vendredi 23 février 2018

Quand Véronique Ovaldé l'auteure rencontre Véronique Dorey l'illustratrice...

... Naissent de bien jolis projets. 

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En mots, en images. Motivés par le désir et le goût pour le travail de l'autre et avec l'autre. 

Le mot juste de Véronique Ovaldé a rencontré deux fois les images surannées de Véronique Dorey. Mais, il y avait eu, avant cela, le face-à-face de l'auteure avec les œuvres de l'illustratrice : une révélation, la plongée dans un univers fascinant, dessiné au crayon, tout en nuances de gris posées méticuleusement. Il y  avait eu, avant cela, l'écriture d'un texte court et solitaire. Il y  avait eu, avant cela encore, un travail de coloriste - reconnu - cachant pourtant, une montagne de dessins étonnants, révélés au public récemment.

Véronique Ovaldé, née en 1972,  imagine des histoires depuis son enfance. Son premier roman pour adultes, Le sommeil des poissons, paraît aux éditions du Seuil en 2000 ; elle en a fait publier une dizaine depuis. Si chaque roman a son identité propre, l'écrivaine y développe souvent, dans des lieux toujours très présents, des histoires de femmes, parcourues par des thèmes qui lui sont chers, en particulier, la nécessaire émancipation de ses personnages féminins de tous les types de carcans possibles (la société, la famille, le couple, par exemple) avec tous les moyens disponibles et à inventer. Véronique Dorey, née en 1963, plus connue sous le pseudonyme de Ruby, officie dans le monde de la bande dessinée comme coloriste pour Nicolas de Crécy, Franck Margerin, Mezzo et Pinus... Ses dessins et peintures mettant en scène de petites bouts de femmes au physique de poupée, dans un monde décalé et truffé de références, son style graphique et son humour grinçant, reçoivent un excellent accueil depuis 2005, année où elle est exposée pour la première fois à la Galerie Arts factory.

© Véronique Dorey, Quatre cœurs imparfaits

Alors peut-être que le souci du détail, l'inventivité pour les lieux à la fois imaginaires et tellement réels, la peinture originale des personnages, cette marque de fabrique qui se constate à la lecture des romans de V. Ovaldé devait se mêler d'une manière ou d'une autre, au trait précis, délicat et ciselé, aux ambiances savoureusement rétro et dessinant les contours de vies particulières de V. Dorey. 

Une collaboration. Traits d'esprit pour traits graphiques. Le souci de dépeindre des existences de filles et de jeunes filles en point de réunion. Des visées artistiques en miroirs réfléchissant et grossissant : la brièveté et la rythmique de l'écriture servant d'appui au déploiement de l'imagination et des obsessions thématiques du dessin.

En 2015 est publiée la nouvelle illustrée Quatre cœurs imparfaits suivie par La science des cauchemars en 2016, toutes deux soutenues par l'enthousiasme de la maison d'édition Thierry Magnier. Ce sont deux petits objets précieux à lire - deux histoires brèves accompagnées d'images - réservés aux adultes. Exclusivement. Comme un cadeau, façonné sur mesure pour les yeux des grands-es lecteurs-trices. Une invitation : si, si, bien sûr, vous avez le droit de regarder les images avant de lire le texte, de sauter des pages ou de revenir en arrière, de vous extasier, aussi !

Quatre cœurs imparfaits raconte le destin de cinq femmes d'une même famille. Elles ont toutes une trajectoire de vie un peu tragique - comme si le sort les avait marquées - sauf une, la plus jeune, à qui il sera donné, au fil du récit - et par le récit -  la possibilité de choisir une voie de sortie et de re/secours.
Dans La science des cauchemars, une adolescente de 17 ans, un peu désœuvrée mais indépendante, accepte un emploi bien singulier : écouter les cauchemars de M. Roberto Apolinario qu'elle va chercher à guérir.

Le dessin usant de perspectives accentuées, de violents raccourcis, de focalisations et de compositions surréalistes déploie ce que le texte aborde à mots "comptés". Mais, au détour d'une phrase, dans ce texte resserré, surgit une fantaisie lexicale qui produit un effet d'incongruité : images et textes composent un ensemble subtilement "baroque".

© Véronique Dorey, La science des cauchemars

Dans ces deux récits, le couple Dorey-Ovaldé dessine, pour nos yeux enchantés, le portrait de deux "héroïnes", animées d'une pulsion de vie et dotées d'une volonté forte, d'imagination et de courage. Ce qui leur permet de quitter/ fuir des situations qui les dépassent - qu'elles désapprouvent ou qui ne leur conviennent pas - parce qu'elles les jugent mortifères ou absurdes.

Ils s'articulent autour de l'évolution de ces deux principales protagonistes. La première histoire peut faire penser à un conte dans lequel chaque étape-épreuve serait représentée par une des sœurs, symbolisant elles-mêmes des états de l'être (féminin ?) : Maria Cristina (la Mort), Pepina (la Folie), Rosa Luisa (la Virginité et l'Amour vain) et Mercedes (La Sensualité). Dans le second, une ambiance étrange est  mise en place grâce à un rythme narratif par paliers successifs. Il évolue ainsi savamment jusqu'à atteindre un point culminant, un moment de bascule - d'une dimension horrifique et fantastique -  avant de retrouver son calme. Comme dans un film

Les lieux,  Camerone et Santa Colonna, ne sont pas anodins. S'ils sont un moyen pour l'auteure de (se) ménager une distance suffisante entre ses personnages et elle, ils sont aussi le support de création d'un espace clos, à la manière d'une petite scène de théâtre ouvrant sur un certain réel, curieusement familier et intimiste. L'illustratrice rend bien compte de ces espaces en "donnant images" de leur dimension salvatrice (voyage) ou de piège (prison de la folie, prison du corps, prison de l'amour) grâce à des jeux de cadrages "photographiques". Son souci du détail dans les motifs décoratifs ou les lettrages renforce bien la caractérisation de ces lieux.

Véronique Dorey et Véronique Ovaldé se retrouvent donc, ici, pour partager deux petits récits de vie, fabriqués dans l'entre-deux et proposant, notamment, un certain regard sur l'Enfance. Il y a dans le fruit de leur association artistique quelque chose de dépaysant, de singulier, qui me rappelle un peu certaines réalisations sophistiquées d'un Benjamin Lacombe, les récits brefs d'une étrangeté parfois effrayante d'un Thomas Ott, ou les compositions doucereuses et bizarres d'un Ludovic Debeurme.  

© Véronique Dorey, Quatre cœurs imparfaits

Mais au-delà des comparaisons (qui pourraient être réductrices), je veux garder à l'esprit - dans les yeux, dans le cœur ! - l'impression d'avoir affaire à un monde composé, un ouvrage précieux de fils tissés entre le réel fictionnel et le rêve, la matière du langage et la magie des images (innocentes ?)

© ema dée

mardi 20 février 2018

2018 ? Une année qui a du chien par le collectif EmaTom.

Le collectif EmaTom (Ema Dée et Thomas) récidive sa prouesse artistique et vous a concocté des vœux sur mesure pour la nouvelle année chinoise : 2018 aura du chien ou ne sera pas !


Pour ce faire, Ema Dée au texte et Thomas au dessin ont consulté les plus éminents et inspirés spécialistes dans les arts de la Divination, de l'Intuition et de la Création.

Alors que vous soyez Cochon, Rat, Buffle, Tigre, Lapin, Dragon, Serpent, Cheval, Mouton, Singe, Coq ou Chien, EmaTom se permet de vous conseiller une excellente année 2018 !

Une célébration qui inspire... Et pour voir une autre production du collectif, c'est ici.

Artistiquement vous.

© EmaTom

vendredi 2 février 2018

L'amour ! L'amour ? L'amour...

- Croissant amoureux -
"Qui aime beaucoup partage avec parcimonie."
 
Pour se mettre au diapason de ce mois-ci qui aime fêter les amoureux et les amoureuses, Le Horlart sort ses petits portraits de couples jalousement conservés dans ses archives personnelles. C'est l'occasion rêvée pour partager, dans le même temps, ses petites pensées pleines de sagesse pimentée. Cœurs fragiles et âmes chafouines, demoiselles pudibondes et tristes sires, passez votre chemin ! Pour les autres, bienvenue dans le mois de février amoureux.

© ema dée