dimanche 4 mars 2018

Betty Boob ou Le corps de la femme sublimé

Pour ce mois de mars qui grelotte encore de froid et s'enrhume un peu, s'impatientant derrière sa fenêtre baignée d'eau de pluie, l'esprit et l'humeur mornes, un clin d'œil à une oeuvre livresque qui chante la femme à sa manière... et ça réchauffe un peu :


Dessin Julie Rocheleau - Scénario Véro Cazot
éd. Casterman, 2017 

Il était une fois une découverte qui m'a fait l'effet d'une claque en plein visage.  Il était une fois un portrait de femme d'exception. Déjà un classique, de mon point de vue.

Betty Boob, c'est d'abord l'histoire d'une femme "mutilée" par la vie : elle a perdu aux yeux de son amant et à ses propres yeux, l'essentiel. Cet essentiel chanté ou condamné - paradoxalement - pour sa "dangerosité" ou sa volupté délicieuse à travers les Arts et objet de controverses (cf. par exemple, le groupe Femen). La compensation de ce manque se fera d'une manière créative, inattendue, explosive... !

Mais Betty Boob, c'est surtout le dynamisme d'un traitement graphique ; la justesse d'un personnage féminin tout en nuances - tour à tour fragile, drôle, inquiet, lumineux, attachant - le trait assuré et vif dans des compostions ptiques ou audacieuses et des portraits expressifs ; la douceur et la drôlerie du ton dans la gravité du sujet ; le plaidoyer - dépouillé de toute démagogie - pour la différence, l'indépendance d'esprit et la beauté singulière.

Lire Betty boob, c'est poser un regard chargé d'empathie sur le corps des femmes, entendre-voir-réaliser les stéréotypes majeures qui le définissent, l'emprisonnent, et assister en spectatrice-teur active-f à leur jolie transgression.  

© ema dée

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