dimanche 23 septembre 2018

À que voilà de charmants poncifs...

Ô toi, lectrice, lecteur, qui déguste la saveur des mots cuits à point, qui aime les faire longuement mijoter à feu doux pour qu'ils ramollissent, qui les accomode avec mille épices et les mastique sans fin, en compagnie de pairs qui partagent ta gourmandise et tes sens délicats, cet article et ceux qui suivront sont pour toi. Très influencés par la lecture des aphorismes  de Gustave Flaubert*, tout en manifestant et revendiquant leur libre expression, ceux-là celui qui suit et ceux qui suivront sont écrits depuis l'observatoire de la vie.

Poncifs : dans le jardin des banalités sans limite et des lieux communs en friche prolifèrent au gré des conversations banales et tristes entre gens de pensées bien cultivées, les bulbes poncifs aux attraits faciles.  Ni mordants ni piquants, les poncifs en fleur auréolent le crâne chevelu de celles et ceux, qui faute d'intelligence de cœur ou d'esprit industrieux, s'appliquent à nourrir le vide de leurs observations molles et fielleuses, avec du compost d'idées prédigérées. Ici, les voyelles rabougries se mêlent aux consonnes atrophiées et composent des parterres de phrases rachitiques. Les poncifs affectionnent surtout le sol aride des cerveaux sans imagination. Pour ralentir sinon éviter la pousse incontrôlée des échanges infertiles, il est donc fortement recommandé de très régulièrement se bêcher. 

* Le dictionnaire des idées reçues ou Catalogue des opinions chics (1850-1913)

Merci de votre attention.

© Pour un petit lexique de la vie ordinaire/ ema dée

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Ema Dée vous remercie de votre curiosité et de votre visite. À bientôt !