléchi au texte et aux modalités des genres narratifs et descriptifs. Répondant à mon besoin d'écrire plus et de composer plus, le texte s'autorise en effet à être plus bavard que d'habitude ; il conserve néanmoins la verve poétique et le ton humoristique déjà expérimentés à travers la collection Horlart ainsi qu'une inclinaison pour une forme d'écriture ramassée.  

Vous avez dit "mise en page" et "typographie" ? Il faut dire que pour ce projet, j'ai multiplié les difficultés et ai cherché à répondre aux diverses questions soulevées : comment introduire un aparté, une pensée intérieure d'un personnage ? Pourquoi choisir le tiret plutôt que la parenthèse ? Peut-on user de trop de points-virgules ? Comment introduire convenablement les dialogues, les citations ? Comment mettre par écrit un truc que j'adore faire, redire ce que je viens de dire comme si je me citais moi-même ?... bref pour composer le texte agréablement ET judicieusement pour relever le défi je me suis tout particulièrement appuyée sur le Lexique des règles typographiques, en usage à l'Imprimerie nationale, éd. 1990. Certes, l'ouvrage n'est pas tout jeune mais je n'ai rien trouvé de mieux pour l'instant.

Le texte, un portrait en une page, s'attache à décrire et à écrire sur ce qui constitue une personnalité, attention !, du point de vue du livre : une sorte de mélange entre un comportement, un physique, un style vestimentaire, des humeurs, des qualités, des défauts, des envies, des rêves. Chacun des 18 portraits littéraires est le résultat d'une composition ; chacun se focalise selon le cas sur l'un ou l'autre des aspects que je viens de citer.  Autrement dit, ce que tait le texte, l'image peut le suggérer, ce que l'image dit, le texte peut venir le préciser, ou le contredire, pour mieux illustrer le fait que mettre des textes en rapport avec des images relève, selon moi, d'une construction singulière, affutée ET ajustée. 

Le binôme "texte + image" fondé sur la recherche d'une complémentarité, constitue une personnalité, un motif... un modèle * homme.

Du  fringant célibataire à moustaches à l'hyperactif introspectif  en passant par le décideur stoïque, chaque figure est ici le résultat d'un processus créatif en trois étapes :
 
En premier, le jaillissement. Oui, mes bonshommes, je le pense, ont littéralement jailli du blanc de la feuille de post-it. Car, je n'ai pas fait de croquis préalable au sens de dessiner l'idée que j'avais dans la tête. Je n'avais rien dans la tête d'aussi précis. C'est dans les premières traces laissées au crayon par ma main sur le petit carré de papier blanc  9 cm x 9 cm , qu'au fil des jours des figures ont manifesté leur présence. Étrangement, comme si elles étaient comprimées dans la main, maintenues dans le cœur, dans l'attente et qu'à la faveur des premiers traits jetés, il leur était permis d'affleurer. 
 
Ensuite, la détermination des formes. Un genre se dessine, une attitude, un caractère cherchent à se préciser. Tout cela sera pris tel que, comme cela apparaît, c'est-à-dire sans censure. Chaque jour à ma table d'atelier, un petit corps, trapu, rondouillard, élancé, en action ou posant, parfois difforme, tranquillement sous les coups de crayon, se détermine. Je m'imagine alors des centaines de petits êtres singuliers, pressés et contenus là entre la main, l'esprit et la feuille, dans l'expectative qu'enfin !, je me décide à tous les libérer depuis les tréfonds de mon imagination.
 
Puis, la ressemblance à. Avec un trait plus résolu, à la plume et au lavis d'encre de Chine, la figure se caractérise, l'être se fixe et le caractère s'autonomise de l'état de "brouillon", se hisse dans l'état de dessin terminé. Cependant, au moment de faire le livre, je réalise qu'il me faudra quand même un peu reprendre l'ensemble, réajuster, homogénéiser, parfois embellir, je redessine mes bonshommes au feutre fin puis je les colorie au crayon, avec un nombre limité de couleurs : jaune, vert, bleu, orange, marron et noir.
 
 
Le bleu sera aussi la couleur de fond sur lequel les textes seront imprimés, j'aime les conventions, les habitudes qui font autorité, surtout, j'aime les correspondances, les liens même subtils, quasi invisibles. Ici ce n'est pas le cas, pas de finesse, la couleur bleu garçon se promène dans tout l'album, et cela, je l'ai fait sciemment. (Je rappelle que pour La Femme polymorphique, je ne me suis pas gênée, j'ai utilisé un rose quasiment fluo pour la couverture et un rose bonbon pour les pages intérieures.)

En arrière-plan de ce nouveau projet de la collection Horlart, en dehors de mon goût non dissimulé pour les conventions qui ouvrent sur un terrain familier, deux éléments :
 
) l'idée (à débattre) qu'un sujet se définit relativement à, c'est-à-dire à partir de ce qui se dit de lui et non pas, seulement, à partir de ce qu'il pense de lui et ce qu'il pense être pour les autres ; 
 
2°) le jeu, manie ou tendance, consistant à imaginer la personnalité de l'autre uniquement à partir de son apparence vestimentaire, comportementale et/ ou physique.  Les textes sont ainsi écrits en fonction de ce que propose de lui chaque personnage dessiné... plus un brin d'extrapolation.
 
Pour faire plus clair : qui n'a pas succombé à l'irrésistible envie de deviner la vie du tout nouveau collègue assis seul à la table d'à côté à la cantine du boulot ? Qui ne s'est pas amusé à imaginer les dialogues d'un couple installé l'un en face de l'autre dans un pub ? Qui n'a pas dessiné dans sa tête le portrait acide de sa voisine de palier et parfois répandu, par un sens puéril du jeu des conversations, des commérages à son propos ? Enfin, qui ne s'est pas retrouvé-e face à un inconnu avec la conviction de le reconnaître sans parvenir à savoir pourquoi et d'où, laissant en soi une désagréable sensation de déjà-vu-mais-où-ça-au-fait ?

Ou, peut-être a-t-on en soi le temps et les expériences aidant comme un inventaire complet des principales caractéristiques humaines les plus répandues parmi les autres, peut-être qu'elles se combinent entre elles pour former des individus caractéristiques ou qu'elles aident à définir des types... qui sait ? 
 
   
Quelques confidences à propos de la couverture : pourquoi des fleurs ? J'avais envie d'expérimenter un visuel différent mais qui renseignerait sur le contenu d'un autre point de vue étant donné que le titre me semblait déjà assez évocateur. La maquette finale de ce projet est le fruit d'une intense réflexion personnelle : "Devais-je choisir de représenter un petit personnage sur la couverture pour faire un clin d’œil, annoncer la suite ? Cela n'était-il pas redondant avec le titre ? Cela ne révèlerait-il pas trop du contenu du livre ?" J'ai finalement opté pour le motif de fleurs dont les couleurs et le style reprennent le parti-pris graphique des pages illustrées à savoir : un trait rond et naïf rehaussé ou rempli de bleu, de vert, de jaune, d'orange, de marron ou de noir. Cela introduit aussi, je le pense, un léger effet de décalage, qui, je l'espère, titillera la curiosité des lectrices et des lecteurs et sera compris.

Le livre se termine comme pour les autres titres de la collection Horlart par une surprise sonore à ma façon (un 19ème portrait !) ; il est possible d'y accéder depuis le blog vers ma plateforme d'écoute Ema Dée sur Soundcloud grâce au visuel ci-dessous :

https://soundcloud.com/user-492317834/portrait-modele-homme-ema-dee

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Comme à mon habitude, j'explore le sujet en faisant un pas de côté, mais pas complètement. Et ce pour vous parler d'une science de l'étude du caractère, la caractérologie, qui se distingue de la physiognomonie, par exemple, et à laquelle je m'intéresse ponctuellement. C'est la capacité (développée, entretenue, non innée) de "déduire" la personnalité de quelqu'un à partir d'un certain nombre de critères (biologiques, sociologiques...) L'autre science, la seconde, — plus polémique dans les usages qui en ont été faits à un moment donné à ce que  j'ai compris — consiste à déterminer à partir des traits du visage certains aspects de la personnalité. On glisse doucement vers le délit de faciès, non ? 
 
Il ne s'agit pas du tout de cela ici. Mais de désir !
 
Je crois que ma tendance à me livrer à une sorte de caractérologie (ou à une étude de caractères "maison") a quelque chose à voir avec ma fascination pour le dessin caricaturiste et pour deux grands pourvoyeurs de personnages imaginaires, le dessin animé et la Littérature.  Ici, je raconte la vie en bref d'hommes que j'ai composés de toutes pièces ; ils incarnent des attitudes comme les mannequins hommes véhiculent une idée de séduction ou un idéal de beauté dans les magazines de mode. Le livre Modèles * hommes m'a donné l'occasion de réunir de petits bonshommes "réalistes" et ce double désir de représentation et de fictions (narratives).

©ema dée

lundi 1 février 2021

EmaTom renverse la tendance et signe un joli portrait double du signe du Verseau !

Ema Dée + Thomas = EmaTom* qui va emmitouflé de bleu par les routes de la création s'interroge actuellement sur la bonne humeur à avoir en ce très curieux mois de février. La météo du cœur sera au goût du moment avec le  second signe : les Verseau

"Cette année, grâce à sa nature légère et à son charme discret, Monsieur Verseau redonnera véritablement ses lettres de noblesse à la maladresse et à la distraction. Il sera l'éléphant racé dans la délicate boutique de porcelaine et de caprices simples que tient la rêveuse Madame Verseau. Elle, d'ordinaire autoritaire et si empressée, saura accueillir avec à-propos ces témoignages d'intérêt aussi surprenants que fantaisistes."

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*Un nouveau projet créatif à quatre mains

En 2011, je réalise une petite série de dessins intitulée Le Zodiaque amoureux. Des feuilles carrées (encore !), de format réduit (encore !), des feutres, de l'encre Ecoline et des pinceaux fins me suffiront pour imaginer des mignonnes saynètes aux couleurs tendres, représentant les signes astrologiques. Ici, il fleure bon d'être amoureux, on goûte le plaisir de jouer de la musique ou de cuisiner à deux, on apprécie d'être ensemble ou de se rencontrer, franchement, sans cacher son caractère, gommer ses imperfections ou feindre d'être quelqu'un d'autre. Imaginez dans l'ambiance festive d'un petit café - restaurant culturel cosy (3 fourchettes au menu), les 12 signes du zodiaque, les unes distinguées, les autres drôles, cocasses ou maladroits, mélomanes ou poètes, gourmands ! 

Par goût pour le dessin en work in progress, les défis graphiques et les collaborations artistiques (1 + 1 = 3, c'est bien connu !), je propose à Thomas de réactualiser cette série que j'affectionne ; au fil des mois de cette année, il l'adaptera, la réinterprétera, à sa guise, dans la technique qui est la sienne actuellement, le dessin numérique. Et au fil des publications mensuelles sur les blogs Le Horlart et Improzine, se glissera une nouvelle image tout en couleurs, motifs, charme et humour accompagnée d'une prédiction ajustée. C'est ainsi que dix ans plus tard, tout en conservant son côté joli dessin miniature, le Zodiaque amoureux  fait peau neuve  !

Et pour mémoire, voici un lien sur un autre exemple de collaboration, mais dans un style  très différent, le calendrier 2019 hommage (grinçant) aux faits divers   :

http://www.lehorlart.com/2019/01/fait-divers-EmaTom-2019.html

©ema dée ©Thomas ©EmaTom