samedi 6 octobre 2018

Un coquelicot... sans pesticide, s'il vous plaît !

Cher-è-r-e-s internaute-s,


Cette fleur pourpre qui n'égaiera nul étal de fleuriste, à cause de sa douce nature rebelle et rétive, me ravit et me désespère à la fois ; ce sentiment mêlé installé en moi il y a longtemps, est resté intact avec les années passant ; comment ne pas ressentir, en effet, un serrement dans la poitrine – d'une joie pétrie de tristesse – face au rouge solaire de sa fragile corolle, de ses feuilles alternes, de sa tige fine d'un vert résistant et poilu ? Comment rester insensible devant sa grande famille qui de ses milliers de pétales duveteux et légers compose dès le printemps un tapis écarlate parmi les herbes hautes, devant ces quelques individus isolés qui parsèment de touches rougies le bord des chemins ? Les uns comme les autres, comme à chaque fois, viennent réveiller des souvenirs enfouis de promenades champêtres ou de traversées motorisées sur la voie rapide...

Tout dans cette fleur que j'ai longtemps cru sauvage, dont la seule découverte m'a fait bondir le cœur la première fois que je l'ai vue, enfant, et tenté de la cueillir, pour faire un bouquet à offrir, avec, immédiatement, dans les yeux, sur le visage, du désappointement :  à peine cueillie, voilà qu'elle se flétrit dans l'heure, qu'elle se ratatine, perdant son éclat et toute sa délicatesse enchanteresse, dans l'instant ! Tout dans cette jolie herbacée inaccessible, à part pour le regard et sa mémoire, me plaît encore, aujourd'hui, et avec la même force troublée.

 
Pourtant, cette "mauvaise herbe" originaire d'Eurasie et saisie par Odilon Redon, Henri Matisse ou encore, Claude Monet ! – le coquelicot ou le Papaver rhoeas, car c'est bien de lui dont il s'agit – est très concernée par la problématique posée par l'usage des pesticides*. Le coquelicot été choisi comme symbole d'une lutte à portée environnementale, économique  et sociétale visant à restaurer la beauté des paysages naturels.

*Les pesticides sont des poisons qui détruisent tout ce qui est vivant. Ils sont dans l’eau de pluie, dans la rosée du matin, dans le nectar des fleurs et l’estomac des abeilles, dans le cordon ombilical des nouveau-nés, dans le nid des oiseaux, dans le lait des mères, dans les pommes et les cerises. Les pesticides sont une tragédie pour la santé. Ils provoquent des cancers, des maladies de Parkinson, des troubles psychomoteurs chez les enfants, des infertilités, des malformations à la naissance. L’exposition aux pesticides est sous-estimée par un système devenu fou, qui a choisi la fuite en avant. Quand un pesticide est interdit, dix autres prennent sa place. Il y en a des milliers".... Ce sont là les premiers phrases de l'appel de nousvoulonsdescoquelicots.org en faveur de l'interdiction des pesticides.

Vendredi 5 octobre à 18h30, pour la première fois, tous les porteurs de coquelicots (...) se sont retrouvés devant leurs mairies ou, dans quelques grandes villes, sur des places emblématiques, autour de plus de 400 manifestations. Et ce n'est qu'un début puisque l'association propose un rendez-vous de soutien mensuel.

Portez du rouge à la boutonnière !

© ema dée

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