mercredi 14 avril 2021

En avril, EmaTom fait dans le cousu main avec les Bélier !

Ema Dée + Thomas = EmaTom* emmêle joyeusement tous ses fils au mois d'avril, se tresse des envies, étend ses belles idées à la fenêtre et tisse un ouvrage de prévisions pour les Bélier

" On connaît la propension légendaire de Madame et Monsieur Bélier à foncer dans le tas d'opportunités ; et pourtant, ils auront vite fait de se la couler douce, joueuse et câline, cette année. Des lustres immémoriaux que Madame et Monsieur Bélier agissent dans une hâte enfiévrée, se projettent et s'agitent gaiement en tous sens, avancent et reculent, sans se ménager aucun répit. Contre toute attente, ils ajustent enfin leur allure à la mollesse ambiante, histoire de se ressourcer sans honte ni reproche. Alors, Madame Bélier, ouste les décisions à l'emporte-pièce  et du balai à l'enthousiasme effréné, Monsieur Bélier !  Prenez donc le temps par les cornes. "

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*Un nouveau projet créatif à quatre mains (qui se poursuit).

En 2011, je réalise une petite série de dessins intitulée Le Zodiaque amoureux. Des feuilles carrées (encore !), de format réduit (encore !), des feutres, de l'encre Ecoline et des pinceaux fins me suffiront pour imaginer des mignonnes saynètes aux couleurs tendres, représentant les signes astrologiques. Ici, il fleure bon d'être amoureux, on goûte le plaisir de jouer de la musique ou de cuisiner à deux, on apprécie d'être ensemble ou de se rencontrer, franchement, sans cacher son caractère, gommer ses imperfections ou feindre d'être quelqu'un d'autre. Imaginez dans l'ambiance festive d'un petit café - restaurant culturel cosy (3 fourchettes au menu), les 12 signes du zodiaque, les unes distinguées, les autres drôles, cocasses ou maladroits, mélomanes ou poètes, gourmands ! 

Par goût pour le dessin en work in progress, les défis graphiques et les collaborations artistiques (1 + 1 = 3, c'est bien connu !), je propose à Thomas de réactualiser cette série que j'affectionne ; au fil des mois de cette année, il l'adaptera, la réinterprétera, à sa guise, dans la technique qui est la sienne actuellement, le dessin numérique. Et au fil des publications mensuelles sur les blogs Le Horlart et Improzine, se glissera une nouvelle image tout en couleurs, motifs, charme et humour accompagnée d'une prédiction ajustée. C'est ainsi que dix ans plus tard, tout en conservant son côté joli dessin miniature, le Zodiaque amoureux  fait peau neuve  !

©ema dée ©thomas cloué ©EmaTom

samedi 20 mars 2021

Un mois pour faire l'expérience de dessiner des arbres au sein d'un atelier d'artistes

Toujours partante pour faire des expériences stimulantes, je saisis l'opportunité qui se présente à moi en février dernier de rejoindre La vie sauvage, un atelier d'artistes, installé dans la commune avoisinant la mienne, ce qui est très pratique pour s'y rendre même à pied. La vie Sauvage est un atelier associatif réunissant depuis plusieurs années sous le même toit huit artistes aux sensibilités singulières et aux activités plurielles — capables malgré tout d'évoluer côte à côte — , et au besoin, de collaborer et de dialoguer entre elles.

Je l'avoue, rejoindre cet atelier, même pour une courte durée, fut pour moi, comme partir à l'aventure dans un territoire inconnu. Car je suis plutôt habituée à mener mes recherches seule à la maison ou au sein d'ateliers pour adultes gérés par un-e artiste enseignant-e qui fixe ou pas un cadre pédagogique et précise des pistes de travail possibles. À la veille de mon installation, je suis à la fois excitée par la perspective de partager un espace collectif et inquiète à l'idée de rejoindre des créatifs bien installés dans leurs activités respectives. 

Pour que l'expérience soit enrichissante, je décide à l'avance de ce que je souhaite faire et explorer durant ce mois pendant lequel je vais pouvoir à ma guise travailler en dehors de chez moi. Dans un petit espace à ma mesure, parmi d'autres,  ainsi installée à une grande table surélevée généreusement éclairée, pile adaptée à mes besoins d'expressions, pouvoir me concentrer sur une seule chose, pouvoir me (pré)occuper d'une seule chose à la fois, à l'intérieur d'un projet plus important : un projet pluridisciplinaire qui a vu le jour en 2014. L'actualité artistique et environnementale ainsi que mon cheminement personnel me conduisent à rouvrir ce chapitre de ma vie créative que j'avais un peu mis de côté, la Représentation de l'arbre, une sorte d’œuvre multi-facettes qui permet le croisement de différents points de vue et approches. Ainsi, l'occasion de l'atelier s'est présenté à moi comme un cadre opportun — et nécessaire pour mener à bien une réflexion neuve.

Au sein de l'atelier, je découvre une organisation sociale fort sympathique. D'emblée, elle me séduit et elle me réjouit au fil des jours qui passent (trop vite) : chacun-e a sa spécialité, scénographie, illustration, bande dessinée, modelage, impression, dessin, art vidéo ou édition, et chacun-e mène ses recherches selon son propre emploi du temps. L'intérêt de l'atelier, c'est aussi de pouvoir se retrouver ensemble sans forcément parler de sa création personnelle, de ses projets ou de ses problématiques de recherche. C'est en outre jouir d'un lieu dédié, aménagé, confortable parce qu'il dispose de bonnes ressources documentaires, spatiales, logistiques ou techniques, je veux dire, des livres, du matériel d'exposition, un lieu pour se restaurer... par exemple. Tout y est prévu pour se livrer à ses investigations et rêveries individuelles.

L'harmonie de ce lieu privilégié, propice à la fois à la recherche, au partage, à la rencontre et à l'expérimentation, repose également sur le respect de règles communes de savoir-vivre, au sein de l'atelier, entre artistes et à l'intérieur du bâtiment où il se trouve. Ce dernier fonctionne comme un vivier,  d'autres ateliers y sont aménagés et occupés par des artistes œuvrant dans un champs d'activités complètement différent : des youtubeurs, un graffeur et un rappeur. 

Qu'ai-je donc fait durant ce mois de février au sein de l'atelier ? À raison de deux à trois fois par semaine, je m'y suis rendue avec à l'esprit — et dans le cœur —, le désir de faire progresser la facette "arbre-dessiné" de mon œuvre à venir. Cet aspect de mon projet que j'avais déjà un peu démarré en amont entre les mois de décembre et de janvier, consistait et consiste toujours à travailler le dessin à partir de traces préexistantes et variées, mais sur des formats inédits et avec des outils nouveaux ou utilisés différemment. Ici et là, par exemple, sur des feuilles de papier de format 40 cm x  40 cm et d'un blanc naturel, c'est-à-dire d'une teinte beige clair, (re)vivre une marche en forêt ou (re)composer la vue d'un bois.

Cette "résidence" à ma façon, au sein de l'atelier associatif prend place dans une démarche de créations en work in progress, explorant ensemble l'écriture, le dessin et les objets plastiques ainsi que leur articulation. Ces créations ont toutes pour origine (ou presque) des expériences passées actualisées par une réflexion parfois théorique, présentes ou anticipées. D'autres considérations sur ma représentation de l 'arbre peuvent être lues en cliquant sur le lien suivant : http://www.lehorlart.com/2021/01/un-arbre-comme-sujet-de-recherche-personnelle-et-professionnelle.html

©ema dée

mardi 16 mars 2021

Moi, La Sororité ou Femmes et théâtre à l'Espace Marguerite Charlie (Saint-Denis, 93200)

Depuis le 8 mars 2021, qui correspond à la 36ème célébration de la Journée internationale des droits des Femmes, j'expose à l'Espace Marguerite Charlie, à Saint-Denis (93200), l’œuvre graphique Répétitions ? accompagnée du texte Je songe à toutes les fois. Ce sont deux productions artistiques inédites réalisées pour l'occasion, en réponse un appel à participation dont je parle plus en détail ici : http://www.lehorlart.com/2021/03/la-femme-objet-dattentions-permanentes.htm

1 - Quelques confidences à propos de l’œuvre Répétitions ? :

C'est une œuvre graphique sur papier blanc. Elle est inédite et cela pour plusieurs raisons : d'abord, par son format, qui résonne avec mon envie actuelle d'étendre mon espace physique d'expression, au-delà du format carré ou A4 ; ensuite, par le médium utilisé, je dessine couramment au feutre fin (voire très fin), au feutre pinceau, au crayon de couleur et à l'encre aquarelle. Je ne cache pas l'influence qu'exerce, sur la texture de mon trait, mon intérêt pour la gravure sur métal et le dessin de presse, par exemple satirique. Or, pour cette production-ci, j'avais envie de proposer une image qui puisse aussi être considérée de loin. Alors, je m'arme d'un marqueur à l'acrylique qui trace des lignes épaisses et plus assurées ; l'outil "grossier" m'oblige à volontiers sortir de ma zone de confort et d'une verve d'ordinaire intimiste. Si le sujet de l’œuvre, le corps de la femme, n'est pas nouveau dans ma production — le personnage féminin dans toutes ses nuances se balade en effet dans beaucoup de mes productions —, la composition, elle, est récente. Elle fonctionne comme un collage et renouvelle mon approche de la notion d'héritage.

2 - Quelques confidences à propos du texte Je songe à toutes les fois :

Ce texte se place volontiers dans le registre de l'autofiction, jusqu'à un certain point. Il part d'un souvenir d'adolescence, réellement vécu. Le genre littéraire aidant, parce qu'il autorise dans le récit de soi, en réponse à des zones d'ombres, le recours à une forme d'invention(s) dans/de l'écriture, je le raccroche à un évènement qui s'est déroulé à l'âge adulte : ma découverte d'une pièce de théâtre, très connue aujourd'hui et exemplaire du combat des femmes, notamment, en ce qui concerne la réappropriation de leur corps. Je voulais que l'épisode personnel se hisse au rang d'expérience commune que d'autres auraient pu vivre. Et si tel n'était pas le cas, je veux dire, si personne n'a vécu la chose comme moi, je désirais que le récit renvoie de toute manière à un thème collectivement partagé par les femmes : l'arrivée des premières règles avec toute sa cohorte de questionnements, de sentiments et de sensations contradictoires. La lecture de plusieurs romans d'Annie Ernaux publiés en 2011 dans le recueil Écrire la vie (Gallimard, coll. Quarto) a grandement contribué, chez moi, à l'ouverture et à la libération, il y a plusieurs années, des possibilités narratives d'un langage puisant dans des niveaux de langue et des registres variés. Il est possible qu'il y ait un peu de cette volonté d'écrire la vie dans mon texte, à découvrir dans son entiereté jusqu'au 31 mars à l'Espace Marguerite Charlie, 42 rue de la Boulangerie, à Saint-Denis (93200).

3 - Quelques images de l'exposition installée à l'Espace Marguerite Charlie et présentée à partir du 8 mars 2021 :

Le vernissage a eu lieu dans une ambiance intéressée et calme, ponctuée de moments musicaux proposés par le groupe de rock et de musique française Automne. Je découvre les autres productions et leurs artistes : sont ici représentés l'art du collage, le dessin Art brut, la peinture abstraite, la photographie numérique, le dessin naïf, la performance, la peinture figurative et le dessin numérique. Je dois reconnaître que ce moment collectif et à bonnes distances, m'a fait du bien. Un an que je n'ai pas entendu ni vu de concert ou participé à un évènement local culturel et artistique, je me suis donc fendue de quelques images photos - mémoires prises à la volée !

J'ai été pareillement émue, si ce n'est plus, par le fait d'avoir été retenue pour faire partie de cet évènement. Je réalise au moment où j'apporte mon œuvre, à la veille de l'accrochage, qu'une trop grande durée sépare cette exposition de l'avant-dernière, c'était en avril-mai 2014, j'y exposais seule des œuvres graphiques, à la boutique Rougier & Plé, Filles du Calvaire, Paris 3ème. (Dans l'intervalle, beaucoup de choses ont été faites qu'une monstration aussi discrète soit-elle aurait fait avancer.) Mais ce qui m'a particulièrement touchée, c'est de pouvoir montrer, dans le contexte qui est le nôtre la pandémie , un projet personnel nouveau, quel qu'il soit et quelle que soit la manière dont il sera perçu par le public.

Régulièrement, j'apprends que des évènements artistiques prévus de longue date, devant se dérouler cette année ou en 2020, ont été repoussés à l'année prochaine ou sont carrément suspendus. Malgré l'espoir que bientôt tout redeviendra possible et la conviction que cela ne peut pas durer éternellement, on nage dans l'inconnu. Je dois dire que quand j'ai reçu l'appel à participation, l'idée m'a effleurée de ne pas y répondre, tout simplement parce que je doutais que l'évènement puisse vraiment avoir lieu. Je me disais que cela ne valait pas la peine de produire quelque chose puisqu'il n'était pas certain qu'il se concrétise, finalement. C'était oublier le bienfait qu'apporte déjà l'acte de créer, tout simplement, de s'assoir à sa table de travail, de réfléchir les feutres à la main à la meilleure manière d'exprimer sa conception de la sororité et des relations que les femmes entretiennent avec le théâtre. Bien plus, ce fut comme un acte de résistance, un cri lancé contre le risque d'apathie ou la dépression ambiante, contre les forces délétères qui semblent oublier l'énergie vitale à l'origine de toutes formes d'art et l'intérêt de côtoyer ces formes les grandes comme les plus confidentielles , comme semble être oubliée, de plus en plus, la force des initiatives locales, qui, je le crois, peuvent essaimer si on a l'audace de poser une première pierre. C'était faire œuvre d'art malgré tout, malgré les forces d'inertie.

©ema dée

vendredi 5 mars 2021

EmaTom suit son courant ascendant et fait bonne pêche !

Ema Dée + Thomas = EmaTom* tombe du lit au mois de mars et se taquine le ciboulot  dès potron-minet à la recherche d'idées goûteuses (et croustillantes sur le dessus). Il peut s'enorgueillir de sa belle prise du jour : les Poissons

"D'ordinaire calmes, discrets et cependant pareillement engagés dans les combats collectifs où les porte leur âme généreuse et solidaire, Madame et Monsieur Poissons auront très envie, cette année, de nager à contre-courant, de faire montre à la fois d'audace, d'agilité d'esprit et d'individualisme. Madame Poissons saisira sa chance d'imposer ses points de vue non-conformistes ; Monsieur Poissons, quant à lui, ne sera pas le dernier à être là où on ne l'attend pas. "

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*Un nouveau projet créatif à quatre mains (qui se poursuit).

En 2011, je réalise une petite série de dessins intitulée Le Zodiaque amoureux. Des feuilles carrées (encore !), de format réduit (encore !), des feutres, de l'encre Ecoline et des pinceaux fins me suffiront pour imaginer des mignonnes saynètes aux couleurs tendres, représentant les signes astrologiques. Ici, il fleure bon d'être amoureux, on goûte le plaisir de jouer de la musique ou de cuisiner à deux, on apprécie d'être ensemble ou de se rencontrer, franchement, sans cacher son caractère, gommer ses imperfections ou feindre d'être quelqu'un d'autre. Imaginez dans l'ambiance festive d'un petit café - restaurant culturel cosy (3 fourchettes au menu), les 12 signes du zodiaque, les unes distinguées, les autres drôles, cocasses ou maladroits, mélomanes ou poètes, gourmands ! 

Par goût pour le dessin en work in progress, les défis graphiques et les collaborations artistiques (1 + 1 = 3, c'est bien connu !), je propose à Thomas de réactualiser cette série que j'affectionne ; au fil des mois de cette année, il l'adaptera, la réinterprétera, à sa guise, dans la technique qui est la sienne actuellement, le dessin numérique. Et au fil des publications mensuelles sur les blogs Le Horlart et Improzine, se glissera une nouvelle image tout en couleurs, motifs, charme et humour accompagnée d'une prédiction ajustée. C'est ainsi que dix ans plus tard, tout en conservant son côté joli dessin miniature, le Zodiaque amoureux  fait peau neuve  !

Et pour mémoire, voici un lien sur un autre exemple de collaboration, mais dans un style  très différent, le calendrier 2019 hommage (grinçant) aux faits divers   :

http://www.lehorlart.com/2019/01/fait-divers-EmaTom-2019.html

©ema dée ©Thomas ©EmaTom

La Femme-objet d'attentions permanentes : avis d'exposition collective dès le 8 mars 2021.

Chaque année, je me pose la même question sans trouver ou de réponse ou tout simplement de temps pour à la fois formuler cette réponse et produire quelque chose d'écrit ou de graphique, ou les deux, qui lui corresponde. Ma question récurrente, la voici : "Comment fêter à ma manière la Journée internationale des droits de la Femme, je veux dire, sans dogmatisme ni prosélytisme, avec force et pertinence, cependant ?

Cette année, la réponse est venue d'un appel à participation lancé en février 2021 pour un projet d'exposition collective au féminin, organisé par la Ville de Saint-Denis, en partenariat avec l'artiste Sorana Doré et l'Espace Marguerite Charlie (avec la participation d'Automne). 

Le thème ? La Sororité ou Femmes et théâtre. Inspirant, n'est-il pas ! L'appel consistait en la proposition d'une peinture, d'un dessin ou d'une photographie accompagnée d'un "texte en résonance", ce texte pouvant faire l'objet d'une lecture, d'un débat, d'une performance...

Pour l'occasion, j'ai produit un dessin en couleurs, en plus grand format qu'à l'ordinaire (38 cm x 56 cm environ), un nouveau défi, gentiment relevé, intitulé Répétitions ? Ainsi qu'un texte, Je songe à toutes les fois, inspiré de deux souvenirs autour notamment d'une question intime et collectivement partagée : les menstruations. L’œuvre graphique ET littéraire rejoindra les quelques 10 autres créations originales et ce, pour trois semaines de présentation publique.

Je le rappelle, l'évènement commence dès ce lundi 8 mars  à 15h à l'Espace café-galerie Marguerite Charlie avec un vernissage en musique. À bientôt, donc !  

Espace Marguerite Charlie 

Du lundi au samedi de 10h à 15h

 42, rue de la Boulangerie  -  93200 Saint-Denis   

@marguerite.charlie.cie/ marguerite.charlie.cie@gmail.com 

09 86 44 91 82 

©ema dée ©sorana doré ©espace marguerite charlie

samedi 13 février 2021

Trois déclarations d'amour : c'est ta Saint-Valentin !

C'est la Saint-Valentin ! Et la minute, l'heure, le jour !, de se montrer tout particulièrement attentif et attentive à l'autre ; on n'attend pas forcément les journées de célébration pour fêter l'Amour, mais en ce jour de fête, quand même, on a mis les petits pieds dans ses grandes chaussettes, pardon, on a mis ses vastes petons dans les minuscules chausses, non, ce n'est pas ça non plus, préférons plutôt : on s'est mis sur son 14 pour se dire des mots forts, fous et fantastiques !

Sur Le Horlart, on aime à danser sur un rythme ternaire ; voici donc trois mémorables déclarations, un aphorisme suivi d'une image et deux lectures à voix haute, d'abord d'un poème-liste ensuite d'un monologue (à ne pas mettre entre toutes les oreilles) :

1 - La rose déclaration de la Couturière :"Être bien assortis-es, c'est aussi être semblables dans sa remarquable différence". 

Pour regarder l'image de l'amour de la Couturière, ouvrez les yeux, c'est juste en dessous :

Elle contient un petit test de vision binoculaire. Retrouverez-vous
les mots de l'amour dessinés au feutre qui s'y sont cachés ?

2 - La verte déclaration de l'Ogresse. Pour l'écouter, cliquez sur le cartouche ci-dessous :

Et pour lire les premiers mots d'amour de l'Ogresse, ce sera par là.  

 

3 - La rouge déclaration de l'Assassin. Pour l'écouter, cliquez sur le cartouche ci-dessous. Attention ! la violence cynique du texte peut choquer les publics non avertis.   

Et pour lire les premiers mots d'amour de l'Assassin, ce sera par ici.

Note : ce texte-ci emprunte certains de ses mots à des récits brefs écrits par l'écrivain québecois Yves Thériault ; le personnage du narrateur est, quant à lui, librement inspiré du personnage d'Irène dans "Sale affaire" (Quand la mère monte, un film de Y. Moreau et de G. Porte, 2004.)

©ema dée

jeudi 4 février 2021

À propos de "Modèles * hommes" : une typologie poético-humeuristique de caractères masculins

Je présente aujourd'hui et un peu plus longuement l'album en texte-image  Modèles* hommes.  Pour (re)découvrir les projets déjà édités (collection Horlart et hors collection), les livres non encore publiés ainsi que l'ensemble de ma démarche de création livresque,  c'est ici. (On pourra également voir certaines de ces autoéditions en live au prochain salon SoBD 2021.) 


 La couverture avec un modèle homme

Modèles * hommes est pour sa part publié en 2019. Ce petit album carré — 40 pages —, est né de mon envie d'écrire sur "l'autre moitié du genre humain", de m'amuser à construire une typologie de caractères imaginaires à partir d'une série de bonshommes dessinés à la plume en 2016 et de lever d'un cran mes exigence en matière de typographie et de mise en page du texte, dont je parle peu en définitive. Surtout, ce projet s'est présenté comme une évidence après l'autoédition de l'album La femme polymorphique, qui, comme son titre le suggère, traite poétiquement de la femme, et de Profeels.com qui, contrairement à son titre, présente de face et sur papier un ensemble de personnages des deux sexes. Par conséquent, écrire sur les hommes m'a semblé aller de soi.

Héritier de ces deux précédents livres donc, Modèles * hommes est une suite de figures, masculines introduites par un texte. Je n'ai pas voulu pour ce projet-ci élaborer une mise en scène sophistiquée pour les images ; j'ai davantage réfléchi au texte et aux modalités des genres narratifs et descriptifs. Répondant à mon besoin d'écrire plus et de composer plus, le texte s'autorise en effet à être plus bavard que d'habitude ; il conserve néanmoins la verve poétique et le ton humoristique déjà expérimentés à travers la collection Horlart ainsi qu'une inclinaison pour une forme d'écriture ramassée.  

Cliquez sur l'image pour l'agrandir.

Vous avez dit "mise en page" et "typographie" ? Il faut dire que pour ce projet, j'ai multiplié les difficultés et ai cherché à répondre aux diverses questions soulevées : comment introduire un aparté, une pensée intérieure d'un personnage ? Pourquoi choisir le tiret plutôt que la parenthèse ? Peut-on user de trop de points-virgules ? Comment introduire convenablement les dialogues, les citations ? Comment mettre par écrit un truc que j'adore faire, redire ce que je viens de dire comme si je me citais moi-même ?... bref pour composer le texte agréablement ET judicieusement pour relever le défi je me suis tout particulièrement appuyée sur le Lexique des règles typographiques, en usage à l'Imprimerie nationale, éd. 1990. Certes, l'ouvrage n'est pas tout jeune mais je n'ai rien trouvé de mieux pour l'instant.

Le texte, un portrait en une page, s'attache à décrire et à écrire sur ce qui constitue une personnalité, attention !, du point de vue du livre : une sorte de mélange entre un comportement, un physique, un style vestimentaire, des humeurs, des qualités, des défauts, des envies, des rêves. Chacun des 18 portraits littéraires est le résultat d'une composition ; chacun se focalise selon le cas sur l'un ou l'autre des aspects que je viens de citer.  Autrement dit, ce que tait le texte, l'image peut le suggérer, ce que l'image dit, le texte peut venir le préciser, ou le contredire, pour mieux illustrer le fait que mettre des textes en rapport avec des images relève, selon moi, d'une construction singulière, affutée ET ajustée. 

Le binôme "texte + image" fondé sur la recherche d'une complémentarité, constitue une personnalité, un motif... un modèle * homme.

Du  fringant célibataire à moustaches à l'hyperactif introspectif  en passant par le décideur stoïque, chaque figure est ici le résultat d'un processus créatif en trois étapes :
 
En premier, le jaillissement. Oui, mes bonshommes, je le pense, ont littéralement jailli du blanc de la feuille de post-it. Car, je n'ai pas fait de croquis préalable au sens de dessiner l'idée que j'avais dans la tête. Je n'avais rien dans la tête d'aussi précis. C'est dans les premières traces laissées au crayon par ma main sur le petit carré de papier blanc  9 cm x 9 cm , qu'au fil des jours des figures ont manifesté leur présence. Étrangement, comme si elles étaient comprimées dans la main, maintenues dans le cœur, dans l'attente et qu'à la faveur des premiers traits jetés, il leur était permis d'affleurer. 
 
Ensuite, la détermination des formes. Un genre se dessine, une attitude, un caractère cherchent à se préciser. Tout cela sera pris tel que, comme cela apparaît, c'est-à-dire sans censure. Chaque jour à ma table d'atelier, un petit corps, trapu, rondouillard, élancé, en action ou posant, parfois difforme, tranquillement sous les coups de crayon, se détermine. Je m'imagine alors des centaines de petits êtres singuliers, pressés et contenus là entre la main, l'esprit et la feuille, dans l'expectative qu'enfin !, je me décide à tous les libérer depuis les tréfonds de mon imagination.
 
Puis, la ressemblance à. Avec un trait plus résolu, à la plume et au lavis d'encre de Chine, la figure se caractérise, l'être se fixe et le caractère s'autonomise de l'état de "brouillon", se hisse dans l'état de dessin terminé. Cependant, au moment de faire le livre, je réalise qu'il me faudra quand même un peu reprendre l'ensemble, réajuster, homogénéiser, parfois embellir, je redessine mes bonshommes au feutre fin puis je les colorie au crayon, avec un nombre limité de couleurs : jaune, vert, bleu, orange, marron et noir.
 
 Le portrait complet du modèle homme n°11 : le majeur poli

Le bleu sera aussi la couleur de fond sur lequel les textes seront imprimés, j'aime les conventions, les habitudes qui font autorité, surtout, j'aime les correspondances, les liens même subtils, quasi invisibles. Ici ce n'est pas le cas, pas de finesse, la couleur bleu garçon se promène dans tout l'album, et cela, je l'ai fait sciemment. (Je rappelle que pour La Femme polymorphique, je ne me suis pas gênée, j'ai utilisé un rose quasiment fluo pour la couverture et un rose bonbon pour les pages intérieures.)

En arrière-plan de ce nouveau projet de la collection Horlart, en dehors de mon goût non dissimulé pour les conventions qui ouvrent sur un terrain familier, deux éléments :
 
) l'idée (à débattre) qu'un sujet se définit relativement à, c'est-à-dire à partir de ce qui se dit de lui et non pas, seulement, à partir de ce qu'il pense de lui et ce qu'il pense être pour les autres ; 
 
2°) le jeu, manie ou tendance, consistant à imaginer la personnalité de l'autre uniquement à partir de son apparence vestimentaire, comportementale et/ ou physique.  Les textes sont ainsi écrits en fonction de ce que propose de lui chaque personnage dessiné... plus un brin d'extrapolation.
 
Pour faire plus clair : qui n'a pas succombé à l'irrésistible envie de deviner la vie du tout nouveau collègue assis seul à la table d'à côté à la cantine du boulot ? Qui ne s'est pas amusé à imaginer les dialogues d'un couple installé l'un en face de l'autre dans un pub ? Qui n'a pas dessiné dans sa tête le portrait acide de sa voisine de palier et parfois répandu, par un sens puéril du jeu des conversations, des commérages à son propos ? Enfin, qui ne s'est pas retrouvé-e face à un inconnu avec la conviction de le reconnaître sans parvenir à savoir pourquoi et d'où, laissant en soi une désagréable sensation de déjà-vu-mais-où-ça-au-fait ?

Ou, peut-être a-t-on en soi le temps et les expériences aidant comme un inventaire complet des principales caractéristiques humaines les plus répandues parmi les autres, peut-être qu'elles se combinent entre elles pour former des individus caractéristiques ou qu'elles aident à définir des types... qui sait ? 
 
   
 19 caractères élevés au rang de modèles hommes
 
Quelques confidences à propos de la couverture : pourquoi des fleurs ? J'avais envie d'expérimenter un visuel différent mais qui renseignerait sur le contenu d'un autre point de vue étant donné que le titre me semblait déjà assez évocateur. La maquette finale de ce projet est le fruit d'une intense réflexion personnelle : "Devais-je choisir de représenter un petit personnage sur la couverture pour faire un clin d’œil, annoncer la suite ? Cela n'était-il pas redondant avec le titre ? Cela ne révèlerait-il pas trop du contenu du livre ?" J'ai finalement opté pour le motif de fleurs dont les couleurs et le style reprennent le parti-pris graphique des pages illustrées à savoir : un trait rond et naïf rehaussé ou rempli de bleu, de vert, de jaune, d'orange, de marron ou de noir. Cela introduit aussi, je le pense, un léger effet de décalage, qui, je l'espère, titillera la curiosité des lectrices et des lecteurs et sera compris.

Le livre se termine comme pour les autres titres de la collection Horlart par une surprise sonore à ma façon (un 19ème portrait !) ; il est possible d'y accéder depuis le blog vers ma plateforme d'écoute Ema Dée sur Soundcloud grâce au visuel ci-dessous :

https://soundcloud.com/user-492317834/portrait-modele-homme-ema-dee

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Comme à mon habitude, j'explore le sujet en faisant un pas de côté, mais pas complètement. Et ce pour vous parler d'une science de l'étude du caractère, la caractérologie, qui se distingue de la physiognomonie, par exemple, et à laquelle je m'intéresse ponctuellement. C'est la capacité (développée, entretenue, non innée) de "déduire" la personnalité de quelqu'un à partir d'un certain nombre de critères (biologiques, sociologiques...) L'autre science, la seconde, — plus polémique dans les usages qui en ont été faits à un moment donné à ce que  j'ai compris — consiste à déterminer à partir des traits du visage certains aspects de la personnalité. On glisse doucement vers le délit de faciès, non ? 
 
Il ne s'agit pas du tout de cela ici. Mais de désir !
 
Je crois que ma tendance à me livrer à une sorte de caractérologie (ou à une étude de caractères "maison") a quelque chose à voir avec ma fascination pour le dessin caricaturiste et pour deux grands pourvoyeurs de personnages imaginaires, le dessin animé et la Littérature.  Ici, je raconte la vie en bref d'hommes que j'ai composés de toutes pièces ; ils incarnent des attitudes comme les mannequins hommes véhiculent une idée de séduction ou un idéal de beauté dans les magazines de mode. Le livre Modèles * hommes m'a donné l'occasion de réunir de petits bonshommes "réalistes" et ce double désir de représentation et de fictions (narratives).

©ema dée

lundi 1 février 2021

EmaTom renverse la tendance et signe un joli portrait double du signe du Verseau !

Ema Dée + Thomas = EmaTom* qui va emmitouflé de bleu par les routes de la création s'interroge actuellement sur la bonne humeur à avoir en ce très curieux mois de février. La météo du cœur sera au goût du moment avec le  second signe : les Verseau

"Cette année, grâce à sa nature légère et à son charme discret, Monsieur Verseau redonnera véritablement ses lettres de noblesse à la maladresse et à la distraction. Il sera l'éléphant racé dans la délicate boutique de porcelaine et de caprices simples que tient la rêveuse Madame Verseau. Elle, d'ordinaire autoritaire et si empressée, saura accueillir avec à-propos ces témoignages d'intérêt aussi surprenants que fantaisistes."

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*Un nouveau projet créatif à quatre mains

En 2011, je réalise une petite série de dessins intitulée Le Zodiaque amoureux. Des feuilles carrées (encore !), de format réduit (encore !), des feutres, de l'encre Ecoline et des pinceaux fins me suffiront pour imaginer des mignonnes saynètes aux couleurs tendres, représentant les signes astrologiques. Ici, il fleure bon d'être amoureux, on goûte le plaisir de jouer de la musique ou de cuisiner à deux, on apprécie d'être ensemble ou de se rencontrer, franchement, sans cacher son caractère, gommer ses imperfections ou feindre d'être quelqu'un d'autre. Imaginez dans l'ambiance festive d'un petit café - restaurant culturel cosy (3 fourchettes au menu), les 12 signes du zodiaque, les unes distinguées, les autres drôles, cocasses ou maladroits, mélomanes ou poètes, gourmands ! 

Par goût pour le dessin en work in progress, les défis graphiques et les collaborations artistiques (1 + 1 = 3, c'est bien connu !), je propose à Thomas de réactualiser cette série que j'affectionne ; au fil des mois de cette année, il l'adaptera, la réinterprétera, à sa guise, dans la technique qui est la sienne actuellement, le dessin numérique. Et au fil des publications mensuelles sur les blogs Le Horlart et Improzine, se glissera une nouvelle image tout en couleurs, motifs, charme et humour accompagnée d'une prédiction ajustée. C'est ainsi que dix ans plus tard, tout en conservant son côté joli dessin miniature, le Zodiaque amoureux  fait peau neuve  !

Et pour mémoire, voici un lien sur un autre exemple de collaboration, mais dans un style  très différent, le calendrier 2019 hommage (grinçant) aux faits divers   :

http://www.lehorlart.com/2019/01/fait-divers-EmaTom-2019.html

©ema dée ©Thomas ©EmaTom

vendredi 22 janvier 2021

Un anniversaire from future to past in the present day... attention : hommage !

 

Pour célébrer cet évènement qui a lieu une fois par an, invariablement à la même date, quasi à la même heure, un dessin anniversaire en forme d'hommage au cinéma pop-corn des années 1980-1990. Où l'on s'imaginait que dans le futur, en l'An 2000, on voyagerait à bord de voitures volantes. Où l'on s'imaginait que, dans le future, en l'An 2000 !, on aurait accès à des milliers de chaînes TV depuis un écran holographique. Où l'on s'imaginait un monde commandé par des d'I.A. , un monde où l'on consommerait des repas complets en tubes, en cubes, en paillettes à faire gonfler au micro-ondes. Où l'on s'imaginait... STOP ! 

J'oublie l'essentiel,  cher Thomas, aujourd'hui c'est ton anniversaire ! Il aura lieu dans le future à la même date et dans le passé à la même date mais pas du même point de vue : si ce n'est pas faire l'expérience from future to past into the present day ! *

(Et c'est là que réside toute la géniale puissance de l'imagination au service du dess(e)in, c'est-à-dire la capacité à donner corps à une forme d'immédiat impossible, à proposer des parcours alternatifs dans lesquels se projeter et à explorer le champ des possibles, je veux dire, repousser les limites que nous impose notre propre corps et que nous impose la réalité telle qu'elle nous est servie au quotidien, n'en déplaise à celles et ceux persuadées-és que faire de l'art et que voir l'Art sont deux choses inessentielles.)

* Et pour celles et ceux qui se demandent : mais à quoi est-il fait référence ici ? Je réponds : à la trilogie cinéma Back to the Future réalisée par Robert Zemeckis et sortie entre 1985 et 1990.

©ema dée

vendredi 15 janvier 2021

EmaTom vous prédit une année 2021 pleine d'excellente choses : régalez-vous !

Ema Dée + Thomas = EmaTom* enfile son costume à quatre pattes élégantes (si robustes !) et vous souhaite plein d'excellentes choses pour cette année 2021 qui commence (on croit très fort en sa capacité à s'améliorer de manière significative ! ) avec le premier signe : les Capricorne

"En 2021, Madame Capricorne voudra faire ce qu'il lui plaît enfin ! Aussi, elle osera prendre bien des risques et plus encore, pour se faire remarquer à tout prix, usera de mille charmes et de mille et un artifices pour réussir. Monsieur Capricorne, monument de générosité cette année, saura user et abuser de patience, de compréhension et de finesse d'esprit pour accompagner sa dulcinée dans ses trépidantes et artistiques aventures. On leur souhaite tout le bonheur, la joie et le rire possible !"

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*Un nouveau projet créatif à quatre mains

En 2011, je réalise une petite série de dessins intitulée Le Zodiaque amoureux. Des feuilles carrées (encore !), de format réduit (encore !), des feutres, de l'encre Ecoline et des pinceaux fins me suffiront pour imaginer des mignonnes "saynètes" aux couleurs tendres, représentant les signes astrologiques. Ici, il fleure bon d'être amoureux, on goûte le plaisir de jouer de la musique ou de cuisiner à deux, on apprécie d'être ensemble ou de se rencontrer, franchement, sans cacher son caractère, gommer ses imperfections ou feindre d'être quelqu'un d'autre. Imaginez dans l'ambiance festive d'un petit café - restaurant culturel cosy (3 fourchettes au menu), les 12 signes du zodiaque, les unes distinguées, les autres drôles, cocasses ou maladroits, mélomanes ou poètes, gourmands ! 

Par goût pour le dessin en work in progress, les défis graphiques et les collaborations artistiques (1 + 1 = 3, c'est bien connu !), je propose à Thomas de réactualiser cette série que j'affectionne ; au fil des mois de cette année, il l'adaptera, la réinterprétera, à sa guise, dans la technique qui est la sienne actuellement, le dessin numérique. Et au fil des publications mensuelles sur les blogs Le Horlart et Improzine, se glissera une nouvelle image tout en couleurs, motifs, charme et humour accompagnée d'une prédiction ajustée. C'est ainsi que dix ans plus tard, tout en conservant son côté joli dessin miniature, le Zodiaque amoureux  fait peau neuve  !

Et pour mémoire, voici un lien sur un autre exemple de collaboration, mais dans un style  très différent, le calendrier 2019 hommage (grinçant) aux faits divers   :

http://www.lehorlart.com/2019/01/fait-divers-EmaTom-2019.html

©ema dée ©Thomas ©EmaTom

jeudi 14 janvier 2021

Profeels.com, un livre aux 26 petits parcours de vie professionnelle et plus si...

Faisant suite à un premier article publié en juillet 2019, le texte qui suit entend revenir sur l'identité originale du livre autoédité profeels.com, en particulier au regard du parti-pris graphique de la couverture et des pages intérieures.

Ouvrir ce petit album d'une cinquantaine de pages, c'est faire des rencontres.

26 personnalités différentes 26 postulants, attendent d'être vues ; elles s'affichent avec brièveté, humour et poésie ; quelques mots suffisent pour les caractériser ; et l'on saura l'essentiel à propos de leur parcours professionnel, leurs goûts, leur devise dans la vie... La mise en scène du lien texte-image repose sur une suite de fiches descriptives associées, à chaque fois, à un portrait en couleurs sur un fond lui aussi en couleur. Avec brièveté certes, mais toujours de manière singulière afin de marquer les mémoires (des lectrices et des lecteurs) et se faire remarquer.

 Petit diaporama de personnages "hauts en couleur".

Hommes et femmes de profeels.com furent d'abord dessinés au feutre et au feutre pinceau sur des post-it dans le cadre d'un projet en work in progress dont j'ai déjà vastement parlé dans d'autres articles : le horlart à 1,99.  Je me permets d'écrire ici quelques lignes à son sujet pour rappeler de quoi il s'agit. Le but du projet était au préalable de privilégier ce qui je montrais peu jusque-là voire pas du tout, le dessin brut fait avec peu de moyens et surtout en un minimum de temps comme l'esquisse poussée d'une idée. Par minimum de temps, il faut entendre 5 à 15 minutes passées par dessin. Un temps court, sciemment cadré, m'obligeant ainsi à faire feu de tout bois c'est-à-dire de n'importe quoi se traçant sur ma feuille. Ce qui m'a rarement permis de présenter en ligne un rendu maîtrisé ou "abouti" et c'est tant mieux ! (Comme il est bon parfois de s'autoriser un dessin sans étude préparatoire.)

Abouti : adjectif souvent entendu prononcer dans mon parcours d'illustratrice par d'autres que moi pour qualifier mes œuvres ou mes projets graphiques, sans que je comprenne vraiment à quoi cela correspond concrètement dans la mesure où, selon moi, il n'y a que l'artiste qui peut penser en elle-même et estimer que son travail est abouti. "Abouti" a signifié dans ce projet-ci, par exemple, que le dessin tel qu'il était publié me paraissait incomplet, méritant que je procède, à un autre moment, plus tard, à une éventuelle transformation. C'est pourquoi, au fil de ce projet, a pointé le bout de son nez la nécessité d'une valorisation par le biais d'une création livresque protéiforme : livre d'artiste, livre objet, livre illustré, fanzine, carnet réflexif illustré...

Ouvrir ce petit album commence donc par la couverture.

Pour elle, j'ai créé un motif carrelé duquel surgit une moitié de tête pour une couverture en pot-pourri, aux couleurs chatoyantes et combinées : bleu, orange, rouge, vert, jaune, violet et noir. Ce parti-pris graphique n'est pas une référence grossière à un album jeunesse à succès ni à de l'art abstrait naïvement reproduit. Il est tout simplement un rappel des couleurs utilisées pour la mise en page intérieure de mes petits portraits ; en outre, il renvoie à l'ambition du projet, présenter un panel de personnages différents et hauts en couleur.              

Ici, on se raconte ; ici, on se dévoile. Écoutez !

Trouver une couverture est une étape délicate et passionnante. Délicate d'abord, parce qu'elle doit avoir un rapport avec le contenu qui soit d'une évidence troublante. Dans la plupart des cas, même s'il est ténu, ce lien doit exister. De plus, rien ne prémunit l'artiste de se livrer à un pastiche involontaire, c'est-à-dire, reproduire sans le vouloir quelque chose qui a été vu auparavant, qui se serait imprimé en elle, dans sa mémoire, et qui est refait par elle, en étant persuadée d'avoir trouvé une solution originale et inédite. Délicate étape encore, car une mauvaise couverture dessert le livre soit en biaisant la juste perception de son contenu soit en créant une attente qui sera déçue ensuite, une fois le livre ouvert. 

Le dessinateur de bandes dessinées américain Charles Burns explique notamment qu'il met beaucoup de temps à concevoir ses couvertures ; pour lui, elles doivent refléter avec précision l'intérieur de sa bande dessinée, l'histoire et la manière dont il la raconte, montrant une prise en compte de la forme comme du fond. Pour ma part, je regrette toujours qu'une bande dessinée en noir et blanc soit publiée avec une couverture en couleurs, même si je sais que cela répond autant à une habitude visuelle qu'à une volonté commerciale et parfois même artistique (cas des comic books ou des mangas). Et très curieusement l'inverse ne se produit jamais.

Néanmoins, créer une couverture se révélera à chaque fois une étape passionnante. Cela parce qu'elle permet de tâtonner, d'explorer, d'expérimenter dans les vastes territoires que constituent le titre, la typographique et ses polices de caractères, la composition, les possibilités offertes par l'impression en matière de papiers comme de finitions (dorure, relief, saturation de couleurs, fenêtre, découpe, rabats)... Cela parce qu'au bout du compte, la couverture commence et termine le livre.

Ouvrir ce petit album continue avec son contenu.

Côté gauche. On remarque d'emblée le semblable redoublement de la lettre "e" dans la graphie titre et celle des prénoms. On remarque également les catégories choisies pour servir de support à une présentation à la fois homogène et néanmoins variée : "âge", "profession", "aime", "déteste", "son profeel favori", "son rêve", "sa devise". On remarque enfin le petit dessin en noir et blanc, avatar posé dans le bas de chaque fiche, qui la termine agréablement. Agréablement et judicieusement, car c'est à chaque fois un clin d’œil amusé à un postulant ou à une postulante. Côté droit. Un portrait épaule et frontal prend place dans un espace abstrait représenté par un fond mat et plein. Si l'on pense soudain à une photographie de classe ou à un photomaton fantaisie, on aura raison, c'était le but. La disproportion entre la taille des personnages et l'espace dans lequel chacun et chacune est mise en œuvre volontairement : écrasement par le cadre (de vie, du travail, de ses désirs...) ? Recherche d'un effet comique décalé ? Peut-être. Ce qui est certain, en tout cas, c'est qu'ici tout le monde s'est donné le mot pour apparaître dans une grande simplicité (voire une forme de radicalité).

Ouvrir ce petit album invite à s'interroger.

Pourquoi ce double "e" ? Pourquoi recourir à des "fiches" plutôt qu'à un texte bref dont j'aime dire qu'il me convient parfaitement ? Et pourquoi ces métiers-ci ? Quelle est la véritable nature de cet album qui n'est clairement pas un guide à l'usage des conseillères d'orientation ? Profeels.com ne s'attache pas à caractériser des professions, en effet.  Il faut davantage voir cet album comme la concrétisation d'une idée personnelle liée à une lecture pleine d'auto-dérision de mon propre parcours professionnel* : 

—  Imaginer faire se rencontrer mon expérience pratique et théorique de certains métiers et des portraits d'hommes et de femmes imaginaires ;

Chercher par la magie de la mise en page, une manière qui fasse sens, c'est-à-dire que chacun et chacune prennent vie page après page, deviennent familiers et proches. 

 — Enfin,  vouloir qu'à la faveur de cette rencontre, se révèle un microcosme tel que peut le représenter un site de rencontres ou un réseau professionnel, où parfois, les pseudonymes remplacent les prénoms d'usage et surtout, où l'on cherche à (ap)paraître sous son meilleur profil. 

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*Puisque j'ai été tour à tour, en rêve ou dans la vie réelle, équilibriste, animatrice de centre de vacances, téléactrice, caissière, modèle vivant, arracheuse de dents, art-thérapeute, vendeuse de reproductions d’œuvres d'art, chanteuse dans le métro, serveuse, cliente mystère, assistante de conservation en bibliothèques, artiste, avaleuse de couteaux, intervenante spécialisée en art, magasinière, baby-sitter, clown photographe reporter, meneuse de revue, chercheuse d'emploi, fleuriste, magicienne et journaliste-rédactrice iconographe pour la radio.

Sinon, pour accéder au tout premier article sur ce projet publié sur le Horlart sous le titre Caractères et bons mots dans un second album carré : suite de mes autoéditions, c'est ci-après :

http://www.lehorlart.com/2019/07/autoedition-ema-dee-portraits-2019.html 

Enfin, assumant d'être à nouveau hors-sujet, et pour celles et ceux que cela intéresse, je signale un article passionnant de Jean-Paul Gabilliet sur l'esthétique de l'auteur Charles Burns ; il est accessible ici :  

 https://journals.openedition.org/sillagescritiques/9579

©ema dée