mercredi 15 juillet 2020

Déconfinement # 9 : Mon imagier du confinement - Un Pot-Pourri au Feutre

Nouvelle et avant-dernière publication de mon journal de confinement-déconfinement.


Je rappelle le projet, la démarche — l'intention. Faire se croiser des émotions et pensées du moment avec des réflexions et des images notées sur un carnet d'esquisses durant les mois de mars, avril et mai 2020. Et ce dans le but d'appréhender et de laisser des traces personnelles d'une époque particulière, déjà révolue pour certains-es, en latence ou comme ancrée à l'intérieur pour d'autres : la pandémie de Coronavirus ou Covid-19 et l'obligation imposée à toutes les échelles — internationale comme individuelle — de limiter, interdire ou reporter tout déplacement ou regroupement en masse de personnes. 

Rituellement, en général le mercredi, quand le besoin de partage se fait sentir, je donne à lire un écrit réflexif aux contours poétiques auquel j'associe une page extraite de mon carnet. Le dessin, volontairement lâché, au feutre, au crayon de papier ou de couleur, s'est amusé, au cours de la période, à "inventorier" les objets d'un quotidien confiné ; mon regard s'est fait plus attentif à l'ordinaire — et qu'à l'ordinaire.

Je suis de ces personnes qui avancent prudemment, du confinement des gestes, du corps, de l'esprit et de l'activité au déconfinement de l'émotion, de l'espace de créativité et des projets. 

Ainsi, après avoir gribouillé dans un lieu confiné — mon carnet de Moleskine —, après avoir réfléchi dans un lieu confiné — ma chambre transformée en atelier temporaire —, après avoir effectué des trajets confinés, de ma maison à l'hypermarché et de l'hypermarché à ma maison, je vais. D'un point précis à l'autre. Toujours un peu plus loin. De plus en plus longtemps. Par exemple, ces jours derniers, j'ai fait un court mais riche séjour en Bretagne du Nord avec mon mari ; j'ai visité une partie des Côtes d'Armor ; de Perros-Guirec au Cap Fréhel, quels paysages changeants le long du littoral ! D'étranges pierres et blocs de granite rose sculptés par le ressac ; des falaises verdoyantes, et au-dessus, une "steppe" fleurie d'espèces hérissées de pointes à perte de vue. Jusqu'au bleu scintillant de l'eau frémissante, jusqu'au bleu limpide du ciel azur... (Un sentiment violent de liberté m'a saisi la gorge alors que nous filions sur l'autoroute du retour).   

Pouvons-nous respirer librement à présent, mère Nature ? Pas vraiment et pas partout. Ou avec ses deux yeux grands ouverts, tous ses membres bien réactifs — à distance — et un masque (ou deux) à portée de mains. À un endroit, nous essuyâmes une véritable attaque d'abeilles, de guêpes et autres insectes vrombissants et piquants. Seuls, à l'orée d'un bois inconnu, j'ai craint pour nos vies. À un autre, nous observâmes le vol surexcité de plusieurs dizaines d'hirondelles. Je m'interrogeai sur une telle frénésie collective au-dessus de nos têtes ; nous traversions alors un hameau chargé d'hortensias mauves, roses ou bleus. À un autre encore, nous observâmes des nids d'oiseaux au fil d'une randonnée sous le soleil et le vent armoricains ; nous écoutâmes des chants, des cris, le concert de tout un peuple ailé, tranquille, heureux : sauvage ! Mais, nous observâmes inquiets , les plages soyeuses ourlées de vert acide... Plus loin, enfin, je me glissai dans une eau claire et fraîche, sans danger apparent, titillant du bout de l'index les anémones aux reflets blancs et au corps mou et bordeaux.

Dinan... Saint-Malo, Dinard l'Ille-et-Vilaine attendront ;  une dernière étape cependant : la traversée à grande vitesse de la forêt de Paimpont (parfois identifiée à la forêt mythique de Brocéliande) ; elle révèle sa beauté sauvage et inspirante, en dehors de ses sentiers battus et rebattus ! surtout en cette période de l'année. Évidemment. Nous vîmes de loin ses hautes fougères ; nous reviendrons rencontrer ses habitants centenaires. Bientôt.

D'un point précis à l'autre, donc. Auparavant, je visite un peu la Touraine, file le long de champs de tournesols qui m'émerveillent, m'arrête pour suivre un chemin bordant le Cher qui me conduit au très singulier Château de Chenonceau : il "vit les pieds dans l'eau". Une bien jolie balade entre amis et entre amoureux (à la veille d'un grand évènement personnel) ; le soleil est au rendez-vous, les feuilles des multiples arbres s'illuminent, la terre boisée transpire, nous croisons des marcheurs, nombreux — trop à notre goût —, ça sent les vacances, non ?

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8 - La végétale collectionnite (Un Pot-pourri au Feutre)

Jour 6 (22/03/2020) : J'ai eu une interruption involontaire du sommeil (ou IIS): à ce moment-là, des idées fusent ; des questions trouvent leur résolution ; je suis en harmonie avec moi-même, comme connectée à ma vraie nature.

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© ema dée

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