samedi 20 mars 2021

Un mois pour faire l'expérience de dessiner des arbres au sein d'un atelier d'artistes

Toujours partante pour faire des expériences stimulantes, je saisis l'opportunité qui se présente à moi en février dernier de rejoindre La vie sauvage, un atelier d'artistes, installé dans la commune avoisinant la mienne, ce qui est très pratique pour s'y rendre même à pied. La vie Sauvage est un atelier associatif réunissant depuis plusieurs années sous le même toit huit artistes aux sensibilités singulières et aux activités plurielles — capables malgré tout d'évoluer côte à côte — , et au besoin, de collaborer et de dialoguer entre elles.

Je l'avoue, rejoindre cet atelier, même pour une courte durée, fut pour moi, comme partir à l'aventure dans un territoire inconnu. Car je suis plutôt habituée à mener mes recherches seule à la maison ou au sein d'ateliers pour adultes gérés par un-e artiste enseignant-e qui fixe ou pas un cadre pédagogique et précise des pistes de travail possibles. À la veille de mon installation, je suis à la fois excitée par la perspective de partager un espace collectif et inquiète à l'idée de rejoindre des créatifs bien installés dans leurs activités respectives. 

Pour que l'expérience soit enrichissante, je décide à l'avance de ce que je souhaite faire et explorer durant ce mois pendant lequel je vais pouvoir à ma guise travailler en dehors de chez moi. Dans un petit espace à ma mesure, parmi d'autres,  ainsi installée à une grande table surélevée généreusement éclairée, pile adaptée à mes besoins d'expressions, pouvoir me concentrer sur une seule chose, pouvoir me (pré)occuper d'une seule chose à la fois, à l'intérieur d'un projet plus important : un projet pluridisciplinaire qui a vu le jour en 2014. L'actualité artistique et environnementale ainsi que mon cheminement personnel me conduisent à rouvrir ce chapitre de ma vie créative que j'avais un peu mis de côté, la Représentation de l'arbre, une sorte d’œuvre multi-facettes qui permet le croisement de différents points de vue et approches. Ainsi, l'occasion de l'atelier s'est présenté à moi comme un cadre opportun — et nécessaire pour mener à bien une réflexion neuve.

Au sein de l'atelier, je découvre une organisation sociale fort sympathique. D'emblée, elle me séduit et elle me réjouit au fil des jours qui passent (trop vite) : chacun-e a sa spécialité, scénographie, illustration, bande dessinée, modelage, impression, dessin, art vidéo ou édition, et chacun-e mène ses recherches selon son propre emploi du temps. L'intérêt de l'atelier, c'est aussi de pouvoir se retrouver ensemble sans forcément parler de sa création personnelle, de ses projets ou de ses problématiques de recherche. C'est en outre jouir d'un lieu dédié, aménagé, confortable parce qu'il dispose de bonnes ressources documentaires, spatiales, logistiques ou techniques, je veux dire, des livres, du matériel d'exposition, un lieu pour se restaurer... par exemple. Tout y est prévu pour se livrer à ses investigations et rêveries individuelles.

L'harmonie de ce lieu privilégié, propice à la fois à la recherche, au partage, à la rencontre et à l'expérimentation, repose également sur le respect de règles communes de savoir-vivre, au sein de l'atelier, entre artistes et à l'intérieur du bâtiment où il se trouve. Ce dernier fonctionne comme un vivier,  d'autres ateliers y sont aménagés et occupés par des artistes œuvrant dans un champs d'activités complètement différent : des youtubeurs, un graffeur et un rappeur. 

Qu'ai-je donc fait durant ce mois de février au sein de l'atelier ? À raison de deux à trois fois par semaine, je m'y suis rendue avec à l'esprit — et dans le cœur —, le désir de faire progresser la facette "arbre-dessiné" de mon œuvre à venir. Cet aspect de mon projet que j'avais déjà un peu démarré en amont entre les mois de décembre et de janvier, consistait et consiste toujours à travailler le dessin à partir de traces préexistantes et variées, mais sur des formats inédits et avec des outils nouveaux ou utilisés différemment. Ici et là, par exemple, sur des feuilles de papier de format 40 cm x  40 cm et d'un blanc naturel, c'est-à-dire d'une teinte beige clair, (re)vivre une marche en forêt ou (re)composer la vue d'un bois.

Cette "résidence" à ma façon, au sein de l'atelier associatif prend place dans une démarche de créations en work in progress, explorant ensemble l'écriture, le dessin et les objets plastiques ainsi que leur articulation. Ces créations ont toutes pour origine (ou presque) des expériences passées actualisées par une réflexion parfois théorique, présentes ou anticipées. D'autres considérations sur ma représentation de l 'arbre peuvent être lues en cliquant sur le lien suivant : http://www.lehorlart.com/2021/01/un-arbre-comme-sujet-de-recherche-personnelle-et-professionnelle.html

©ema dée

mardi 16 mars 2021

Moi, La Sororité ou Femmes et théâtre à l'Espace Marguerite Charlie (Saint-Denis, 93200)

Depuis le 8 mars 2021, qui correspond à la 36ème célébration de la Journée internationale des droits des Femmes, j'expose à l'Espace Marguerite Charlie, à Saint-Denis (93200), l’œuvre graphique Répétitions ? accompagnée du texte Je songe à toutes les fois. Ce sont deux productions artistiques inédites réalisées pour l'occasion, en réponse un appel à participation dont je parle plus en détail ici : http://www.lehorlart.com/2021/03/la-femme-objet-dattentions-permanentes.htm

1 - Quelques confidences à propos de l’œuvre Répétitions ? :

C'est une œuvre graphique sur papier blanc. Elle est inédite et cela pour plusieurs raisons : d'abord, par son format, qui résonne avec mon envie actuelle d'étendre mon espace physique d'expression, au-delà du format carré ou A4 ; ensuite, par le médium utilisé, je dessine couramment au feutre fin (voire très fin), au feutre pinceau, au crayon de couleur et à l'encre aquarelle. Je ne cache pas l'influence qu'exerce, sur la texture de mon trait, mon intérêt pour la gravure sur métal et le dessin de presse, par exemple satirique. Or, pour cette production-ci, j'avais envie de proposer une image qui puisse aussi être considérée de loin. Alors, je m'arme d'un marqueur à l'acrylique qui trace des lignes épaisses et plus assurées ; l'outil "grossier" m'oblige à volontiers sortir de ma zone de confort et d'une verve d'ordinaire intimiste. Si le sujet de l’œuvre, le corps de la femme, n'est pas nouveau dans ma production — le personnage féminin dans toutes ses nuances se balade en effet dans beaucoup de mes productions —, la composition, elle, est récente. Elle fonctionne comme un collage et renouvelle mon approche de la notion d'héritage.

2 - Quelques confidences à propos du texte Je songe à toutes les fois :

Ce texte se place volontiers dans le registre de l'autofiction, jusqu'à un certain point. Il part d'un souvenir d'adolescence, réellement vécu. Le genre littéraire aidant, parce qu'il autorise dans le récit de soi, en réponse à des zones d'ombres, le recours à une forme d'invention(s) dans/de l'écriture, je le raccroche à un évènement qui s'est déroulé à l'âge adulte : ma découverte d'une pièce de théâtre, très connue aujourd'hui et exemplaire du combat des femmes, notamment, en ce qui concerne la réappropriation de leur corps. Je voulais que l'épisode personnel se hisse au rang d'expérience commune que d'autres auraient pu vivre. Et si tel n'était pas le cas, je veux dire, si personne n'a vécu la chose comme moi, je désirais que le récit renvoie de toute manière à un thème collectivement partagé par les femmes : l'arrivée des premières règles avec toute sa cohorte de questionnements, de sentiments et de sensations contradictoires. La lecture de plusieurs romans d'Annie Ernaux publiés en 2011 dans le recueil Écrire la vie (Gallimard, coll. Quarto) a grandement contribué, chez moi, à l'ouverture et à la libération, il y a plusieurs années, des possibilités narratives d'un langage puisant dans des niveaux de langue et des registres variés. Il est possible qu'il y ait un peu de cette volonté d'écrire la vie dans mon texte, à découvrir dans son entiereté jusqu'au 31 mars à l'Espace Marguerite Charlie, 42 rue de la Boulangerie, à Saint-Denis (93200).

3 - Quelques images de l'exposition installée à l'Espace Marguerite Charlie et présentée à partir du 8 mars 2021 :

Le vernissage a eu lieu dans une ambiance intéressée et calme, ponctuée de moments musicaux proposés par le groupe de rock et de musique française Automne. Je découvre les autres productions et leurs artistes : sont ici représentés l'art du collage, le dessin Art brut, la peinture abstraite, la photographie numérique, le dessin naïf, la performance, la peinture figurative et le dessin numérique. Je dois reconnaître que ce moment collectif et à bonnes distances, m'a fait du bien. Un an que je n'ai pas entendu ni vu de concert ou participé à un évènement local culturel et artistique, je me suis donc fendue de quelques images photos - mémoires prises à la volée !

J'ai été pareillement émue, si ce n'est plus, par le fait d'avoir été retenue pour faire partie de cet évènement. Je réalise au moment où j'apporte mon œuvre, à la veille de l'accrochage, qu'une trop grande durée sépare cette exposition de l'avant-dernière, c'était en avril-mai 2014, j'y exposais seule des œuvres graphiques, à la boutique Rougier & Plé, Filles du Calvaire, Paris 3ème. (Dans l'intervalle, beaucoup de choses ont été faites qu'une monstration aussi discrète soit-elle aurait fait avancer.) Mais ce qui m'a particulièrement touchée, c'est de pouvoir montrer, dans le contexte qui est le nôtre la pandémie , un projet personnel nouveau, quel qu'il soit et quelle que soit la manière dont il sera perçu par le public.

Régulièrement, j'apprends que des évènements artistiques prévus de longue date, devant se dérouler cette année ou en 2020, ont été repoussés à l'année prochaine ou sont carrément suspendus. Malgré l'espoir que bientôt tout redeviendra possible et la conviction que cela ne peut pas durer éternellement, on nage dans l'inconnu. Je dois dire que quand j'ai reçu l'appel à participation, l'idée m'a effleurée de ne pas y répondre, tout simplement parce que je doutais que l'évènement puisse vraiment avoir lieu. Je me disais que cela ne valait pas la peine de produire quelque chose puisqu'il n'était pas certain qu'il se concrétise, finalement. C'était oublier le bienfait qu'apporte déjà l'acte de créer, tout simplement, de s'assoir à sa table de travail, de réfléchir les feutres à la main à la meilleure manière d'exprimer sa conception de la sororité et des relations que les femmes entretiennent avec le théâtre. Bien plus, ce fut comme un acte de résistance, un cri lancé contre le risque d'apathie ou la dépression ambiante, contre les forces délétères qui semblent oublier l'énergie vitale à l'origine de toutes formes d'art et l'intérêt de côtoyer ces formes les grandes comme les plus confidentielles , comme semble être oubliée, de plus en plus, la force des initiatives locales, qui, je le crois, peuvent essaimer si on a l'audace de poser une première pierre. C'était faire œuvre d'art malgré tout, malgré les forces d'inertie.

©ema dée

vendredi 5 mars 2021

EmaTom suit son courant ascendant et fait bonne pêche !

Ema Dée + Thomas = EmaTom* tombe du lit au mois de mars et se taquine le ciboulot  dès potron-minet à la recherche d'idées goûteuses (et croustillantes sur le dessus). Il peut s'enorgueillir de sa belle prise du jour : les Poissons

"D'ordinaire calmes, discrets et cependant pareillement engagés dans les combats collectifs où les porte leur âme généreuse et solidaire, Madame et Monsieur Poissons auront très envie, cette année, de nager à contre-courant, de faire montre à la fois d'audace, d'agilité d'esprit et d'individualisme. Madame Poissons saisira sa chance d'imposer ses points de vue non-conformistes ; Monsieur Poissons, quant à lui, ne sera pas le dernier à être là où on ne l'attend pas. "

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*Un nouveau projet créatif à quatre mains (qui se poursuit).

En 2011, je réalise une petite série de dessins intitulée Le Zodiaque amoureux. Des feuilles carrées (encore !), de format réduit (encore !), des feutres, de l'encre Ecoline et des pinceaux fins me suffiront pour imaginer des mignonnes saynètes aux couleurs tendres, représentant les signes astrologiques. Ici, il fleure bon d'être amoureux, on goûte le plaisir de jouer de la musique ou de cuisiner à deux, on apprécie d'être ensemble ou de se rencontrer, franchement, sans cacher son caractère, gommer ses imperfections ou feindre d'être quelqu'un d'autre. Imaginez dans l'ambiance festive d'un petit café - restaurant culturel cosy (3 fourchettes au menu), les 12 signes du zodiaque, les unes distinguées, les autres drôles, cocasses ou maladroits, mélomanes ou poètes, gourmands ! 

Par goût pour le dessin en work in progress, les défis graphiques et les collaborations artistiques (1 + 1 = 3, c'est bien connu !), je propose à Thomas de réactualiser cette série que j'affectionne ; au fil des mois de cette année, il l'adaptera, la réinterprétera, à sa guise, dans la technique qui est la sienne actuellement, le dessin numérique. Et au fil des publications mensuelles sur les blogs Le Horlart et Improzine, se glissera une nouvelle image tout en couleurs, motifs, charme et humour accompagnée d'une prédiction ajustée. C'est ainsi que dix ans plus tard, tout en conservant son côté joli dessin miniature, le Zodiaque amoureux  fait peau neuve  !

Et pour mémoire, voici un lien sur un autre exemple de collaboration, mais dans un style  très différent, le calendrier 2019 hommage (grinçant) aux faits divers   :

http://www.lehorlart.com/2019/01/fait-divers-EmaTom-2019.html

©ema dée ©Thomas ©EmaTom

La Femme-objet d'attentions permanentes : avis d'exposition collective dès le 8 mars 2021.

Chaque année, je me pose la même question sans trouver ou de réponse ou tout simplement de temps pour à la fois formuler cette réponse et produire quelque chose d'écrit ou de graphique, ou les deux, qui lui corresponde. Ma question récurrente, la voici : "Comment fêter à ma manière la Journée internationale des droits de la Femme, je veux dire, sans dogmatisme ni prosélytisme, avec force et pertinence, cependant ?

Cette année, la réponse est venue d'un appel à participation lancé en février 2021 pour un projet d'exposition collective au féminin, organisé par la Ville de Saint-Denis, en partenariat avec l'artiste Sorana Doré et l'Espace Marguerite Charlie (avec la participation d'Automne). 

Le thème ? La Sororité ou Femmes et théâtre. Inspirant, n'est-il pas ! L'appel consistait en la proposition d'une peinture, d'un dessin ou d'une photographie accompagnée d'un "texte en résonance", ce texte pouvant faire l'objet d'une lecture, d'un débat, d'une performance...

Pour l'occasion, j'ai produit un dessin en couleurs, en plus grand format qu'à l'ordinaire (38 cm x 56 cm environ), un nouveau défi, gentiment relevé, intitulé Répétitions ? Ainsi qu'un texte, Je songe à toutes les fois, inspiré de deux souvenirs autour notamment d'une question intime et collectivement partagée : les menstruations. L’œuvre graphique ET littéraire rejoindra les quelques 10 autres créations originales et ce, pour trois semaines de présentation publique.

Je le rappelle, l'évènement commence dès ce lundi 8 mars  à 15h à l'Espace café-galerie Marguerite Charlie avec un vernissage en musique. À bientôt, donc !  

Espace Marguerite Charlie 

Du lundi au samedi de 10h à 15h

 42, rue de la Boulangerie  -  93200 Saint-Denis   

@marguerite.charlie.cie/ marguerite.charlie.cie@gmail.com 

09 86 44 91 82 

©ema dée ©sorana doré ©espace marguerite charlie