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dimanche 29 janvier 2023

Le livre en autoédition "In The Black Trees" est disponible !

Le projet In The Black Trees présenté en avant-première lors du Salon SoBD, qui s'est tenu en décembre dernier à la Halle des Blancs Manteaux, est enfin disponible. Avec Du couple moderne et Médaillons Pop, ce recueil propose une valorisation de dessins et d'illustrations en noir et blanc. Ensemble, ces trois livres composent un triptyque dans lequel je m'autorise à utiliser une écriture plus personnelle, à la fois poétique et autofictionnelle, qui, pour émerger, puise volontiers dans des expériences plus intimes — enfantines et adultes. 

Déposé comme les autres livres à la Bibliothèque nationale de France au titre du Dépôt légal, cette nouvelle autoédition vient clore un premier cycle de création livresque. Il aura commencé en 2019 avec la publication du texte poétique, La femme polymorphique, lecture performance mise en pages et en images. (Extraits de filles (microédition, 2013) et Peurs, Images & Textes (Blurb, 2014) auront été deux galops d'essai d'importance, en amont de ce cycle.)

Et après ? me demanderez-vous. L'année commence avec le dess(e)in d'une ligne de travail et de conduite, une double trajectoire personnelle et professionnelle :

— celle consistant en la valorisation et la diffusion plus large (via des canaux différenciés, je l'espère) de ce triptyque et des 7 livres de la collection Horlart ;

— et la mise en chantier de nouveaux projets d'éditions mettant plus en avant des formes expérimentales (fanzine + livre d'artiste) et l'illustration d'écrits célèbres, chers à mon cœur.

Retrouvez In The Black Trees sur ma page Auteur, en cliquant sur le lien fourni : https://www.thebookedition.com/fr/in-the-black-trees-p-393830.html    

Retrouvez une présentation de ce projet ; il vient lui-même prendre sa place dans une recherche-création plus ample concernant ma relation à l'Arbre, comme motif et source d'inspiration. Le lien est ici : http://www.lehorlart.com/2022/10/202210des-textes-et-des-images-d--arbres-dans-un-recueil-en-autoedition.html.html

©ema dée

samedi 28 janvier 2023

Le retour du dessin sur papier, enfin !, avec "Mes Voeux" pour l'année 2023

Ma vie H24

Le quotidien dédoublé

La plupart du temps, enseignante en arts plastiques

Pas suffisamment longtemps ni amplement, artiste plasticienne, illustratrice, autrice

Les textes d'épuisement forcément 

Fragmentaires

Tels une architecture de sable

Les images —  griffonnages d'une pensée

Jamais au repos 

Agitée de rebonds 

Amas d'idées informes 

Rétives à  la formulation

Dans le maelstrom  —  une bouée !

L'instant anniversaire — tentative d'ancrages

À toutes et tous, chers souhaits — vos désirs accomplis

L'année juste éclose s'effeuille à hautes

doses

À toutes et tous, mes Voeux en pleine pupille

Composés à l'arrache 

Les pensées profondes viendront d'ailleurs

En attendant mieux —  il faut qu'il vienne, il viendra

La couleur et la rondeur  de 23 drôlesses !

©ema dée

lundi 19 décembre 2022

Ema Dée était à SoBD 2022 avec ses livres tout carrés et ses belles images !

Pour ne pas déroger à ma règle de conduite créative et réflexive personnelle, c'est-à-dire consigner ici les menues aventures qui embellissent ma vie d'artiste, je reviens en quelques lignes sur ma seconde participation au Salon SoBD, le Salon de la Bande dessinée à Paris, Halle des blancs Manteaux dans le 4ème arrondissement. 

Dans un autre post, je disais que ce sont les évènements tels que celui-là qui me permettent de me mettre réellement au travail, cela est toujours vrai aujourd'hui. Moi, ça me booste, les dates butoirs,  l'imminence d'avoir à rendre des œuvres livresques à la fois inédites et abouties, les relectures de dernières minutes, les vérifications sans fin des préparatifs, les nuits raccourcies, la surveillance à l'extrême des livraisons des colis Chronopost... — un état  de confusion et de fébrilité dans lequel se mêlent sans annonce poussées d'adrénaline et petites déprimes passagères.  

Néanmoins, la préparation de ce salon-ci aura mis plus de temps, elle fut plus intense et chronophage. La 11ème édition du salon a été riche d'enseignements pour moi ; ce sont eux qui m'ont aidée à me fixer une ligne de conduite à la fois dense et ambitieuse — je dirais même, plus professionnelle :

Plus de livres, en qualités comme en quantités, variées et suffisantes, surtout : la collection Horlart s'enrichit d'un nouveau titre, Un bestiaire Sage, et deux albums en noir et blanc viennent grossir le nombre de mes autoéditions hors collection : In The Black Trees (en avant-première) et Médaillons Pop.

Des reproductions et des dessins originaux de petit format, oui, mais présentés de manière à pouvoir être acquis sur le Salon : je privilégie l'exposition, dans des pochettes plastiques adaptées, d'une sélection d'œuvres graphiques liées à mes autoéditions. Ainsi, durant trois jours, du 2 au 4 décembre derniers, les visiteuses et les visiteurs du Salon auront pu regarder à loisir un choix d'illustrations et certains dessins sur papier reproduits dans mes livres.

Des modes de règlement différents, facilitant les transactions : l'adoption récente d'un statut d'artiste-autrice et donc l'obtention d'un n° SIRET mais "à l'essai" cependant me permet de faire l'acquisition quelques semaines avant le salon d'un petit terminal CB. Un objet qui s'avère très utile, j'ai pu l'observer en achetant moi-même des produits sur des salons d'art et d'artisanat. Acquisition pratique en étant toutefois contraignante : il est impossible d'utiliser ce genre d'appareils sans  la création au préalable d'un compte "entreprise".  

— Des constantes : l'offre en petits produits dérivés dits fétiches, badges et autocollants, aux couleurs et aux formes de ma production sortes de goodies  faits main à collectionner et la présentation, un peu à la sauvage, d'au moins, un article "hors cadre". Le salon et plus particulièrement l'Espace Underground où j'expose est le lieu bienvenu pour tester, recevoir en direct avis, conseils et remarques du public, tout ce qui me sera utile pour décider ensuite de développer ou pas certains  projets d'objets livres en textes-images, et de les mettre en avant ou pas au cours d'un prochain salon. Pour ce 12ème salon : mes boites à lire.

Cette année, il me semble qu'il y a eu plus de visiteuses et de visiteurs non francophones qui se sont arrêtés à mon stand et qui se sont baladés dans le salon. Les images originales de mes autoéditions que je décline sur différents supports et à différents prix proposent à chacune et à chacun, la possibilité d'un échange, selon son goût, son budget, son amour pour le trait, son rapport à la langue française ou tout simplement, aux mots et aux images imprimés. Les textes de mes livres jouent volontiers sur divers décalages, les sous-entendus, surfant sur des figures de style, métaphores, métonymies, euphémismes... que je peine à traduire ! D'où cette interrogation qui clôturera mon salon : "Dois-je développer une collection de livres bilingues ?"

Autre élément d'importance : les stocks de livres. Les délais de livraison soudain étirés aux mois d'octobre et en novembre ont compliqué le rassemblement des quantités espérées ; ils ont en outre précipité le bouclage d'un de mes projets qui s'est avéré défectueux à la veille de l'installation sur mon stand... car, pour gagner du temps, j'ai voulu rogner sur l'étape indispensable de vérification via le BAT ...  Ah empressement, quand tu me tiens ! Des solutions ? Acheter plus de quantités très en amont ? Arrêter la création de nouveaux livres plus tôt dans l'année ? Varier les fournisseurs et les modes d'impression ?... Mieux anticiper, quoi !

©ema dée

samedi 17 décembre 2022

Des textes et des images qui aiment les arbres dans un nouveau projet d'autoédition : In The Black Trees

La production d'objets livresques en textes-images se poursuit aussi grâce à la rédaction d'articles sur ce blog ; ils permettent de prendre du recul sur la création comme de présenter son évolution. Voici donc un nouveau post concernant une seconde création en autoédition en noir et blanc terminée à ce jour : In The Black Trees.

Souvenez-vous, il y a plusieurs années, je parlais, en créant ma page Objets livres, de projets non aboutis, interrompus. In The Black Trees fait partie de ces "projets" qui ont connu bien des vicissitudes, avant de trouver une forme concrète satisfaisante, je veux dire, bien après que l'envie de faire quelque chose ne se soit manifestée. Cela aura pris plus de 5 ans pour parvenir à mettre en avant au moins trois objets livres qui présentent assez fidèlement la relation que j'entretiens depuis mon enfance avec la Nature, et en particulier avec les Arbres. 

Ce n'est pas un intérêt de botaniste ou de poète, de nouvelliste ou d'illustratrice, de photographe — exclusivement. C'est sans doute ici que résidait la principale difficulté à surmonter : parvenir à trouver une manière littéraire, graphique et artistique d'embrasser naturellement toutes les facettes de cet intérêt personnel. Car pour moi, évoquer les arbres, c'est évoquer, par exemple, les lieux que j'ai traversés, les personnes que j'ai rencontrées, dont les visages se sont parfois effacés avec le temps, d'elles — il me reste néanmoins le souvenir d'une présence. C'est aussi évoquer des actions, des aventures à échelle humaine — une pensée enfantine, adolescente puis adulte. C'est évoquer enfin, l'arbre en lui-même, son anatomie, sa "physionomie" changeante. 

Comment rendre compte de tout cela ? De ce mouvement dans les arbres et dans la mémoire ? De ce regard qui mêle, lie et relie plusieurs époques ?

Le temps — la réflexion, l'étude, la recherche — m'aura permis de m'autoriser à me perdre et à me retrouver, à travers diverses expérimentations, explorations et combinaisons. Afin d'aboutir non pas à une forme mais à DES formes compatibles entre elles. In The Black Trees représente un des essais réussis qui émergent de ce parcours d'expériences créatives et réflexives.

Formes, vous avez dit formes ? Et oui, le projet prit la "forme" d'un abécédaire, réalisé en 2015, pour valider mon parcours universitaire en Création littéraire contemporaine. Il faut s'imaginer un recueil regroupant des textes autobiographiques, autofictionnels ou complètement fictionnels. Et parce que selon l'expérience à partager ou le souvenir à exprimer, je choisis de recourir à l'écriture ou au dessin, des textes brefs et des images de diverses natures ont ainsi été produits : côté textes, des poèmes ou des récits en prose, des réflexions et des récits brefs, côté images, des photographies documentaires d'arbres prises dans des jardins, dans la rue, des dessins en noir et blanc et en couleurs — ce sont des vues personnelles d'arbres, une sorte d'inventaire imaginaire, ou des scènes bucoliques inspirées d'artistes ou d’œuvres picturales. 

(Je sors épuisée. Par mes efforts pour articuler une recherche en Création littéraire de niveau universitaire ayant pour objet notamment la réalisation d'un projet de livre inédit qui devra être abouti en deux ans, et le besoin quasi physique de mettre à plat un travail mémoriel agité, agitant dont l'étude de l'arbre se présente comme un catalyseur.)

Puis, d'autres tentatives ont suivi, comme des mini-livres faits à partir de photocopies de dessins sur papier machine et l'impression de textes réécrits pour l'occasion, produits dans un contexte d'atelier en Arts appliqués. De nouvelles maquettes de l'abécédaire ont été inventées, qui s'attaquaient plus spécifiquement à l'organisation initiale entre les récits de souvenirs, les textes en prose et les illustrations. Au cours de cette phase d'explorations, il s'est agi également de trouver des solutions concrètes en matière de fabrication de livres à la main — de reliure artisanale à faible coût.

Le projet créatif sur les arbres entra en sommeil pendant 5 ans avant de ressurgir sous la forme d'abord de paysages imaginaires dessinés sur grand format carré avec du papier carbone. Dans ce nouveau contexte, un parcours universitaire en Arts plastiques (articulé autour d'un mémoire de recherche-création en Art et Anthropologie sur l'Oeuvre de l'artiste italien Giuseppe Penone), je crois que tout m'était permis. Tout devait pouvoir se faire, être exploré ou ré-exploré à nouveau, pour sortir de l'impasse. 

Mon intérêt pour les arbres gagna de la force grâce à un contexte artistique et culturel général encourageant : les arbres sont montrés dans des expositions comme étant un véritable sujet de création et le lieu de questionnements tant plastiques, qu'éthiques ou scientifiques — écologiques, en somme. Je cite par exemple, deux manifestations : en 2019, à la Fondation Cartier pour l'Art contemporain, Nous les Arbres, et en 2022, au Palais des beaux-Arts de Lille, La forêt magique, Je prends à ce moment-là la mesure de l'importance que revêt non pas mon engouement personnel à cet endroit, mais plutôt l'importance d'aller au bout de mon intention, de mon envie, dussé-je avoir l'air de suivre la vague, la mode. J'ai envie de dire : "Oui... et alors ?"

Entre 2021 et aujourd'hui, le projet sur les arbres se présente par conséquent sous trois formes

— Une œuvre polyptyque composé de livres uniques et de cahiers d'artiste, faits main, valorisant autant les images que les textes variés — l'ensemble d'une recherche thématique et transversale archivée dans une grande boîte noire et qui a accompagné la soutenance de mon mémoire présentée sous les prénom et nom Ema Dufour en juin 2020 dernier ;

Une boîte à images de petit format faite à la main intitulée "Arboraissances": elle regroupe pour sa part, dans un objet fait dans du papier aquarelle 300g/ m2 des images uniques ; un texte créatif plongeant ses racines dans mon intérêt pour la Géographie des écosystèmes forestiers accompagne cette petite série de souvenirs en images carrées. Elle compose un ensemble de fragments de représentations d'arbres qui auront profité de mes expérimentations menées au sein de l'Atelier Édition de l'École nationale des Beaux-Arts de Paris en 2020. Je m'amuse ainsi à proposer aux lectrices.eurs de petites expériences tactiles et visuelles et j'espère, émotionnelles.

— et un livre carré d'une soixantaine de pages intitulé In The Black Trees, tout récemment mis en forme et s'appuyant sur l'expérience acquise dans la conception de livres en texte-images et en auto-édition, grâce à la collection Horlart. Le livre est un recueil qui puise volontiers dans plusieurs époques d'écritures et de créations graphiques. Il ne s'embarrasse plus d'ordre de présentation ; il donne à lire et à voir, assez simplement et successivement, des visages changeants d'arbres à l'image de mon rapport complexe avec mon environnement proche et à ma mémoire. J'assume la part d'invention qu'elle s'autorise, les textes de création se nourrissent librement à la source de mon réel. J'assume aussi plus fortement le fait de présenter des images réalisées avec plusieurs techniques ou outils : linogravure, papier carbone, stylo, feutre et feutre pinceau, lavis d'encre de Chine, plume... car elles s'articulent autour de la prégnance de la couleur noire. Et dans ce livre, grâce à des changements de points de vue et d'angles de vue, je m'attache à produire ce mouvement physique et émotionnel tant recherché. 

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Titre des images, dans l'ordre d'apparition :

Un arbre mort in In the Black Trees, Hors collection, 2022 

Fontainebleau, in In the Black Trees, Hors collection, 2022 

L'arbre figuré, Projet de Recherche-Création en Art et Anthropologie, 2020

Arboraissances, Livre d'artiste, 2021 

© ema dufour © ema dée 

mercredi 23 novembre 2022

Des animaux fantaisistes aux figures au noir de ma Pop culture : reprise et achèvement en 2022 de deux nouveaux titres

Des animaux fantaisistes aux figures au noir de ma Culture Pop, l'année 2022 m'aura inspiré la reprise.  

Reprise de deux projets commencés deux années auparavant, que j'ai heureusement terminés dans la perspective de SoBD 2022. Reprise de mes collections avec cependant l'envie d'aller plus loin en termes d'images illustratives et de maquettes finales : en effet, pour l'un des de mes deux récents projets est conservée l'idée initiale, le principe sur lequel repose le jeu entre les images et les textes, complémentarité, opposition ou décalage. Mais j'intensifie celle de fabriquer des images à partir d'un corpus préexistant, Le horlart 1,99.  Et de produire de petits ouvrages intermédiaires — inclassables ? pourquoi pas, plutôt, le cul entre deux chaises, comme je les aime.

Avec Un bestiaire sage, je fais un double clin d’œil, d'abord aux livres pour enfants, ensuite aux bréviaires de sagesse populaire. Ainsi le trait qui dessine, tout en rondeur et en simplicité, le contour des animaux. À cela s'ajoute un choix de couleurs volontiers fantaisistes, appliquées à la manière d'un coloriage — à plat.

Un remplissage de formes fermées par un trait au feutre noir épais, répondant cependant à la contrainte de créer des images vivantes et gaies avec une palette de couleurs réduite. Les textes dont la brièveté et le ton, décalé, humoristique, rappellent deux autres albums autoédités dans la même collection en 2020, Vert de Rouge et Du couple moderne, sont écrits comme on façonnerait des idiotismes, des expressions imagées pour réfléchir à la vie ici-bas et infléchir l'existence. En lire un peu plus sur ce projet-là, c'est ici.

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Avec Médaillons Pop, j'innove. De la maquette initiale, bien transformée, il restera néanmoins la présentation des portraits de stars dessinés au feutre pinceau dans des cercles — mes médaillons — ainsi que les textes poétiques, chantants, et parfois surréalistes. Tout comme sera conservée la forme irréductible de ce projet un peu particulier, car c'est une suite d'hommages. Oserais-je parler ici d'une sorte de panthéon singulier et personnel ? Au fil de mes expérimentations de mises en page, la couleur choisie au départ laissera peu à peu sa place aux contrastes de noir et de blanc, à la matière "noire".

C'est que je me suis permise ici de me livrer à des sortes de cadavres exquis au moment de l'écriture ainsi que dans le dessin d'illustration : puisant dans ma mémoire, soutenue par quelques recherches documentaires effectuées sur Internet, les portraits littéraires brefs mettent bout-à-bout titres d’œuvres, détails "intimes" et impressions personnelles que me laissent les multiples rencontres avec les stars et leur héritage artistique et culturel. Les dessins au feutre — fin, cette fois-ci — et au crayon Mars Lumograph Black une technique graphique tout juste découverte procède de la même "logique". En lire un peu plus sur ce projet-ci, c'est

© ema dée

lundi 10 octobre 2022

Une septième autoédition en cours : la collection "Horlart" s'agrandit...

Les mois filent, les contingences professionnelles interagissent avec les envies personnelles se heurtant elles-mêmes à des préoccupations intellectuelles concernant nos modes de vie actuels. Et longtemps — trop longtemps de mon point de vue, les projets d'illustrations, de dessins et de livres en textes-images s'interrompent, végètent, bloquent.

L'imminence d'un salon du Livre, d'un petit marché d'artisans, d'une exposition d'Arts visuels... me met à chaque fois le pied à l'étrier. C'est comme me passer une commande. Dans les plus brefs délais, je dois réfléchir, produire et concrétiser les envies, les projets. 

Dans la perspective de ma seconde participation au Salon SOBD, le salon parisien de la Bande Dessinée qui se tiendra les 2, 3 et 4 décembre prochains à la Halle des blancs Manteaux, dans le 4ème arrondissement, j'ai mis le pied à l'étrier. Enfin !

En cours d'achèvement, un nouveau projet d'album intitulé Un bestiaire Sage :


Pour lire un complément d'information sur ce septième album en autoédition, c'est ici.

©ema dée

vendredi 7 octobre 2022

Situation plastique n°5 : Un abécédaire en plein désordre

Parmi mes petites obsessions en matière de création, je veux dire, mes motifs ou sujet de prédilection et/ ou de recherche artistique (et littéraire), il y a l'abécédaire. Je crois d'ailleurs qu'avec le dessin de personnages et la mise en images de récits, l'abécédaire constitue chez moi un sujet à part entière — obsédant et véritablement passionnant !

Dans mon cheminement créatif et mes réalisations, il a pris et continue de prendre des formes variées. Avec le recul que permet l'écriture, je réalise que toutes ces formes représentent plus que des étapes vers MON grand abécédaire. Elles sont déjà une manière de questionner ce qui est à la fois un genre de livre, une manière ordonnée et normée de présenter l'information quelle qu'elle soit et un objet plastique. 

J'ai ainsi fabriqué de multiples objets, à la faveur de carnets de croquis — détournés ou d'une thématique qui s'est présentée, par exemple, pendant mes études et que j'ai pu développer en parallèle. Créés dans des délais très courts, ils sont des sortes d'avant-projets, des notes d'intention qui se matérialisent concrètement. Un jour, en pleine introspection, je crée, à partir de taches d'encre noire et de réseaux de lignes entrelacées dessinées au stylo violet, un abécédaire mélancolique ; un autre jour, je propose une présentation alphabétique mais désordonnée de l'Oeuvre de Kveta Pacovskà. (L'artiste tchèque réalise notamment des abécédaires qu'elle nomme ces petits "livres-architectures".) Là, dans un épais carnet reconverti en objet artistique et pédagogique, se mêlent au fil des pages, collages, écritures, dessins, découpages et jeux graphiques autour des lettres.

Aujourd'hui, je reviens sur une création plastique récente conçue à partir d'un sujet qui m'a été imposé au cours de mes études universitaires en Art plastiques : À l'envers. Le sujet était accompagné de plusieurs documents iconographiques dont une reproduction d'une œuvre picturale du peintre hollandais Jan Steen, intitulée Upside Down (Le Monde à l'envers) et datant de 1663 (ci-dessus). Ça a été une découverte. Déjà, la modernité du titre ! Ensuite, l'atmosphère délicieusement grivoise voire carrément provocatrice et irrévérencieuse de cette scène de genre, dans laquelle tout nous est livré de manière frontale. (Rappelons qu'à la même époque et dans le même pays, Johannes Vermeer peint de petites femmes d'intérieur potelées, seules, occupées et muettes, de profil ou tête humblement baissée, dans des scènes silencieuses et des espaces profonds aux portes entrouvertes.) 

Chez Steen, le monde n'est pas silencieux. Au contraire, diverses choses ont eu lieu et se déroulent encore autour de cette maitresse de maison au visage félin et au sourire diablement coquin. Et cette attitude plus qu'engageante ! Et la mise des uns et des autres ! Une joyeuse beuverie ? Un lendemain de fête ? La scène mêle généreusement confusion et ordre, morale religieuse et mœurs légères, exubérance et contrition.

Ma production reprend certains des éléments plastiques et iconographiques qui composent ce tableau. Plus particulièrement, je me suis intéressée aux corps, aux objets et aux animaux représentés ainsi qu'à la palette chromatique utilisée par l'artiste, allant du jaune d'or au brun terre de sienne en passant par le rouge grenat ou le blanc. Je n'ai cependant pas été insensible à la relation entre permission et interdit sociaux qui me semble aussi être en jeu dans ce tableau. Pour penser plastiquement "À l'envers", ,j'ai eu recours à un procédé consistant à déconstruire les images en fragments et à les reconstituer en partie, un peu à la manière d'une artiste surréaliste, par associations et glissements : objets et corps se décomposent ici et se recomposent ailleurs grâce à des rencontres fortuites. En utilisant du calque et un feutre pinceau, les membres des uns rejoignent les parties des autres. 

Mon idée ? Obtenir une galerie de figures imaginaires hybrides. Un parti-pris qui vient résonner avec un questionnement sur l'identité, sa nature et ses métamorphoses. Il s'est agi de me fabriquer une sorte de cabinet de curiosités. La toile de J. Steen offre en effet une multitude de rencontres possibles tant la toile abonde de représentations et présentations d'objets, d'animaux, d'êtres humains et d'une vie remuante — et dissolue !

Mais, à ce stade, le projet n'est pas pensé comme un abécédaire. Je suis surtout préoccupée par l'aspect final et sa mise en scène : les figures étranges et hilares, tracées en noir sur papier calque puis découpées, sont simplement collées sur des feuilles de papier carrées Montval. Cela compose cependant déjà un joyeux bazar de formes. Une de ces formes me fait penser soudain à une lettre : la petite obsession remonte à la surface...

Un Grand Désordre. Collages, papier calque, matériaux divers, fil de fer recuit 

et papier aquarelle Montval. Tous formats

Les lettres de ce nouvel abécédaire sont fabriquées dans différents matériaux. Je les ai choisis pour leurs caractéristiques plastiques chromatiques — en résonance, bien sûr, avec celles du tableau. Souvent, j'ai suivi la "voix" de ce matériau : j'ai trouvé des formes suggestives dans ses aspérités, sa texture, sa couleur. Avec un peu d'imagination, je vois un L qui s'est formé dans un petit bout de plâtre, un V apparaît alors que j'enlève un anneau de colle séchée sur le bord d'un pot en plastique, un T se dévoile dans les déchirures d'un bout de skaï... À d'autres moments, je ne peux fonctionner par interprétation, par projection, comme on verrait des formes dans un nuage ou une tache d'encre. Je décide donc que dans un matériau précis, je ferai une forme précise : dans des cheveux noués entourant du fil de fer, un S ; un D dans les franges d'un ruban de bolduc, ou un M dans des restes de peinture acrylique maculant un morceau de scotch. 

Et que dire de la composition ? Qu'elle obéit à des lois d'équilibre personnelles. Pour l'assemblage-montage final, je suis préoccupée par la redondance que je traque, par le mouvement que je souhaite clairement visible, et par le ton de la proposition plastique qui doit apparaître de cet ensemble tel un poème visuel. Le projet initial consistant à suspendre les carrés illustrés à la manière des installations d'Annette Messager ne prend pas, ouvre sur des difficultés. Je solutionne le problème en assumant franchement l'abécédaire en désordre qui sourd de ce projet de galerie. Toutes les lettres-images seront réunies entres elles par des fils de fer. Et je me fabrique une œuvre ludique et singulière : certaines lettres manquent, d'autres sont répétées et je joue avec la tension entre le plein et le vide.

©ema dée