dimanche 10 mai 2020

Confinement # 9 : Je lis à voix haute des histoires de dames et de demoiselles ... et vous ?

Le rapport individuel/ collectif a été au centre de mes réflexions durant plusieurs semaines : comment l'individuel peut-il concerner aussi le collectif ? Autrement dit, comment ce que je dis, ce que je fais, ce que j'écris ou ce que je pense finalement, peut-il résonner et entrer en communication ou en interaction avec le(s) territoire(s) de l'Autre  ? Et dans quelle mesure le collectif se préoccupe de l'individu ?...  À la fin de mon premier "cycle" de lectures à voix haute consacrées à l’Oeuvre écrit de Dino Buzzati (1906 - 1972), j'ai cherché quoi proposer qui, tout en tranchant avec mes précédentes lectures, se maintienne autour d'un fil directeur motivant et fédérateur : la fiction, qu'elle fasse réfléchir ou qu'elle distrait, tout simplement. 

https://soundcloud.com/user-492317834/mesvoiesfeminines-1-espace

Je reprends donc mes "explorations" sonores et narratives (pour une durée indéterminée, pour l'instant). Et, je m'intéresse cette fois-ci à ce que j'aime appeler Mes voies féminines parce qu'il s'agit de proposer, autour de quelques thèmes récurrents, un ensemble de textes mettant en scène des personnages de sexe féminin, "réels" ou imaginaires. Entendons par là des dames ET des demoiselles (et des filles, pourquoi pas.) Ce sera exceptionnellement le très bon prétexte à une incursion dans mes propres créations littéraires, terminées ou en cours !

Ainsi, à travers les trois textes narratifs et poétiques choisis pour cette première proposition d'écoute, qui ont été écrits — et réécrits !* — entre 2015 et 2020, je fais en quelque sorte plusieurs récit-portraits : celui d'une chercheuse qui a inventé un procédé révolutionnaire appliqué aux voyages spatiaux, celui d'une navigatrice célèbre qui veut échapper à son histoire, enfin, celui d'une demoiselle face à une importante question.

Pourquoi ai-je choisi ces trois textes ? Pour plusieurs raisons, j'en donnerai deux. Premièrement, parce qu'ils illustrent chacun à leur manière la problématique de l'espace riche en connotations plurielles. Citons notamment l'espace vu comme espace de traverse ou comme un espace de la pensée territoire de la réflexion, de l'imaginaire, du rêve, réservoir d'idées et musée rassemblant les expériences enfantines, adolescentes.  L'"espace" renvoie  également à la maison qu'est le corps, à sa propre maison à habiter, à son besoin individuel... Pensons en outre à l'espace-temps en boucle, à l'espace piège ou chausse-trappe, à l'espace inconnu, à l'Étranger... Deuxièmement, alors que chaque texte a sa propre logique et son déroulement, ses protagonistes, son ton, ils ont tous en commun le fait, justement, d'avoir été écrits autour d'un principe directeur identifié. 

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L'idée fixe qui a présidé à l'écriture du premier texte intitulé La mécanique de la Grâce et qui a d'abord été publié dans le n°15 de la revue Espace(s) est l'inspiration. Je me suis inspirée librement d'une artiste plasticienne spécialisée dans l'architecture à l'origine du design intérieur des navettes spatiales soviétiques, et en particulier, d'un de ses rares dessins à l'aquarelle conservé et que j'ai trouvé dans des archives numériques. Mon texte est comme une réponse à l'interrogation du moment sur ce qu'on peut entendre par "enfance de l'art": comment viennent les idées ? Comment un évènement anodin, une expérience, une relation ou un objet... dans une vie enfantine, peut-il donner naissance des années plus tard, parfois même à la fin d'une vie, sinon à une idée révolutionnaire, au moins à une belle idée ? Comment cela participe-t-il à la construction d'une œuvre significative ?

Pour sa part, le second texte Requiem pour une héroïne expérimente le procédé littéraire de novellisation. Dans mon propre cheminement créatif s'intéressant à la mémoire, il a été question de (ré)écrire l'histoire d'un film culte, seulement à partir des souvenirs que m'ont laissés de multiples visionnages de ce long métrage. La trame du film d'origine a été globalement respectée ;  des "confusions" dans la chronologie, des raccourcis dans le scénario... s'y rencontrent cependant et sont autant d'arrangements dans la "retranscription" (du coup subjective) des faits qui font de mon récit une nouvelle œuvre. Rétrospectivement, tout en proposant un scénario "alternatif",  mon adaptation littéraire d'Alien, le huitième passager a été l'occasion de creuser la psychologie du personnage d'Ellen Ripley (interprété par Sigourney Weaver) en exacerbant ses traits de caractère.

Enfin, le troisième texte La demoiselle incertaine s'est construit sur la douce folie que représente pour moi la création littéraire à partir des rêves. Douce folie car je n'en suis pas à mon premier essai d'écriture fictionnelle fondée sur les rapports et les thèmes qui les caractérisent tels que : contenu manifeste/ contenu latent, prémonition/ fantasme, fiction/ réalité(s), récit à tiroirs, processus de condensation...Une première version de ce texte est disponible à la lecture sur mon blog, en cliquant sur "une première version".

Pour accéder à cette lecture à écouter, première du cycle Mes voies féminines, c'est en cliquant directement ci-dessous. Elle s'adresse prioritairement à un public adulte. 



*Remarque : À propos de l'écriture-lecture-réécriture d'un texte. 

La lecture à voix haute me permet de regarder et de lire mes productions textuelles avec de la distance. Avec de la distance, certains textes inachevés s'étoffent, d'autres se simplifient, ou d'autres encore changent de direction et se fragmentent en d'autres récits, parfois dans des genres et pour des publics très différents de ceux pensés à l'origine. 

Écrire dans le but de lire à d'autres accompagne mon travail de lecture critique, de clarification, d'équilibrage des rythmes... Un texte mal formulé, difficilement formulable à voix haute, est un texte qui sera peut-être mal compris. Je m'efforce donc de trouver la bonne distance entre une écriture d'un texte et une lecture de ce texte. Il demeure que pour certains sujets, il faut adopter une écriture "difficile" dans le texte... et faire sentir sa difficulté aussi à la lecture participe de sa (juste) interprétation.

Un évènement sonore généreusement relayé par Mots dits Mots lus à la maison.

© ema dée

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