mercredi 3 juin 2020

Déconfinement # 5 : Mon imagier du confinement - Un Micro au Crayon

Hier, j'écrivais à une amie : "Comme sortir me manque ! Comme me retrouver avec ma moitié à la terrasse d'un pub et converser d'un évènement auquel nous venons tout juste de participer me manquent ?" Je demande à mon amie : "Et toi, comment fais-tu pour vivre, toi qui racontes, dans les bibliothèques, les centres culturels, toi qui lis à voix haute pour d'autres lieux encore ?"

 

J'ai ressenti durement l'annulation successive des concerts de musique rock prévus depuis longtemps ; j'ai ressenti durement l'annulation des représentations théâtrales réservées de longue date et dont la perspective me réjouissait profondément ; j'ai ressenti durement l'impossibilité de me rendre dans les musées, petits et grands alors qu'ils affichaient depuis la fin de l'année dernière une merveilleuse programmation, bien plus attractive que celles des années précédentes ; j’ai ressenti vivement le manque de fictions sur grand écran, de salles obscures... Ah ! le son méga dolby surround qui me rend apathique et sourde, momentanément — les trompettes retentissantes de la fiction ! 

Bouchée l'excitante perspective de découvertes en galeries d'art ou en librairies spécialisées...

Ce qui semblait acquis la Culture et l'Art à portée de regard, après quelques stations de métro s'est comme fragilisé, teinté d'incertitudes ; le quotidien riche de surprises, de rencontres artistiques, d'émotions renouvelées et d'expériences esthétiques toujours différentes, mémorables, mis entre parenthèses ; comme l'écolière privée de récréation à cause d'une météo capricieuse, je me retrouve désorientée, entravée, en colère.

(Par contre, je n’ai ressenti aucun regret à marcher dans le désert des rues silencieuses et propres, lorsque j’avais à sortir pour faire mes courses hebdomadaires, durant les deux mois de confinement ; la systématique oppression de la foule, l’oppressante présence de la machine humaine, la vrillante atmosphère poussiéreuse de travaux urbains, les jacasseries puantes des automobiles, elles, elles ne m'ont pas manqué. Les trottoirs, les rues, les boulevards, les quartiers familiers se sont éclaircis, allégés d'immondices et de circulations.)

J'attends le 22 juin avec impatience : on annonce la réouverture des salles de cinéma ; j'irai à vélo ! 

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5 À l'écoute (Un micro au Crayon)


Jour 24 (31/ 04/ 2020) : Le confinement ne me convient pas car je me rends compte de la précarité de ma situation. J'ai ma création pour attendre ; j'espère être capable de me "déconfiner" correctement.
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Pour appréhender le projet de récit de soi depuis le début, ce sera en cliquant sur ici.

© ema dée

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