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vendredi 7 janvier 2022

Situation 1 : Peindre sur papier un paysage imaginaire en noir et blanc

Depuis le mois de septembre 2021, je participe à un atelier de pratique plastique. Ceci dans le but avoué d'envisager à nouveau la peinture et le grand format comme un médium et un support d'expressions artistiques.

Parmi les demandes et les recommandations de l'atelier, celle de prendre en compte des documents iconographiques et/ou une consigne comme point(s) de départ à l'invention et la recherche, celle d'investir un support mesurant 75 x 106 cm (du carton gris ou une feuille de papier aquarelle Montval, par exemple), celle d'utiliser des outils graphiques et/ ou plastiques, enfin, celle de recourir à tous les procédés ou techniques à condition que leur usage procède d'une réflexion sur sa propre pratique et sur ses envies de déploiement à venir. 

Pour mettre en perspective ce travail, sorte de voyage introspectif à la faveur notamment de la matière picturale et du geste graphique, je décide de publier ici les résultats variés de mes explorations. Ainsi, me suis-je donné comme premier travail pour l'année 2022,  celui de préciser mes attentes et le parti-pris que j'ai choisi de défendre dans chacune de ces œuvres personnelles. Le sujet est  imposé la plupart du temps. Ces publications successives (recherches, esquisses, productions réussies ou manquées) seront accompagnées d'une note d'intention. C'est là le véritable objectif de mes  prochains articles : être en mesure de "justifier mes choix, les modalités et références mises en œuvre dans mes réalisations". Il s'agit, en une trentaine de lignes environ, de faciliter l'explicitation de ma démarche pour une lectrice-spectatrice ou un regardeur. Attentive à la forme comme au fond, j'envisagerai la note comme un exercice d'écriture créative.

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Situation 1 : Un paysage imaginaire

Pour que se constitue un seul paysage planté d'arbres dans lequel le souvenir d'un marcheur  solitaire peut se perdre en le parcourant, se munir d'un médium sombre mais non mate, des outils à poils secs mais non durs et d'un support couleur crème et de format carré. Se munir également de diverses chutes de papier dans l'hypothèse de procéder à quelques collages.

Ma question de départ a été : Comment tirer parti d'une première production qui ré-exploite certaines de ses caractéristiques ? Produit avec du papier carbone et imaginé sur des feuilles de papier de format carré et de couleur crème, le travail originel représentait une série de paysages arboricoles sans profondeur marquée et tout en nuances de gris. Il exploitait sans hiérarchie la gestualité, la matière de l'outil, la texture du trait, la répétition et la variation. Le second travail se concentre pour sa part sur la matière et la planéité, principalement.

Pour ce faire, tremper au préalable sa brosse plate dans de la peinture acrylique non diluée. Poser l'outil contre le support, frotter le support avec l 'outil : progresser dans la hauteur du  support avec un geste mécanique. Il faut entendre ici, un mouvement de la main et du poignet quasi identiques. Re-couvrir le support s'apparente alors à une épreuve physique, car le geste est répété sur toute la surface et le geste est répété successivement sur neuf supports distincts. Non dilué le medium s'applique en couches épaisses, qui en séchant, forme une sorte de peau, dont les aspérités irrégulières malgré le geste mécanique répété le plus uniformément n'échappent pas à un toucher sensible du doigt... Non diluée la quantité de médium vient à manquer, non mouillé l'outil peine – à dessein – à se décharger de la matière picturale. C'est qu'il s'agit oui de peindre, mais aussi de marquer, de laisser des traces, d'indiquer un mouvement volontaire dont émergeront des mouvement involontaires, des marques noires irrégulières, comme un chemin dessiné par les poils d'un même pinceau : le parcours du geste.

Puis les neuf supports seront assemblés. Alors que la peinture sèche, sur des chutes de papier, chercher à produire des effets de matières différents des premiers, l'acrylique sera enrichie d'un peu de colle vinylique, ce qui rend le médium plus "visqueux" et propice à la formation d'empattements. La matière sera aussi obtenue en recourant à un procédé déjà expérimenté, le monotype, ou fait de presser contre un support recouvert d'une peinture un peu grasse, une feuille de papier et de laisser faire le hasard de la rencontre entre les deux.

Dans l'informe, un sol herbeux. Depuis la superposition de couches peintes, des formes arboricoles découpées aux ciseaux. Et près d'un arbre, une figure.

Une référence artistique se présente à-postériori : les  Paysages mentaux ou les Matériologies de l'artiste plasticien, peintre, dessinateur et sculpteur français, Jean Dubuffet (1901-1985). Je dis à-postériori car lorsque je produis l'oeuvre, c'est rarement en pensant à un-e artiste en particulier ; c'est dans la recherche ou à sa toute fin que des analogies se font jour. Une analogie significative : je m'intéresse en effet, à ma façon, à la production spontanée, à une certaine enfance de l'art, enfin, à une création qui donnerait forme sans censure à une intériorité brute et peut-être brutale à travers la mise en dialogue des matières entre elles.


 ©ema dée ©ema dufour

lundi 20 décembre 2021

Un duo d'un chic choc parfaitement du goût "très fin d'année" d'EmaTom : les "Sagittaire"

Ema Dée + Thomas = EmaTom* a vu double toute l'année. Pour sa plus grande joie car ce furent 24 occasions de faire des prédictions ajustées pour l'année 2021. Rien n'aura été laissé au hasard de l'écriture et du dessin. Toujours avec sincérité, humour, bons mots et clins d’œil malicieux voici que s'achève ce chemin de confidences et de révélations avec le signe du Sagittaire.

"En 2021, Madame et Monsieur Sagittaire redoublent de charme pour atteindre de multiples buts définis et inconscients. Car, c'est bien là où réside leur force cette année : être capables de réussir partout où ils passent sans effort, sans le demander ni l'attendre. Instantané, précis, magique est leur effet sur le quidam reconnaissant ! Ainsi Madame mettra un point d'honneur à ce qu'une véritable originalité règne partout où la monotonie de l'esprit s'installe et élève jusqu'à la stratosphère le niveau de nos rêves. Ainsi le charisme de Monsieur sera comme une lumière éclatante et enveloppante dans la nuit ténébreuse de notre ennui et dans l'épais brouillard de nos acides hésitations. Jamais un couple n'aura permis de mieux saisir la fragilité inspiratrice des instants complices !"

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*Un nouveau projet créatif à quatre mains qui se termine ce mois-ci.

En 2011, je réalise une petite série de dessins intitulée Le Zodiaque amoureux. Des feuilles carrées (encore !), de format réduit (encore !), des feutres, de l'encre Ecoline et des pinceaux fins me suffiront pour imaginer des mignonnes saynètes aux couleurs tendres, représentant les signes astrologiques. Ici, il fleure bon d'être amoureux, on goûte le plaisir de jouer de la musique ou de cuisiner à deux, on apprécie d'être ensemble ou de se rencontrer, franchement, sans cacher son caractère, gommer ses imperfections ou feindre d'être quelqu'un d'autre. Imaginez dans l'ambiance festive d'un petit café - restaurant culturel cosy (3 fourchettes au menu), les 12 signes du zodiaque, les unes distinguées, les autres drôles, cocasses ou maladroits, mélomanes ou poètes, gourmands !  

Par goût pour le dessin en work in progress, les défis graphiques et les collaborations artistiques (1 + 1 = 3, c'est bien connu !), je propose à Thomas de réactualiser cette série que j'affectionne ; au fil des mois de cette année, il l'adaptera, la réinterprétera, à sa guise, dans la technique qui est la sienne actuellement, le dessin numérique. Et au fil des publications mensuelles sur les blogs Le Horlart et Improzine, se glissera une nouvelle image tout en couleurs, motifs, charme et humour accompagnée d'une prédiction ajustée. C'est ainsi que dix ans plus tard, tout en conservant son côté joli dessin miniature, le Zodiaque amoureux fait peau neuve  !
 
Et c'est sur cette note de poésie fruitée et caramélisée sur fond ocre-vanille que se termine notre Horoscope amoureux 2021. Bientôt, l'ensemble des prédictions dans une seule publication : vivement !

 ©EmaTom ©ema dée ©thomas cloué

vendredi 17 décembre 2021

J+7 : Au lendemain de mon premier salon SoBD, impressions générales et particulières

Chères toutes, chers tous, 

Sans hiérarchie particulière — en images et en mots, comme d'habitude , quelques retours sur mon premier salon parisien de la bande dessinée SoBD qui s'est tenu à la Halle des Blancs manteaux (3ème arrondissement) du 3 au 5 décembre derniers. Écrits et pensés avec la double intention d'ancrer cette aventure dans mon parcours mental, émotionnel, et de créer des archives personnelles toujours bienvenues sur l'autoédition telle que, moi, je la vis. Le propos, chapitré, s'intéresse par conséquent beaucoup à l'organisation de mon salon sur place ainsi qu'à la réception de mes projets d'écriture et de dessin.

1) Contenus, contenants et idées perçues

Que présenter au public de ce projet constitué d'une petite série de livres en textes-images/ images-textes,  qui valorise et le parcours et la production finale ? Un projet qui procède de la mise en narration et en page d'un ensemble d'images en noir et blanc et en couleurs, d'abord publiées en ligne. C'est la question que je me suis posée après avoir reçu, il y a un peu plus d'un an, l'accord de l'organisateur de SoBD, Renaud Chavanne, d'exposer mes créations sur un stand long de 1 m 80 et large de 75  cm environ. Ô joie et Ô panique soudaines ! Je chasserai ces émotions entremêlées en établissant un plan d'actions et une sorte de rétro-planning censés me permettre d'organiser cette nouvelle aventure de manière objective, sereine et créative. Combien de livres prévoir ? Faut-il apporter des originaux et dans ce cas, quels originaux ? Si j'envisage des produits dérivés, que faire et comment les fabriquer à moindre coût ? Ce salon est-il la bonne occasion pour montrer des productions inachevées, si oui, quelle sélection opérer et quelle forme privilégier pour ces créations en cours de développement ? sont les principales questions auxquelles j'ai cherché à répondre en amont de cet événement. 

Au final, sur mon stand, autour d'un petit espace où dessiner, seront réunis :

les six livres de la collection Horlart + deux livres hors collection, l'ensemble tiré en édition très limitée ;

faits main et aux couleurs de mes autoéditions, des badges de 4 cm de diamètre et des stickers notés steekers pour le fun ;

deux classeurs, l'un contenant une sélection d'images de mes livres, l'autre des dessins de petit format produits dans diverses occasions se présentant à moi régulièrement — mes obsessions ou mes motifs de prédilection ; 

trois recueils d'un projet de publications à venir privilégiant, quant à lui, un dessin fin et fouillé ainsi qu'une maquette à priori, artisanale ;

Et puis, sous mon stand, à l'abri, dans l'attente, un lot de dessins et d'illustrations de plus grand format, A3, voire plus. Je les montrerai peu, cependant. L'espace suffisant manqua, l'occasion pertinente aussi.

Enfin, la problématique de savoir comment donner corps à tout cela trouvera sa résolution au fil du salon. Comment communiquer, en effet, sur tout cela, sur ma démarche, mes choix artistiques et mon projet éditorial global ? Dire son indépendance en l'affirmant comme un engagement artistique en soi et non comme un choix par défaut ; ceci car je crois, en effet, qu'il reste beaucoup à dire et à produire démontrer , sur le chapitre de l'Autoédition pour chasser l'idée qu'elle vient concurrencer l'édition classique ou qu'elle est la bouée de survie des écrivains-es ratées et/ ou non publiées, pas pros, pas intéressants-tes. J'opte pour le freestyle. Une attitude ouverte reposant malgré tout sur un solide parcours d'expériences réussies. Un parcours fait d'interventions orales en public, d'expos d'Art personnelles et collectives, de rencontres avec des éditeurs, des auteurs-trices, des illustratrices-teurs, des artistes plasticiennes et plasticiens, pour finir, la visite de lieux concernés par l'Édition de livres ou la Production artistique éditoriale, salons, galeries et marchés.   

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2) Actions, réactions interactions

Réactions du public à mes autoéditions = ++++

Réactions du public à mes goodies faits main = +++

Situation et gestion de mon stand au sein du salon (Zone Underground) = ++++

Interactions avec les visiteurs = ++++

Interactions avec les autres exposants-tes du salon = ++

Visite des expositions et des stands des auteurs-trices et des éditeurs-trices du salon = ++ 

Sur ces deux points-ci, il faut que je m'explique : l'envie ne manquait pas de profiter des quelques instants d'accalmie sur mon stand ou dans le salon, au cours de la journée, pour aller me promener tranquillement parmi les étals. Pourtant, je ne les ai pas saisies. J'ai rarement pu/ su quitter mon stand, en effet, même quand ma moitié est venue se proposer de le tenir un moment, pour me permettre de souffler. Le petit drame de mon salon ? Voir bien des stands et  deviner des démarches nombreuses, ressentir le désir de s'arrêter un peu pour discuter, mieux découvrir, sans parvenir à se ménager le temps de le faire, au bout du compte... 

J'aurai pu néanmoins rencontrer en live l'auteur de bandes dessinées et artiste Nylso que j'ai eu la chance d'avoir en entretien, il y a quelque mois, dans le cadre d'études en Art contemporain. Et de croiser Maiiva avec qui j'ai suivi en 2016 l'atelier d'Illustration-Narration d'Emmanuelle Robin au CMA-ÉSAA Duperré et qui, depuis, va son chemin en qualité d'auteure BD et de dessinatrice reporter et événementielle. Du coup, petit bémol sur mes ++.

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3) Souvenir, souvenir !

Plein ! De visiteurs, notamment des étudiantes et des étudiants en Art (BD, Animation, Arts décoratifs, Illustration), de jeunes autrices, tout récemment publiées ou en passe de l'être, des poètes, intrigués-ées par le fait que je me représente et qui s'/m'interrogent : pourquoi et pour quoi l'Autoédition ? Je réponds : pourquoi pas ? Pour... tenter le coup, sonder le public sur ses goûts en matière de lecture d'images, pour entendre du bon — du très bon et aussi du "peut mieux faire"— à propos de mes petits recueils illustrés mis en place dans l'intimité à partir de 2018... Pourquoi ? Pour le coup, pour l'audace, par défi personnel, peut-être pour se dépasser, ou tout simplement, se mettre dans l'action-création de livres. Ainsi, c'est un tout espace créatif et réflexif personnel qui a vocation à s'exposer ; je souhaite qu'il se déploie dans différents contextes, le salon SoBD en est une  première forme.  En somme, il s'agit de montrer sa frimousse et les jolies idées qu'elle contient. 

D'une illustratrice qui "s'arrache les cheveux" sur un projet de livre à quatre mains dans lequel elle doit composer avec des dessins et des textes tous différents et qui m'avoue que ma démarche fantaisiste et indépendante la déculpabilise, tout en lui ouvrant un champ de nouveaux possibles. Qu'elle soit remerciée de son enthousiasme rafraîchissant !

De nombreux échanges avec une pluralité de visiteurs curieux, des gens de passage, français et étrangers, qui s'intéressent à ma production pour une pluralité de raisons, chaque fois, me laissant avec l'impression bienfaisante, que je réalise pour elles, pour eux, à travers mes autoéditions et mes dessins originaux, mes goodies, ce qu'à l'adolescence certains livres, œuvres graphiques et objets artistiques ont fait pour moi : s'adresser un peu à chacun-e en particulier, dans un langage soudain familier et confortable — un genre de maison individuelle.  

Du très chaleureux accueil fait à une production en cours intitulée Pinacotext(e) je la présenterai davantage lorsque le projet sera plus abouti. Car, de nombreuses questions se posent encore puisqu'il s'agit de fabriquer moi-même, comme je le souhaite, ces ouvrages futurs, je veux dire, ces "ensembles d'images rehaussés de textes" conçus comme des variations autour d'un thème ou d'un parti-pris graphique.

Et de tant d'autres !

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4) Une nouvelle leçon chaque jour

Jour 1 : L'organisation de mon stand. Elle s'adaptera aux données de l'instant, c'est-à-dire à la manière dont le public investit mon espace de présentation, comment il se saisit des objets qui sont mis à sa portée. Par exemple, je galèrerai toute la première journée avec la manipulation de mes deux petits classeurs contenant mes dessins originaux. Et cela, parce que privilégiant au départ un accès pratique à mes livres, je remise ces dessins sur papier dans un coin de la table, bien loin de moi, ce qui m'oblige à me lever sans cesse pour les attraper dans le but de les montrer pendant que je présente mes ouvrages. Avec comme résultat, gêner mon voisin de stand (même s'il s'est défendu plusieurs fois d'être contrarié à cause de cela). 

Jour 2 :  La bonne distance. Entre le laisser-regarder-toucher-partir-sans-rien-demander et l'accompagnement d'un public qui se sent intéressé et qui est dans l'attente d'une réaction de ma part existe tout un monde délicat. Quelle que soit cette réaction, d'ailleurs. Parce que bavarde comme je suis, je veux saisir toutes les occasions de présenter mon travail  ainsi que la démarche de recherche qui m'a conduite de mes premiers essais dans l'édition (2011) au stand que je tiens au Salon SoBd 2021, en passant par ma formation en Master à partir de 2014. Je me dirai, au fil des jours, qu'il s'agit finalement moins de convaincre d'acheter mes créations éditoriales ou graphiques que de vivre passionnément, intensément, cet instant de valorisation personnelle, au contact et auprès des publics. Je mettrai trois jours à trouver cette fameuse "bonne distance".

Jour 3 : L'endurance !

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5 ) Perspectives, poursuites et petits bémols

En premier lieu, une interrogation : que faire ensuite ? Je pars de l'idée que rien ne doit être pris pour acquis ; chaque expérience vaut pour elle-même et ne présage rien de la teneur de la suite. L'expérience vécue grâce au Salon SoBD a été pour moi véritable sur bien des plans. Là, au moment où j'écris ce texte, elle me donne une furieuse envie de me remettre au travail, de créer de nouveaux livres, inventer des concepts inédits de projets d'autoéditions. C'est très positif !

En second lieu, un sentiment : l'ahurissement. Un événement public culturel et artistique tel que SoBD attire tous les genres de foules, on le sait bien, avec son lot de "curiosités humaines". 

Pour ma part, je resterai interloquée par un monsieur qui procèdera à une inspection de mes badges. Littéralement. Et voilà qu'il les palpe, qu'il en gratte les bords avec ses ongles, qu'il en tord les aiguilles, et ce, pendant bien 5 minutes ! Au point que j'ai cru un instant qu'il allait se mettre un de mes produits sous la dent, histoire de vérifier la quantité d'or qu'il contenait. À l'issue de cette fouille en règle, j'aurai droit à un pouce levé — franchement satisfait de lui et, content de moi ? ; un autre moment, troublée par cet autre visiteur qui portera lui aussi une très vive attention à mon travail, voire un peu maladive. Je dis maladive car tout en tripotant deux exemplaires de démonstration, en particulier, je l'entends répéter les mêmes mots : "formidable cette texture du trait, la texture du trait, là, la texture... du trait..." S'attendait-il à ce que s'ouvre devant lui une caverne jusque-là secrète, dissimulée sous le drap du stand ? Pareillement mal à l'aise, à l'écoute de plusieurs remarques d'un graphiste — d'un abord pourtant fort sympathique , des remarques égrenées au fil d'un échange, dont je suppose après-coup, qu'il avait pour unique but de valoriser son propre parcours de graphiste, là où moi, je me suis bien défendue justement d'être une spécialiste en la matière. Que pouvais-je bien faire pour lui ? Devais-je y faire quelque chose ?

À ceux-là, je ne réponds rien. J'ai néanmoins réfléchi quelques instants au potentiel d'enseignement de ces rencontres : faut-il vraiment en tirer une leçon ?

En dernier lieu, un mot d'ordre, un mantra : Se concentrer sur l'essentiel ! Je préfère conclure ce rapport d'expérience de mon premier salon SoBD sur une conviction plus engageante, portée par des rencontres enrichissantes et la fierté d'avoir tenu mon stand comme une Grande. Dans le but de l'assoir et de transformer une première fois réussie en des fois, nombreuses, successives et réussies, celle-ci me commande tout à fait d'organiser plus simplement le cadre et la gestion de mon activité artistique dans le champ du Livre. Afin de  pouvoir vivre son heureux déploiement. Tous azimuts !

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Pour mémoire ou pour s'informer plus avant sur l'Autoédition à ma façon, on peut lire, par exemple :

—  Une présentation de l'album de la collection Horlart Vert de Rouge

—  Une présentation de l'album hors collection Du couple moderne

Pour (re)découvrir l'ensemble de la démarche de création de livres, on peut consulter à l'envi la page Objets livres.

©ema dée

dimanche 12 décembre 2021

J'expose "La collection particulière" au Marché de Noël de l'Espace Marguerite Charlie à Saint-Denis

Depuis le 3 décembre, j'expose La collection particulière à l'Espace Marguerite Charlie ; le café - galerie "dédié à la promotion d'artistes d'univers confondus" propose, avec le 6B, son Marché de Noël jusqu'au 22 décembre à Saint-Denis (93200).

Commencée en 2011, La collection particulière se constitue d'objets hétéroclites réalisés au fil du temps et de travaux graphiques très rarement ou jamais montrés au public. Ce Marché est l'occasion de sortir de leur réserve, poupées, disques vinyles détournés et compositions poétiques encadrées.

Les poupées

Elles manifestent dans des formes jamais décidées à l'avance une réflexion permanente sur la manière de figurer le personnage féminin et le corps de la Femme. S'y exprime cependant le désir de m'appuyer sur une iconographie et une histoire des formes déjà existantes comme pour faire lien et réaliser des passerelles personnelles avec une recherche artistique, plastique et culturelle plus globale. Les poupées, à suspendre ou à poser, sont créées à partir de matériaux variés ; j'y affirme une prédilection pour les tissus souples et les petits accessoires, notamment les boutons "anciens" chinés dans de vieilles merceries ou des perles de rocaille, le tout monté en petits colliers, pendentifs et/ ou en bracelets.

Les disque vinyles détournés

Réalisés en 2011 pour répondre à l'invitation des artistes Ahncé et Mélanie Lusseault (antérieurement réunies au sein de l'Atelier Rouge Pistache à Tours), ce sont des 45 tours que je me suis amusée à personnaliser. Deux icônes issues de mon panthéon personnel sont réunies : Björk et Muriel Moreno du groupe Niagara (1982-1993). Le défi, car il y en a toujours un, a été de tirer parti du matériau que représente le vieux disque vinyle de petit format. Pour ce faire, ont été utilisés une couverture de cahier au motif vintage, de la peinture acrylique, des collants, des tissus en laine, du skaï, des marqueurs, des strass, etc... afin de conserver, et en même temps, élargir le thème de la musique et de la culture pop.

Les compositions poétiques encadrées

Ma participation à une exposition donne souvent lieu à la production de nouveaux objets, en lien avec l'espace dédié, la thématique, le moment ou la nature de l'événement. Des données extérieures qui finalement interagissent avec ma démarche de manière assez naturelle et plutôt volontaire. Les objets inventés sont généralement de petit format puisqu'ils n'excèdent pas, une fois encadrés, les 33 cm de hauteur et les 22 cm de largeur environ. Les compositions exposées au Marché appartiennent à cette sorte de nouveaux objets. Ce sont deux dessins - collages représentant deux variations poético-humoristiques autour de l'idée de nature et d'abord imaginées pour le 15ème Salon du Petit format (Château de Bel-Air, Truyes, Région Centre-Val de Loire, 2011).

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Cette présentation un peu inédite répond à l'envie de rejoindre un ensemble d'artistes au sein d'un lieu dont j'apprécie l'engagement autant dans l'art culinaire que dans les arts visuels et de mettre en avant un autre aspect de mon univers artistique, en parallèle de mes créations éditoriales et de mes séries graphiques thématiques (à propos desquelles je communique davantage). En outre, il devient important pour moi de saisir tous les moments propices possibles, pour régulièrement montrer (mais sans prosélytisme aucun ni volonté politique) ce projet en work in progress que constitue ma création artistique, plastique, graphique (et littéraire !) sur le thème de la Femme. 

*Marché de Noël*

Espace Marguerite Charlie, café - galerie

42 rue de la Boulangerie  - 93200 Saint-Denis

marguerite.charlie.cie@gmail.com/ 09 86 44 91 82 

©marguerite charlie ©ema dée

jeudi 18 novembre 2021

Les natives et natifs du Scorpion invitent le changement à leur table, pour le plus grand plaisir d'EmaTom !

Pas de doute, Ema Dée + Thomas = EmaTom* plonge dans l'inconnu avec le signe du Scorpion.

"Des années à rester sur le banc de touche, des mois à ronger leur frein, des semaines à sentir mijoter dans leur tête des idées entraînantes et des jours à chercher comment les vivre intensément, enfin ! En 2021, Madame et Monsieur Scorpion font voler en éclats le mur d'inertie du quotidien : le jour, Madame invente 1001 façons pratiques d'exploiter sa piquante force créatrice. La nuit, Monsieur s'affaire à recréer un monde à sa mesure : gigantesque, magique. Que d'alléchantes perspectives de changement perpétuel à venir ! "

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*Un nouveau projet créatif à quatre mains (qui se poursuit).

En 2011, je réalise une petite série de dessins intitulée Le Zodiaque amoureux. Des feuilles carrées (encore !), de format réduit (encore !), des feutres, de l'encre Ecoline et des pinceaux fins me suffiront pour imaginer des mignonnes saynètes aux couleurs tendres, représentant les signes astrologiques. Ici, il fleure bon d'être amoureux, on goûte le plaisir de jouer de la musique ou de cuisiner à deux, on apprécie d'être ensemble ou de se rencontrer, franchement, sans cacher son caractère, gommer ses imperfections ou feindre d'être quelqu'un d'autre. Imaginez dans l'ambiance festive d'un petit café - restaurant culturel cosy (3 fourchettes au menu), les 12 signes du zodiaque, les unes distinguées, les autres drôles, cocasses ou maladroits, mélomanes ou poètes, gourmands ! 

Par goût pour le dessin en work in progress, les défis graphiques et les collaborations artistiques (1 + 1 = 3, c'est bien connu !), je propose à Thomas de réactualiser cette série que j'affectionne ; au fil des mois de cette année, il l'adaptera, la réinterprétera, à sa guise, dans la technique qui est la sienne actuellement, le dessin numérique. Et au fil des publications mensuelles sur les blogs Le Horlart et Improzine, se glissera une nouvelle image tout en couleurs, motifs, charme et humour accompagnée d'une prédiction ajustée. C'est ainsi que dix ans plus tard, tout en conservant son côté joli dessin miniature, le Zodiaque amoureux  fait peau neuve  !
 
 ©EmaTom ©ema dée ©thomas cloué

mardi 16 novembre 2021

J-18 SoBD 2021 : Penser à valoriser ses essentiels, l'image dessinée et la série graphique

Je soussignée, Ema Dée, atteste avoir la ferme intention de présenter à côté de mes premières autoéditions, des dessins de petit format, lors du prochain Salon SoBD 2021, qui aura lieu à l'Espace des Blancs-manteaux (Paris 3ème) du 3 au 5 décembre prochains.

"Dessin de petit format" ? Oui, en effet, il s'agira de sortir des dossiers, cartons à dessins et projets de recherches graphiques, des œuvres et réalisations sur divers supports papier blancs la plupart du temps. Concernant les formats, il faut s'attendre à découvrir ou redécouvrir des travaux mesurant de 9 cm x 9 cm à 30 cm x 30 cm, environ. 

À ces petits formats plusieurs raisons : la première, le recyclage. Pour éviter le gaspillage, mes tout premiers dessins furent d'abord réalisés dans des chutes de feuilles A3 ou A2, d'où parfois des formats de création un peu curieux, par exemple, 3 cm x 5 cm. 

Seconde raison : l'orientation prise il y a déjà un petit moment d'explorer des thèmes et des procédés sur la durée, à moindre coût. Ainsi, je développe une sorte de work in progress sur le dessin en séries, je travaille alors sur des supports de taille réduite découpés à l'avance ou dans des carnets "de poche". C'est ici le lieu et l'occasion de tester des outils sans trop prendre de risque ou au contraire, d'approfondir l'usage d'une technique en particulier, de produire beaucoup et ceci, afin de pouvoir faire un tri ensuite parmi les plus intéressantes productions.  Vive la collectionnite ! En outre, j'avoue être une adepte du dessin en noir et blanc, du trait au feutre et apprécier la variation, l'inédit. C'est pourquoi, parmi les productions proposées sur le salon, se croiseront très certainement des travaux au feutre pinceau, à la plume et à l'encre de Chine, au crayon et au feutre de couleur. 

Troisième raison : la place. Par contre, à cet endroit, je réalise mon erreur. Car, les petits formats présentent la contrainte d'occuper paradoxalement beaucoup de place avec le temps : il faut des boîtes idoines pour tous les ranger bien à l'abri de la poussière, en attendant le bon moment de les ressortir. 

Quatrième raison : l'opportunité. L'une de mes premières expositions a eu lieu dans un salon d'art baptisé Salon du petit Format, et ce qui a été produit spécialement pour l'événement des mini-séries dessinées sur papier est devenu au final un aspect de ma pratique.

Afin de faire un choix plus aisé parmi l'ensemble de ses travaux, il convient de résister à l'envie 1° - d'exposer tout son grenier personnel ; 2° - d'apporter avec soi des dessins qui datent un peu. Cela peut tout à fait arriver dans mon cas, vu que, par réflexe d'autoconservation, je ne jette quasi rien concernant mes créations sur papier et j'hésite à écarter ou choisir des dessins sur mes seuls critères. Donc, comment opérer cette délicate sélection ?

Peut-être s'agira-t-il de manifester mon attachement à l'illustration ? Du coup, je sortirai les dessins reproduits dans les livres exposés. Sans doute y aura-t-il aussi ce que j'appelle abusivement mes one shots (ou dessins faits pour une seule occasion, rattachés à aucun projet passé, présent ou avenir, mais se suffisant parfaitement à eux-mêmes) ? Il se peut également que j'ajoute des images appartenant à des projets d'édition ou à d'autres "idées" en cours de développement. Tout cela, dans une quantité réduite mais néanmoins suffisante au regard des dimensions de la place que j'ai réservée dans l'espace Underground du salon SoBD 2021. Enfin, pourquoi ne pas s'amuser et présenter des œuvres imprimées sur des supports divers et variés ? Sur ce point-ci, je donnerai davantage de détails dans un prochain article, car pour l'instant, je suis en pleine exploration ; le précédent donne déjà quelques indications.

À bientôt.

©ema dée 

mardi 9 novembre 2021

J-25 SoBD 2021 : Diversifier son approche formelle du livre en textes-images

Chères toutes, chers tous,

La perspective d'avoir mon stand dans l'espace Underground du prochain salon SoBD 2021 se dessine plus précisément ; elle me permet de me projeter de manière stimulante à la fois dans l'espace et dans le temps. Enfin !

 
Programme du salon SoBD 2021 (Cliquer sur l'image pour l'agrandir)

Dans l'espace. En plus de mes livres en auto-édition de la collection Horlart, je prévois d'exposer mes premiers carnets-portfolios faits à la main. Cette décision fait suite à une réflexion sur le meilleur moyen de promouvoir des dessins de petits formats, ceux appartenant à mes tout premiers livres imprimés comme ceux rattachés à des projets de recherches graphiques, projection dans de nouvelles moutures donc, orientées vers une remise au goût du jour de ces œuvres sur papier. Je poursuis ici un but : être en mesure de produire des livres selon différents modes d'impression et modalités de fabrication. Mieux, celui d'être capable d'évoluer sur plusieurs registres éditoriaux.

Dans le temps. L'idée me trotte dans la tête depuis pas mal de mois voire d'années de réaliser des publications plus DIY. Elles se rapprocheraient davantage soit du fanzine old school — j'aime l'idée de la revue underground un peu cheap & punk, d'intervenir sur les pages en (re)colorisant ou en (re)dessinant sur des impressions et de créer de nouveaux liens textes-images — soit du livre d'artiste j'aime l'idée d'avoir recours à plusieurs supports papier et d'envisager des objets visuels jouant sur des reliures particulières —, soit encore, des publications se présentant sous la forme de cahiers graphiques tels que j'ai pu en voir sur les étals du dernier Multiple Art Days, le salon parisien des pratiques éditoriales contemporaines. Aussi, tout en veillant au respect de mon agenda personnel il ne faudrait pas non plus risquer la surcharge de travail à la dernière minute ! j'explore rapidement les possibilités de réaliser à moindre coût plusieurs carnets (ou livrets). 

D'autres "objets à lire et à manipuler" issus d'un projet en devenir baptisé Pinacotext(e) viendront donc enrichir mon étal futur.

©ema dée